
Elle chante la maternité comme peu l’ont fait avant elle, loin des images d’Épinal et des filtres trop lisses. Avec Mother of Pearl (Goat Rhythm / Musigamy), la chanteuse franco-suédoise Ellen Birath livre un EP enregistré en live avec son quartet, où l’agilité vocale se met tout entière au service d’une écriture intime.
Formé pendant la pandémie, le quartet d’Ellen Birath a cette évidence des groupes qui se sont construits dans la durée. La voix, aux accents soul, se déploie sur un jazz lumineux, sans jamais chercher la démonstration pour elle-même. Ce qui frappe d’abord, c’est la matière des textes : cinq ans après Little Ellen (2019), l’artiste raconte l’expérience de la maternité sans afficher ni pudeur excessive ni idéalisation – la tendresse y côtoie l’épuisement, la vigilance de tous les instants et, souvent, l’humour.
L’album s’ouvre sur Little Star, ballade optimiste qui pose d’emblée le climat : de la lumière, mais une lumière qui a traversé quelque chose. Vient ensuite Fire at Me, titre phare du projet, porté par un groove tranquille qui laisse toute la place au récit – celui d’un quotidien avec un nourrisson, raconté avec une distance amusée.
Safe Hands marque une rupture de ton : douce ballade, elle est surtout l’occasion pour Ellen Birath de déployer une expressivité et une interprétation sublimes, où chaque inflexion semble pesée au plus juste. Le morceau-titre, Mother of Pearl, prend le contrepied avec ses accents nostalgiques – la nacre comme métaphore, quelque chose qui se forme lentement, couche après couche, loin de toute urgence.
Blueberry Milk vient ensuite rappeler que la douceur n’est pas tout le disque : les phrases s’y emportent, plus enlevées, et montrent la facilité de la chanteuse dans un registre plus démonstratif.
Mother of Pearl est de ces disques qui ne forcent jamais le trait : une voix habitée, un quartet complice, et des mots qui disent la maternité telle qu’elle est vécue plutôt que telle qu’on l’imagine. Nous vous invitons à prolonger l’écoute via le lecteur ci-dessous.
Merci à Ellen Birath pour cette œuvre pleine de justesse.



















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