Michel Pilc, pianiste, a bien voulu poursuivre cette série des fameux portraits-questionnaires de Proust, légèrement revisités Couleurs Jazz…

Une manière originale de monter les premières marches de l’univers de ces formidables musiciens de Jazz, artistes de notre siècle.

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Quel est pour vous le comble de la misère musicale ? 

L’absence de passion, la routine. Tout ce qui est « normal ».

Où aimeriez-vous vivre ? 

Là où se trouve ma famille.

Votre idéal de bonheur terrestre ? 

Cela dépend de la définition du bonheur, un concept que j’ai toujours eu de la difficulté à appréhender. « Dix minutes de bonheur par jour c’est déjà pas mal », disait Edith Piaf.  « Le bonheur c’est du malheur qui se repose », disait Léo Ferré. Parfois il vaut mieux ne pas être trop idéaliste…

Pour quelles fausses notes avez-vous le plus d’indulgence ? 

Celles des autres.

Quels sont les héros de roman que vous préférez ? 

Ceux que j’ai du mal à comprendre, qui m’interpellent, me questionnent, me font douter, me déstabilisent. L’Étranger de Camus par exemple, ou Hannibal Lecter de Thomas Harris.

Quel est votre musicien classique favori ? 

Celui que j’écoute à un moment donné, pourvu qu’il me fasse vibrer et rêver. Je n’aime pas avoir à choisir entre des artistes qui sont des univers à eux seuls. Je préfère voyager librement dans leurs mondes.

Vos héroïnes ou divas favorites dans la vie réelle ? 

Edith Piaf, Billie Holiday, Maria Callas. J’aime la douleur, la fêlure qui se dégage de leur art. Leur force et leur faiblesse.

Vos héroïnes dans la fiction ? 

Carmen, pour sa liberté.

Votre peintre favori ? 

Encore une fois, pourquoi choisir ? Parmi les (un peu) moins souvent cités : Goya, Ingres, Cézanne, Modigliani. Et Jean-Marc Reiser qui avait le don extraordinaire et inimitable (bien que souvent imité) de définir un personnage avec deux traits.

Votre musicien de jazz favori ? 

Même remarque. Le premier fut Bix Beiderbecke. Il y en a eu beaucoup d’autres ensuite.

Votre qualité préférée chez l’homme ? 

Le non-conformisme, le caractère, la personnalité (au sens fort du terme). Mais aussi la fragilité. Il faut être à la fois ange et démon, comme le disait Vladimir Horowitz.

Votre qualité préférée chez la femme ? 

Même réponse.

Votre vertu préférée ? 

Le mutisme.

©Photo Conor Nickerson

Votre occupation préférée ?

Marcher dans la nature. Écouter le silence.

Qui auriez-vous aimé être ? 

Honnêtement je n’ai pas de réponse à cette question. Mon expérience est la seule que je connaisse, alors me projeter dans celle d’un autre me paraît illusoire et un peu vain. Être moi-même me suffit, c’est déjà beaucoup de travail.

Le principal trait de mon caractère ? 

L’impatience.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? 

Leur amitié.

Mon principal défaut ? 

La jalousie.

Mon rêve de bonheur ? 

Ne jamais réveiller le malheur qui se repose.

Mon plus grand malheur ? 

Perdre un enfant.

Ce que je voudrais être ? 

Un oiseau. Ou un papillon. Voler en tout cas.

La couleur que je préfère ? 

Le noir. Le blanc aussi. Et toutes les autres.

La fleur que j’aime ? 

La primevère, surtout à Montréal.

L’oiseau que je préfère ?

Le colibri car il ne pèse presque rien. C’est lourd d’être un humain.

Mes auteurs favoris en prose ? 

Allez, je vais vous faire plaisir et en citer deux : Flaubert, Houellebecq.

Mes poètes préférés ?

Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire… pas très original. Alors j’ajouterai Brassens et Brel, même s’ils ne se considéraient pas comme tels.

Mes héros dans la vie réelle ? 

Je ne crois pas aux héros. Je préfère les humains.

Mes héros dans l’histoire ? 

Même réponse, même si j’ai une grande admiration pour Albert Einstein.

Mes noms favoris ? 

Ceux de mes enfants.

Ce que je déteste par-dessus tout ? 

Le dogmatisme, surtout lorsqu’il est associé à l’arrogance, à l’ignorance et au conformisme (lesquels vont souvent ensemble).

La réforme que j’admire le plus ? 

La laïcité.

Le don de la nature que je voudrais avoir ? 

La mémoire photographique, pour jouer toutes mes partitions préférées.

Comment j’aimerais mourir ? 

Jamais.

Ma définition du jazz ?

Un mot.

État présent de mon esprit ? 

Il faudrait le lui demander. Moi je ne sais pas vraiment.

Ma devise ? 

Tout a une fin.

Votre Titre Phare ?

Dream IV

 ©Photo couv Francis Belmont

©Photo Header Conor Nickerson

 

 

 

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