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Guidé par son intuition, son cœur, sa connaissance et son amour sincère de la musique, Louis Martinez concocte depuis 1985 des programmations originales de qualité qui font rêver les amateurs de jazz, blues, soul et rhythm & blues.

Évitant les artistes surmédiatisés par les maisons de disques qui encombrent jusqu’à l’outrance les scènes de certains festivals, il a toujours privilégié la découverte, les surprises que peuvent apporter des musiciens peu connus et les expériences novatrices qui font vibrer les vrais amoureux de musique. Cette attitude fondée sur le talent et les vraies valeurs a porté le Festival de Sète au niveau des grandes machines de Vienne, Juan-les-Pins et Marciac. Ce que ne démentira pas l’affiche de cette année.

Dimanche 17 Juillet 2022 :

21h00 : Nathan Mollet Trio : Nathan Mollet (piano, compositions), Dominique Mollet (contrebasse), Marc Verne(batterie).

23h15 : Stacey Kent (voix), Jim Tomlinson (sax ténor et soprano, flûte), Graham Harvey (piano), Matt Home(batterie), Mátyás Hofecker (contrebasse).

21h55 : Laura Prince (voc), Gregory Privat (piano, direction musicale), Inor Sotolongo (percussion), Zacharie Abraham (contrebasse), Tilo Bertholo (batterie).

Lauréat du Tremplin Jazz à Sète en 2020, le jeune pianiste Nathan Mollet réalisait un rêve d’enfance en ouvrant la soirée du 17 juillet avec son trio. Un jeu bien en place, des improvisations bien menées et un réel talent d’écriture le destinent à un avenir riche en promesses.

Nathan Mollet ©Photo Pierre Nocca

Puis vînt Stacey Kent en petite forme, accompagnée sans grand enthousiasme par ses musiciens. Elle d’habitude si attachée au sens des mots, à la séduction de la poésie, au poids de la note juste, ne fit guère passer d’émotion dans son chant et nous sembla bien routinière et peu impliquée. Il en fallait bien plus pour mettre en valeur un répertoire ouvert à la chanson française, aux standards du jazz et à la musique brésilienne.

Stacey Kent ©Photo Pierre Nocca

Changement de ton avec Laura Prince dont le chant chaleureux, animé par le groove incandescent délivré par une section rythmique de feu menée de main de maître par l’inventif Gregory Privat au clavier, avec Zacharie Abraham(contrebasse), Laurent-Emmanuel Tilo Bertholo (batterie) et Inor Sotolongo (percussion), fut pour le public une incontournable invitation à la danse. L’hommage aux disparus célébré par la chanteuse seule au piano fut un moment d’émotion rare.

Laura Prince ©Photo Pierre Nocca

Lundi 18 Juillet 2022 :

21h00 : Clovis Nicolas (contrebasse solo)

21h45 : Dmitry Baevsky (saxophone alto), Clovis Nicolas (contrebasse), Jeb Patton (piano), Bernd Reiter (batterie).

23h00 : Kenny Barron (piano), Kiyoshi Kitagowo (contrebasse), Willie Jones III (batterie).

Débuter la soirée par un solo de contrebasse de quarante minutes était une entreprise intéressante mais aussi un pari risqué pour Louis Martinez, le directeur du festival, les expériences de ce genre étant peu nombreuses. Ce fut une réussite grâce à la science musicale de Clovis Nicolas, auteur de l’album « Autoportrait » publié chez Sunside, (et en sélection sur Couleurs Jazz Radio) dont le doigté léger et inspiré nous entraîna dans des contrées musicales peu visitées jusque-là.

ClovisNicolas ©Photo Pierre Nocca

On le retrouva quelques instants plus tard avec le quartet international du saxophoniste alto natif de Saint-Petersbourg et newyorkais d’adoption, Dmitry Baevsky, accompagné pour l’occasion par le pianiste américain Jeb Patton et le batteur autrichien Bernd Reiter. Des artistes d’origines différentes certes mais valorisant d’une même voix un jazz bien installé dans l’actualité, tirant sa force de la tradition la plus authentique et de la cohésion exemplaire du groupe.

Dmitry Baevsky ©Photo Pierre Nocca

Ils furent suivis par le trio de Kenny Barron. Un répertoire remarquable par sa richesse et sa variété dans lequel voisinent une composition de Billy Strayhorn (Daydream), deux pièces rares de Thelonius Monk (Shuffle Boil et Teo) ; le soutien précieux d’une section rythmique d’acier constituée du maître rythmicien Willie Jones III et du contrebassiste Kioshi Kitagowo dont le talent mériterait d’être reconnu à sa juste valeur ; le phrasé d’orfèvre et les qualités d’interprète de Kenny Barron, expert dans l’art de révéler le sens profond d’un standard, firent de cette fin de soirée un moment d’exception.

Kenny Barron ©Photo Betty Klik

Mardi 19 Juillet 2022 :

11h à 13 h : conférence sur Herbie Hancock de Lionel Eskenazi

21h00 : Izo Fitzroy (voc), Nick Atkinson (guitare), Alex Wiseman, Silla Mosley, Nile Bailey (voc), Nick Atkinson(guitare), Mathew Waer (guitare basse), John Maiden (batterie)

22h15 : Robin McKelle (voc), Mathias Bublath (piano, claviers), Ameen Saleem (contrebasse), Jason Brown (dms)

23h30 : Julien Lourau (sax), Sylvain Daniel, Arnaud Roulin (claviers), Leo Jassef (piano), Jim Hart (batterie).

La soirée commença sur les chapeaux de roue avec Izo Fitzroy, dont le premier album intitulé « Skyline » (2017) fut une révélation pour beaucoup. Son chant nourri de gospel et de soul, son jeu de piano énergique, les riffs de ses trois choristes, son goût des harmonies vocales efficaces et le soutien de ses partenaires ont dynamisé la scène du Théâtre de la mer.

Izo Fitzroy ©Photo Betty Klik

La barre était donc placée haut quand Robin Mckelle prit sa suite avec un répertoire plus orienté vers le jazz. Son métier, une présence scénique imposante, sa technique vocale irréprochable, son talent d’interprète, lui ont permis de trouver le ton juste et d’emporter l’adhésion du public.

Robin McKelle ©Photo Pierre Nocca

La soirée se termina par un hommage de Julien Lourau et de son orchestre au catalogue du label CTI, fondé en 1967 par Creed Taylor. Nous eûmes donc une musique nourrie aux meilleures sources du jazz, de la soul et de la funk, interprétée avec verve et authenticité par d’excellents musiciens.

Julien Loureau ©Photo Betty Klik

Ce fut une manière agréable de terminer une journée débutée le matin avec une conférence sur Herbie Hancock présentée avec maestria par Lionel Eskenazi sur le patio de la Médiathèque François Mitterrand dans le cadre du Festival Off. Pour l’occasion, Lionel était accompagné par le quartette de Rémi Ploton (Ezequiel Celada, Valentin Jam, Joan Eche Puig) qui jouèrent quelques titres emblématiques du pianiste. Ce qui me consola de n’avoir pu assister au concert d’Herbie Hancock prévu le lendemain et de quitter avec le sourire un festival où souffle dans la plus heureuse convivialité l’esprit du jazz.

©Photo Header : Izo Fitzroy by Betty Klik

©Photo Cover : Robin McKelle by Betty Klik

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