
COULEURS JAZZ MONTH – THE BEST OF JUIN 2026
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Les 12 meilleurs albums Hit Couleurs Jazz sortis le mois dernier : juin 2026.
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- Monty Alexander – A Jamaican in Paris
- Dennis Mitcheltree – Seeing Red
- Brandon Sanders – The Game Changer
- Sean Mason – State of the Art – Volume I
- Bokani Dyer Trio – Traditions
- Fanou Torracinta & Hugo Guezbar – Guitare de notre monde
- Echoes of the Jungle – Jungles de poche
- Jocelyn Gould – So Delighted
- Steve Davis – Meets Hank Jones, Vol. 2
- Cory Weeds – Hip To Be Square
- Giacomo Smith Quartet – Artfullee
- Yakir Arbib – Whisper
Monty Alexander : A Jamaican in Paris
Album Hit Couleurs Jazz
Line-up : Monty Alexander (piano), Luke Sellick (contrebasse), Jason Brown (batterie), Bobby Thomas Jr. (percussions), Stéphane Édouard (percussions).
À 82 ans, Monty Alexander n’a rien perdu de son swing, de sa malice et de cette joie de jouer qui accompagne toute sa carrière. Né en Jamaïque et nourri par le jazz américain, le pianiste possède ce talent rare de faire cohabiter les styles sans jamais donner l’impression de forcer les choses. Son nouvel album, A Jamarican in Paris, enregistré dans la capitale française, en est une nouvelle démonstration.
Entouré de Jason Brown à la batterie, Luke Sellick à la contrebasse et Bobby Thomas Jr. aux percussions, Monty Alexander navigue entre bebop, blues, gospel, calypso et reggae avec une aisance déconcertante. Les rythmes caribéens s’invitent au cœur du swing, les mélodies rebondissent et les improvisations prennent parfois des chemins inattendus. Tout cela respire la spontanéité et le plaisir de jouer ensemble.
Près de soixante-cinq ans après ses débuts, Monty Alexander continue de surprendre sans chercher à impressionner. Son piano raconte une vie entière de musique, de rencontres et de voyages. Un album chaleureux, généreux et terriblement vivant, qui rappelle qu’en jazz, le plaisir reste sans doute la plus belle des vertus.
Dennis Mitcheltree - Seeing Red
Line-up : Dennis Mitcheltree (saxophone ténor), Johannes Wallmann (piano), Jesse Crawford (contrebasse), Bill McClellan (batterie).
Label : Dengor Music
Sortie : 2 octobre 2026
Le rouge est une couleur qui ne laisse personne indifférent. Colère, passion, danger, révolte… Dennis Mitcheltree en fait le point de départ de Seeing Red, son huitième album en leader. Mais derrière ce titre volontairement provocateur se cache une réflexion bien plus large : dans un monde où les oppositions semblent parfois prendre toute la place, le saxophoniste américain rappelle que la musique possède une palette infinie de nuances. Et qu’elle peut encore être un formidable espace de dialogue.
Pour donner vie à ses huit compositions originales, Dennis Mitcheltree retrouve trois compagnons de longue date : Johannes Wallmann au piano, Jesse Crawford à la contrebasse et Bill McClellan à la batterie. Des musiciens qui se connaissent depuis plusieurs décennies et dont la complicité s’entend immédiatement. Le saxophone ténor de Mitcheltree, expressif et généreux, navigue entre lyrisme et intensité, tandis que le quartet cultive un jazz acoustique vivant, où chacun trouve sa place sans jamais perdre le fil du discours collectif.
Seeing Red n’est donc pas seulement un album traversé par les tensions de notre époque. C’est aussi une belle déclaration de confiance dans les vertus du jazz : l’écoute, le respect, la liberté et le plaisir de créer ensemble. Une musique qui préfère la richesse des échanges aux certitudes individuelles. Et qui nous rappelle qu’il existe bien d’autres couleurs que le rouge.
Brandon Sanders - The Game Changer
Line-up : Brandon Sanders (batterie), Warren Wolf (vibraphone), Jeremy Pelt (trompette), Stacy Dillard (saxophone), William Hill III (piano), Eric Wheeler (contrebasse), Briana Swann (chant).
