60th ceremony French Jazz Academy ©Couleurs Jazz
Le 20 juin 1955, fut décerné à Martial Solal, le 1er prix de l’académie du Jazz.
La brochure de cette 60ème édition nous rappelle quà cette époque Jean Cocteau écrivait : … « le Jazz est une pulsation. Il se compliquera ou se simplifiera selon les fièvres. Mais il ne relève pas d’une mode. En outre j’estime qu’une jeunesse formée au milieu du jazz est tout autre qu’une jeunesse formée, par exemple, au rythme des valses viennoises. C’est sous cet angle qu’il faudra étudier le problème. »
(1955 – 2015)…
l’Académie du Jazz a donc décerné pour sa soixantième édition, 10 nouveaux trophées :
- Le Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année) : au pianiste âgé de 31 ans : Paul Lay
Les finalistes étaient : Cécile Mc Lorin Salvant, Andy Emler
- Le Grand Prix de l’Académie du Jazz (meilleur disque de l’année) : à Fred Hersch pour son album « Solo » chez Palmetto
Les finalistes étaient : Stanley Cowell, « Juneteenth », John Scotfield « Past Present », Ryan Truesdell/Gill Evans Project « Lines of Color »
- Le Prix du Disque français (meilleur disque enregistré par un musicien ou groupe français) à Géraldine Laurent pour son album « At Work » chez Gazebo / L’Autre distribution.
Les finalistes étaient Eric Le Lann, « Life on Mars », André Villéger/Philippe Milanta « For Duke and Paul »
- Le Prix du Musicien européen (récompensé pour son œuvre ou son actualité récente) au multi-instrumentiste John Surman (Sax et anches)
Finalistes : Samuel Blaser, Evan Parker
John Surman © photo Philippe Marchin
- Le Prix du Jazz Classique : André Villéger / Philippe Milanta « For Duke and Paul » chez Camille Productions / Socadisc
Finalistes : François Biensan Octet « Jazzin’Brassens » Michel Pastre Quintet « Memories of You »
- Le Prix du Jazz Vocal : Cécile McLorin Salvant pour « For one to love » chez Mack Avenue / Harmonia Mundi
Finalistes : Linx – Fresu – Wissels / Heartland « The Whistleblowers », Virginie Teychené « Encore »
- Le Prix Soul : Tad Robinson avec « Day into night » chez Severn Records
Finalistes : Bettye LaVette « Worthy », Mighty Sam McClain & Knut Reiersrud « Tears of the World »
- Le Prix Blues : Harrison Kennedy pour l’album « This is from here » chez Dixiefrog / Harmonia Mundi
Finalistes : Shemekia Copeland « Outskirts of Love » Jackie Payne « I Saw the Blues »
- Le Prix de la meilleure réédition ou du meilleur inédit : Erroll Garner « The Complete Concert by the sea » édité par Columbia Legacy / Sony Music
Finalistes : Daniel Richard pour son travail sur le coffret de Joe Castro « Lush Life » (Sunnyside/Naïve), Fred Thomas pour l’ensemble de ses rééditions sur son label Sam Records
- Le Prix du Livre de jazz : à Julia Blackburn pour « Lady in Satin » (Rivage Rouge / Payot)
Finalistes : Aldo Romano « Ne joue pas fort, joue loin » Richard Havers « Verve, le son de l’Amérique »
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A l’occasion de cet anniversaire, François Lacharme son Président et les membres de l’illustre Académie ont décidé d’un concert exceptionnel qui s’est déroulé en deux parties pour le bonheur unanime des 1600 spectateurs du très beau Théâtre du Châtelet.
En première partie, 8 lauréats du 1er prix de l’Académie : le « All Stars » des Prix Django Reinhardt, composé :
du maître du Be-bop au piano, René Urtreger, lauréat 1961 ; Eric Le Lann, lauréat 1983, à la trompette ;
Henri Texier, lauréat 1977 à la contrebasse ;
Simon Goubert, lauréat 1996 à la batterie aux cymbales haut perchées ;
au saxophone alto Pierrick Pédron, double lauréat 2006 ; Stéphane Guillaume également doublement primé en 2009 par l’Académie, au Saxophone ténor ;
avec enfin deux femmes : Géraldine Laurent lauréate 2008 au saxophone alto ;
et la benjamine trompettiste Airelle Besson, lauréate l’année dernière pour 2014.
8 talents aux personnalités affirmées qui se répondirent pendant presqu’une heure, variant les solos, les duos, les trios, et en octet. un pur bonheur !
Puis, en deuxième partie, juste après un solo époustouflant de Paul Lay fraîchement lauréat, sur « Cheek to cheek » très justement et largement applaudi, débuta…
Le DUKE ORCHESTRA et ses special guests, dirigé par Laurent Mignard,
aussi à son aise et élégant à la baguette que lors de ses interventions et de ses commentaires.
L’essentiel de ce concert était dédié à l’œuvre du Duke, à des standards swinguant, comme à des œuvres moins souvent interprétées et d’une grande finesse.
Ce répertoire fut entrecoupé des interprétations des musiques de deux invités prestigieux, le lauréat britannique de l’année, John Surman qui interpréta un magnifique « Passion Flower ». et du premier maître incontesté du violon électrifié, Jean-Luc Ponty.
Beaucoup d’élégance, de virtuosité naturelle, émanaient en permanence de cet orchestre et de ses différents interprètes.
Saxophones – clarinettes : Didier Desbois, Aurélie Tropez, Fred Couderc, Carl Schlosser, Philippe Chagne
Trompettes : Sylvain Gontard, Jérôme Etcheberry, Richard Blanchet, Relisieux, Grisonnerez
Trombones : Michaël Ballue, Jerry Edwards, Benjamin BelouardPiano : Philippe MilantaContrebasse : Bruno Rousselet
Batterie : Julie SauryDirection : Laurent Mignard
Peut-être tout cela aurait pu manquer d’un brin de folie ou d’humour… Que nenni ! C’était sans compter sur l’intervention du dernier invité, San Severino, venu sur scène avec son éclairage propre et autonome, apporter sa sincérité, son originalité, son talent salutaire et libre, en ces temps ou la bien-pensance, le bon goût officiel et poli, la chape de plomb des religieux hirsutes voudrait nous interdire même, de nous rendre au spectacle.
J’eus une pensée émue pour Cabu, qui fêtait lui sa première année au balcon et devait bien se marrer !
(En cadeau et en exclusivité pour Couleurs Jazz, la répétition de San Severino, pendant la balance…)
Encore un grand merci à nos académiciens, dont le but premier est de diriger chaque année, le projecteur pour une fois, non pas vers les stars les plus « » mais vers le talent de musiciens ici justement récompensés et de leurs frères et sœurs du monde du Jazz, dont la plupart, tout aussi méritants étaient dans la salle, en famille, en spectateurs. Un peu l’opposé des « Victoires de la Musique »…
Et saluons également ces institutions et ces mécènes qui aident le jazz par de multiples actions et en particulier le premier partenaire de cette soirée anniversaire, la Fondation BNP Paribas, qui accompagne entre autres actions, l’Académie du Jazz, depuis 2010 »
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