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Fin août, à Grand Village, célébration tous pianos dehors, du festival « Un Piano dans la Pinède« , en grandes pompes, puisque majoritairement dédié aux styles boogie et stride. Avec une évolution cette année vers le bebop.

L’événement s’ouvrait le 15 août, avec le formidable quintet du Guadeloupéen Alain Jean-Marie, formé de deux souffleurs de très haut niveau : le trompettiste Fabien Mary et le saxophoniste alto Dmitri Baevsky. Le gratin du hardbop actuel. Passionnants et passionnés.

La rythmique impeccable, Fabien Marcoz à la contrebasse et Bernd Reiter à la batterie, a consolidé une prestation de niveau international. Alain Jean-Marie nous a emmenés revisiter l’histoire du jazz. Le pianiste
a magnifié plusieurs standards de Miles Davis, Horace Silver, Kenny Dorham, Gigi Gryce, John Lewis, Tadd Dameron, et McCoy Tyner.

Sous les pins, 600 personnes : l’euphorie.


Le lendemain, le clarinettiste Dan Levinson rendait hommage à son héros, Benny Goodman. L’Américain a ressuscité les joyaux du répertoire de Goodman, lequel militait contre le racisme aux USA. Il est le premier Blanc à avoir invité, en 1938, des Noirs dans son festival à Carnegie Hall (New York) !
Dont James P Johnson, le père du stride piano.Le public de Grand Village a frémi quand a résonné « Air Mail  Special« .
Le washboardiste Stéphane Seva a impressionné en chantant un séduisant « Just One of those Things« . Et les solos de trompette de Jérôme Etcheberry (Prix de l’Académie du Jazz en 2016) ont enthousiasmé la nuit.
Le 17 août, heureuse surprise, un roi du stride, l’Israëlien Ehud Asherie, qui tient actuellement le haut du pavé dans les clubs de New York (Smalls ; Birdland ; Blue Note ; etc.). On a tout de suite compris à l’énoncé du thème de « If I could be with You » que la soirée allait voler très haut.


James P Johnson a composé le morceau en 1926. Louis Armstrong en a offert une interprétation fondante. Quant à l’improvisation d’Asherie, un régal !
Asherie a rendu hommage dans le répertoire, à Fats Waller, Eubie Blake et à deux Français : Louis Mazetier et François Rilhac.
Cerise sur le gâteau, Stéphane Seva a fredonné le succès de Sydney Bechet, « Si tu vois ma mère« .

Victo Hugo écrivait : « La musique est un bruit qui passe ».

Lors de ce concert, la musique du stride nous a frôlés. Sentiment délicieux et privilégié !
En effet, l’artiste me confiait après la prestation qu’il n’existait pas de festival de stride à New York, ni aux USA en général. Il avoue se sentir ici chez lui.

Pour couronner le tout, le dernier jour, le Hot-Club Marennes Oléron invitait cinq pianistes de boogie et de blues.
Le jeune Français Lucien Oisel ouvrait le feu, avec notamment « Dorothy » de Dr John.
Suivaient Julien Brunetaud, l’Espagnol Lluis Coloma, l’Autrichien Daniel Ecklbauer. Tous brillants.

Ehud Asherie en solo

Pour accompagner cette grande soirée, un groupe local à tomber par terre, notamment le guitariste Anthony Stelmaszak, époustouflant.
Citons aussi Thibaut Chopin (basse) et Simon Boyer (batterie).

On est sortis de ces quatre jours sur un nuage.

©Photos  Studio Mara

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