Label : Savant Records
Sortie : 30 octobre 2026
Ancien basketteur universitaire devenu batteur de jazz à 25 ans, Brandon Sanders possède un parcours pour le moins atypique. Il aura même attendu la cinquantaine pour enregistrer son premier album. Aujourd’hui, à la tête d’une discographie qui s’enrichit rapidement, il présente The Game Changer, son quatrième opus sur le label Savant Records, entouré d’une équipe particulièrement séduisante.
Warren Wolf au vibraphone, Jeremy Pelt à la trompette, Stacy Dillard au saxophone, William Hill III au piano et Eric Wheeler à la contrebasse composent un sextet solidement ancré dans la tradition du hard bop. L’esprit des Jazz Messengers d’Art Blakey plane sur plusieurs compositions, mais Sanders ne s’interdit aucune escapade. Bossa nova, soul et grands standards viennent enrichir un répertoire où la chanteuse Briana Swann apporte une touche de douceur sur deux titres.
Entre compositions originales et reprises de Cole Porter, Duke Ellington, Antonio Carlos Jobim ou des Isley Brothers, le batteur affirme une conception du jazz généreuse et sans frontières. Son jeu, toujours au service du collectif, donne à l’ensemble une énergie communicative. Un album qui swingue, respire et rappelle que le jazz est aussi, et peut-être surtout, une affaire de plaisir partagé.
Sean Mason - State of the Art – Volume I
Line-up : Sean Mason (piano), Felix Moseholm (contrebasse), Domo Branch (batterie), Reyna Nuñez et LeAndre Douglas (danse et interventions vocales).
Label : Taylor Christian Records (TCR-003)
Sortie : Octobre 2026
À l’heure où la technologie permet de retoucher chaque note jusqu’à la perfection, Sean Mason prend le chemin inverse. Pour son troisième album, le jeune pianiste américain s’impose une règle simple : une seule journée d’enregistrement et deux prises maximum par morceau. Une manière de retrouver ce qui fait toute la beauté du jazz, ses imperfections parfois, mais surtout sa spontanéité et cette part d’imprévisible qui naît de la rencontre entre musiciens.
Après deux albums en quintet, Sean Mason revient à la formule du trio, accompagné de Felix Moseholm à la contrebasse et Domo Branch à la batterie. Ici, pas de leader qui monopolise l’espace : chacun participe pleinement à la construction musicale. Plus original encore, deux danseurs, Reyna Nuñez et LeAndre Douglas, prennent part à l’enregistrement, leurs pas, leurs voix et leurs réactions devenant parfois de véritables éléments de la musique.
Du swing bondissant de Honey Pie à la douceur de Carolina Waltz, en passant par les accents soul de A Good Day, le pianiste fait dialoguer tradition et modernité avec une fraîcheur réjouissante. Un disque profondément humain, qui rappelle que le jazz n’a jamais eu besoin d’être parfait pour être passionnant.
Bokani Dyer Trio - Traditions
Line-up : Bokani Dyer (piano, voix), Timothy Norton (contrebasse), Lumanyano « Unity » Mzi (batterie), Phoebe Mgxaji (chant, invitée).
Label : Dyertribe Music
Sortie : 1er octobre 2026
Il y a des musiques qui se transmettent de génération en génération sans jamais perdre leur force. Celle de Bokani Dyer appartient à cette famille. Fils du saxophoniste sud-africain Steve Dyer, le pianiste a grandi au contact d’un héritage musical profondément lié à l’histoire de son pays. Dans Traditions, il retrouve ces mélodies et ces rythmes qui l’accompagnent depuis l’enfance, non pour les reproduire à l’identique, mais pour leur donner une nouvelle vie.
Le magnifique Thembisa, emprunté au pianiste Andile Yenana, accueille la jeune chanteuse Phoebe Mgxaji, tandis que African Piano Inxembulo revisite un chant traditionnel xhosa devenu symbole de résistance durant l’apartheid. Entre jazz, soul et rythmes sud-africains, Bokani Dyer fait entendre une musique où les racines restent bien présentes, sans jamais empêcher les nouvelles générations d’y apporter leur propre voix.
