
Cecil L. Reccia, chanteuse a bien voulu poursuivre cette série des fameux portraits-questionnaires de Proust, légèrement revisités Couleurs Jazz…
Une manière originale de monter les premières marches de l’univers de ces formidables musiciens de Jazz, artistes de notre siècle.
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–Quel est pour vous le comble de la misère musicale ?
Duke Ellington disait « il y la bonne et la mauvaise musique ». C’est très subjectif et snob bien sûr. J’aime beaucoup de musiques très différentes. On ne peut pas mettre au même niveau Le Sacre du Printemps, Controversy (Prince), Jump Around (House of Pain) et Poinciana par Ahmad Jamal. Ça ne m’empêche pas d’aimer les quatre. Du moment que ça sonne bien à mes oreilles…
-Où aimeriez-vous vivre ?
Un lieu propice à la contemplation. Dans un écrin de verdure, en bord de mer.
-Votre idéal de bonheur terrestre ?
Couler une vie paisible et joyeuse dans un lieu où les gens que j’aime seraient toujours les bienvenus. Pouvoir chanter le plus longtemps possible. Continuer de vivre et vieillir en bonne santé.
-Pour quelles fausses notes avez-vous le plus d’indulgence ?
Celles mues par une trop vive émotion.
–Quels sont les héros de roman que vous préférez ?
Les héros l’air de rien. Cyrano. Frodo Baggins.
–Quel est votre musicien classique favori ?
Malher. Debussy. Fauré. Chopin. Bach.
–Vos héroïnes ou divas favorites dans la vie réelle ?
Gisèle Halimi. Simone Veil. Dernièrement Gisèle Pelicot. La voie qu’elle a tracée pour que d’autres osent se défendre des abus subis sans honte. Mes aïeules qui ont connu l’exil, les guerres et la misère et sont parvenues toutefois, bon an mal an, à se construire une vie. Une vie simple et sans chichi, sans grande ambition sans doute, mais cela leur suffisait je crois.
–Vos héroïnes dans la fiction ?
Je ne suis pas sûre d’en avoir. J’ai une tendresse immense pour Emma Bovary.
-Votre peintre favori ?
Rothko. Klee. Modigliani. Le travail très fin de Goxwa, une peintre maltaise parfois exposée à Paris, découverte à la galerie Felli il y a une quinzaine d’années. J’ai chez moi des toiles de José Meix, un ami peintre qui vit dans le Gard. J’adore son trait. J’aime beaucoup les toiles de Takeshi Kitano aussi dont on connaît évidemment davantage le travail cinématographique.
-Votre musicien de jazz favori ?
Miles Davis. Ahmad Jamal. Fred Hersch. Wynton Marsalis. Shirley Horn.
-Quelles sont vos chanteuses préférées ?
Shirley Horn, Barbara, Blossom Dearie, Irene Kral, Chaka Khan. Des chanteurs aussi bien sûr : Andy Bey, Nick Drake et Jeff Buckley notamment.
-Votre qualité préférée chez l’homme ?
La loyauté. L’intégrité.
-Votre qualité préférée chez la femme ?
La loyauté. L’intégrité.
-Votre vertu préférée ?
La bonté. La courtoisie.
–Votre occupation préférée ?
La contemplation. J’adore la cueillette et jardiner aussi. Cela m’apaise autant que lorsque je nage. Écrire.
–Qui auriez-vous aimé être ?
Lou Andreas Salomé. Jane Goodall.
-Le principal trait de votre caractère ?
Je suis indépendante, drôle et fidèle. Je recherche constamment l’équilibre entre la fermeté et la souplesse qui me semblent être constitutives de la bienveillance, terme malheureusement galvaudé de nos jours.
–Ce que vous appréciez le plus chez vos amis ?
Leur humour, leur présence et leur attention.
-Votre principal défaut ?
Une forme d’indécision. La vanité aussi parfois hélas. Par manque d’assurance, j’ai longtemps été impressionnable. Aujourd’hui, je m’efforce de tracer mon chemin sans me soucier de l’avis d’autrui. C’est très reposant.
-Votre rêve de bonheur ?
Vivre toujours en pleine santé entourée de ceux que j’aime. Que jamais cela ne cesse. C’est impossible. J’ai écrit un texte sur la dictature du bonheur (sur le thème Féerie de Django Reinhardt). La joie me paraissant bien supérieure au bonheur, j’aurais alors plutôt un rêve de joie. Parvenir à cultiver la joie en toute circonstance, jusqu’à la fin.
-Votre plus grand malheur ?
Perdre ceux que j’aime, voir partir les uns après les autres les visages qui ont peuplé ma vie. Je voudrais, égoïstement sans doute, partir avant eux.
-Ce que vous voudriez être ?
Un toutou à sa mémère. Cajolé, chouchouté. Le rêve. Plus sérieusement, plus reconnue sans doute. Par-delà la joie que ma profession me procure, elle est souvent éprouvante aussi. Il faut s’accrocher. Notre besoin de reconnaissance et la valorisation de notre travail ne sont pas que égotiques. Ce sont des fondamentaux pour maintenir un bon équilibre, pour notre santé et pour continuer de créer. Ils sont moteurs.
-La couleur que vous préférez ?
Le bleu, le vert, le rouge orangé. J’adore le blanc.
-La fleur que vous aimez ?
Les fleurs des champs. Même si je trouve beau un bouquet dans un vase, je préfère les fleurs qu’on ne coupe pas et qu’on laisse où elles sont.
–L’oiseau que vous préfèrez ?
Le rouge-gorge.
–Vos auteurs favoris en prose ?
Fante. Singer. Faulkner. Ben Jelloun. Camus. Gary. Carver. Dubus. Bobin. Yourcenar. McCullers. Plath. Ils et elles sont trop nombreux.
-Vos poètes préférés ?
Char. Angelou. Apollinaire. Rilke. Dickinson. Darwich.
-Vos héros dans la vie réelle ?
Les pompiers, les sauveteurs. Toute personne prête à risquer sa vie pour en sauver une, quiconque vient en aide à un autre.
–Vos héros dans l’histoire ?
Robert Badinter. Les résistants.
–Vos noms favoris ?
Les noms des gens que j’aime. Ceux qui sortent de l’ordinaire. Amanda, je ne sais pourquoi, m’a toujours paru très féminin et élégant.
-Ce que vous détestez par-dessus tout ?
La mesquinerie. L’arrogance. La flagornerie. Les comportements laids. Tout ce qui de près ou de loin peut porter atteinte à l’intégrité d’autrui. L’injustice.
-La réforme que vous admirez le plus ?
L’abolition de la peine de mort. Toute réforme ou loi qui accroît les droits des femmes.
–Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
Voler ou respirer sous l’eau.
-Comment aimeriez-vous mourir ?
La finitude me laisse inconsolable. Mais puisqu’il le faudra, que ce soit doux et paisible. Dans mon sommeil ou dans un grand éclat de rire.
-Votre définition du jazz ?
Trouver de la liberté dans le cadre. Rythmer son expression.
-État présent de votre esprit ?
Je suis en pleine mue, cela me procure un sentiment d’étrangeté. J’ai hâte surtout de jouer mon nouvel album Sings Django Reinhardt (Label Ouest) et de faire entendre le travail que nous avons effectué autour de la musique de cet immense musicien, dans une esthétique nouvelle ; que mes textes vivent sur scène.
-Et enfin, votre devise ?
« Rien ne sert de courir … » Pour me soutenir, mon père me dit souvent « qui ose gagne ».
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–Votre Titre Signature ?
©Photos-Peurduloup – François Parmentier





















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