Il y a dans cet album quelque chose de profondément touchant : cette manière de regarder derrière soi tout en avançant. Pas de nostalgie pesante ni de folklore figé, mais une musique vivante, habitée par l’esprit de l’Ubuntu, cette philosophie africaine fondée sur le partage et l’humanité. Une belle leçon de transmission, et surtout un très bel album de jazz sud-africain.
Fanou Torracinta & Hugo Guezbar - Guitare de notre monde
Hit Couleurs Jazz
Line-up : Hugo Guezbar (guitare), Fanou Torracinta (guitare).
Production : A Loghja
Sortie : 2 octobre 2026
Fanou Torracinta & Hugo Guezbar – Guitare de notre monde
Des duos de guitare acoustique, il y en a beaucoup, et pas seulement dans l’univers manouche. De Sylvain Luc et Biréli Lagrène à Romane et Stochelo Rosenberg, les belles rencontres ne manquent pas. C’est aujourd’hui au tour de deux jeunes virtuoses du sud de la France, Fanou Torracinta, originaire de Corse, et Hugo Guezbar, de Montpellier, de nous offrir un dialogue à six cordes particulièrement séduisant.
Mais ici, pas question de se lancer dans une démonstration de virtuosité. Les deux guitaristes préfèrent laisser parler les mélodies, les nuances et cette complicité qui fait toute la différence. Leur répertoire voyage librement entre l’univers de Django Reinhardt, le jazz de Bill Evans, les musiques brésiliennes et les grandes mélodies du cinéma, avec notamment une superbe relecture du thème de Spartacus d’Alex North.
Un album plein de finesse, où les guitares se répondent, s’entrelacent et racontent de belles histoires. Une rencontre musicale qui privilégie l’émotion à la performance et confirme tout le talent de ces deux jeunes musiciens.
Lire la chronique complète sur Couleurs Jazz : https://couleursjazz.fr/fr/hugo-guezbar-fanou-torracinta-guitare-de-notre-monde/
Echoes of the Jungle - Jungles de poche
Line-up : Simon Deslandes (trompette), Samuel Frin (saxophone baryton), Nicolas Lelièvre (batterie), Fidel Fourneyron (trombone, invité).
Label : Mazeto Square / Sortie 30 octobre 2026
Faire tenir l’univers foisonnant du grand orchestre de Duke Ellington dans une petite formation acoustique, voilà un pari plutôt audacieux ! C’est pourtant celui que relève Echoes of the Jungle, un trio né en 2018 de la rencontre entre Simon Deslandes, Samuel Frin et Nicolas Lelièvre. Trois musiciens qui partagent le goût de l’improvisation, de la spontanéité et des chemins de traverse. Leur terrain de jeu ? Le répertoire « Jungle » des années 1920 et 1930, cette période fascinante où Ellington inventait un langage orchestral aussi sauvage que raffiné.
Loin de chercher à reproduire les arrangements d’origine, le trio préfère en retrouver l’esprit : des rythmes parfois débridés, des mélodies qui surgissent à l’improviste et des sonorités brutes qui laissent une large place à l’imagination. Pour ce premier album, les trois complices invitent le tromboniste Fidel Fourneyron, excellent connaisseur de l’univers ellingtonien, dont les interventions apportent une couleur supplémentaire à cette aventure. Le résultat oscille entre blues imaginaire, improvisation libre et clins d’œil malicieux à la tradition.
Ce qui séduit dans Jungles de poche, c’est cette liberté de ton, cette manière de respecter Duke Ellington sans jamais le mettre sous verre. La musique surprend, s’amuse, prend parfois des directions inattendues, mais conserve toujours une énergie communicative. Une relecture inventive et pleine de caractère, qui prouve que l’esprit du Duke n’a décidément pas fini de nous étonner.
Jocelyn Gould - So Delighted
Line-up : Jocelyn Gould (guitare), Ben Paterson (orgue Hammond B3), Fabio Ragnelli (batterie), Christine Jensen (saxophone), Jon Challoner (trompette), Joey Landreth (guitare).
Label : La Reserve
Sortie : 9 octobre 2026
Il suffit de quelques notes pour comprendre pourquoi Jocelyn Gould s’impose aujourd’hui parmi les guitaristes les plus attachantes de sa génération. Un son chaleureux, un swing naturel et cette façon de faire chanter chaque phrase qui rappelle les grandes heures de Wes Montgomery, Grant Green ou Kenny Burrell. Pour son nouvel album, So Delighted, la guitariste canadienne, récompensée aux JUNO Awards, retrouve une formule qu’elle affectionne particulièrement : le trio guitare, orgue Hammond B3 et batterie.
Aux côtés de Ben Paterson à l’orgue et Fabio Ragnelli à la batterie, elle revisite l’esprit des formations de Jimmy Smith sans jamais tomber dans la nostalgie. Dès Cakewalk, emprunté à Oscar Peterson, le ton est donné : ça swingue, ça respire et les musiciens semblent prendre un plaisir fou à jouer ensemble. Les compositions personnelles révèlent une autre facette de son talent, notamment June Moon, magnifiquement portée par le saxophone de Christine Jensen. Jon Challoner à la trompette et Joey Landreth à la guitare viennent également enrichir cette belle réunion.
Cinq compositions originales, cinq reprises et une même envie de partager une musique généreuse, accessible sans être simpliste. Jocelyn Gould ne cherche pas à révolutionner le jazz, elle en cultive ce qu’il a de plus précieux : le swing, la mélodie et le plaisir de jouer. Un disque lumineux, élégant et terriblement réjouissant. On en redemande !
Steve Davis - Meets Hank Jones, Vol. 2
Line-up : Steve Davis (trombone), Hank Jones (piano), Peter Washington (contrebasse).
Label : Smoke Sessions Records
Sortie : 16 octobre 2026
Certaines séances d’enregistrement prennent une valeur particulière avec le temps. Celle qui réunit en juin 2008 le tromboniste Steve Davis, le pianiste Hank Jones et le contrebassiste Peter Washington en fait incontestablement partie. À quelques semaines de son 90e anniversaire, Hank Jones, immense figure du piano jazz, retrouvait deux musiciens complices pour une rencontre sans prétention, simplement guidée par le plaisir de jouer. Dix-huit ans plus tard, ces enregistrements n’ont rien perdu de leur fraîcheur.
Après un premier volume paru en 2023, essentiellement consacré aux ballades, ce second volet révèle une facette plus enjouée de cette séance historique. Le swing y occupe une place centrale, porté par le toucher d’une élégance incomparable de Hank Jones, la sonorité chaleureuse du trombone de Steve Davis et la contrebasse toujours impeccable de Peter Washington. Trois musiciens qui s’écoutent, se répondent et laissent la musique respirer, comme lors d’une soirée dans un petit club new-yorkais.
Il y a quelque chose de profondément émouvant à retrouver Hank Jones, disparu en 2010, dans une telle forme musicale. Aucune démonstration, aucun effet superflu, simplement l’art de faire swinguer une mélodie avec une classe folle. Un précieux témoignage, mais surtout un disque vivant, lumineux, qui nous rappelle combien le jazz peut être beau lorsqu’il va à l’essentiel.
Cory Weeds - Hip To Be Square
Line-up : Cory Weeds (saxophone ténor), Chris Hazelton (orgue Hammond), David Rourke (guitare), Rudy Petschauer (batterie).
Label : Cellar Music Group
Sortie : 16 octobre 2026
Il fallait oser ! Reprendre les tubes de Huey Lewis & The News en version jazz, voilà une idée qui pouvait sembler un peu folle sur le papier. Mais Cory Weeds aime les défis, et surtout les bonnes mélodies. Le saxophoniste canadien s’empare du répertoire de ce groupe emblématique des années 1980 pour lui offrir une seconde jeunesse, entre hard bop, soul jazz et swing. Et le plus étonnant, c’est que tout cela fonctionne à merveille !
Entouré de Chris Hazelton à l’orgue Hammond, David Rourke à la guitare et Rudy Petschauer à la batterie, Cory Weeds transforme ces chansons populaires en un répertoire taillé pour le jazz. Les mélodies restent reconnaissables, mais les arrangements leur donnent une tout autre couleur. L’orgue apporte cette chaleur irrésistible des formations soul jazz, la guitare répond au saxophone et la rythmique installe un groove qui ne vous lâche plus.
Derrière ce projet plein d’humour et de bonne humeur se cache surtout une vraie intelligence musicale. Cory Weeds ne cherche ni à parodier les années 1980 ni à les ressusciter artificiellement. Il démontre simplement qu’une bonne chanson peut traverser les époques et changer de costume sans perdre son âme. Un disque réjouissant, généreux, et probablement l’un des plus inattendus de cette sélection !
Giacomo Smith Quartet - Artfullee
Line-up : Giacomo Smith (clarinette, clarinette basse, saxophones soprano et alto), Joe Webb (piano), Anders Fjeldsted (contrebasse), Snorre Kirk (batterie).
Label : Stunt Records
Sortie : 30 octobre 2026
Pas de partitions, pas de grilles d’accords, simplement quatre musiciens qui se connaissent suffisamment bien pour se faire confiance. C’est ainsi que Giacomo Smith a choisi d’enregistrer Artfullee, son nouvel album en quartet acoustique. Le clarinettiste et saxophoniste, figure incontournable de la scène jazz londonienne, a préféré transmettre ses compositions à l’oreille plutôt que d’enfermer ses partenaires dans des arrangements trop écrits. Une démarche qui rappelle une évidence parfois oubliée : le jazz est avant tout une affaire d’écoute et de conversation.
Entouré du remarquable Joe Webb au piano, d’Anders Fjeldsted à la contrebasse et de Snorre Kirk à la batterie, Giacomo Smith explore un univers plus intime que celui de ses précédents projets. Six compositions originales et une magnifique incursion dans l’univers de Duke Ellington avec Reflections in D composent ce disque aux couleurs nocturnes. On y retrouve l’élégance du jazz classique, une certaine nostalgie et surtout cette liberté qui permet aux mélodies de prendre leur temps.
Après son hommage à Django Reinhardt aux côtés de Mozes Rosenberg dans MANOUCHE, Giacomo Smith révèle ici une autre facette de sa personnalité musicale. Son jeu possède ce charme un peu désuet des grands clarinettistes, mais son discours reste résolument vivant. Artfullee est un disque de complicité, de nuances et de belles conversations musicales. Le genre d’album que l’on apprécie particulièrement lorsque la nuit tombe.
Yakir Arbib - Whisper
Hit Couleurs Jazz
Line-up : Yakir Arbib (piano solo).
Sortie : 16 octobre 2026
Yakir Arbib – Whisper
Entre Frédéric Chopin, Claude Debussy et les grands improvisateurs du jazz, Yakir Arbib semble avoir trouvé un territoire qui n’appartient qu’à lui. Ce pianiste au parcours singulier, remarqué notamment au concours international de piano jazz de Montreux, possède une technique impressionnante, mais aussi une manière très personnelle d’aborder la musique. Après My Name Is Yakir, Three Colors et ses explorations autour du répertoire classique, il revient au piano solo avec Whisper, un album presque entièrement composé de pièces originales, où l’intimité prend le pas sur la démonstration.
Il faut toutefois accepter de s’éloigner un peu des codes habituels du jazz. Les huit premières pièces empruntent davantage à l’écriture classique, dans une atmosphère contemplative où les silences, les nuances et la délicatesse du toucher occupent une place essentielle. Puis, sur les dernières plages, la note bleue se fait plus présente, le langage s’ouvre davantage au jazz et laisse même entrevoir quelques accents klezmer. Cette progression donne au disque une couleur particulière, entre rigueur de la composition et liberté de l’improvisation.
Ce qui rend Yakir Arbib intéressant, c’est précisément sa capacité à ne pas choisir entre ces deux mondes. Ses compositions sont pensées pour continuer à vivre et à se transformer sur scène, au gré de son inspiration. Whisper n’est peut-être pas son album le plus immédiatement jazz, mais c’est une œuvre sensible, exigeante et profondément personnelle. Une autre manière d’écouter le piano, récompensée par un Hit Couleurs Jazz.
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