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Avec :
- Srdjan Ivanovic & Blazin’ Quartet Feat. Andreas Polyzogopoulos, Federico Casagrande & Mihail Ivanov pour « Cosmogonie«
- Yoann Kempst & Benjamin Blackstone pour “Django Reloaded”
- Peter Somuah pour “Walking Distance”
- David Sauzay, David Hazeltine, Fabien Mary, Paolo Benedettini, Xaver Hellmeier pour “Family Spirit”
- Skage Larsen pour “Indus”
- Steve Kovalcheck pour “Buckshot Blues”
- Audrey Ochoa pour “The Sorceress”
- Gueorgui Kornazov, Quentin Ghomary, Didier Ithursarry , Lucas Dassaint, Eric Echampard pour “Autumn Impressions”
- Enrico Pieranunzi, Polga, Fonnesbæk, Beggio pour “ Perspectives”
- Bria Skonberg pour “Brass”
- Ella Grace, Garrett Munz, Aval Stanley, Marion Mallard, Jayden Richardson pour “Figments”
- Connor Bernhard pour “Pathways”
Srdjan Ivanovic & Blazin’ Quartet – Cosmogonie
Feat. Andreas Polyzogopoulos, Federico Casagrande & Mihail Ivanov.
Après l‘excellent Modular en septet (chroniqué ici même il y a deux ans), le batteur Srdjan Ivanovic, originaire de Sarajevo et installé en France depuis quelques années, revient à son Blazing Quartet au line up éminemment international : un trompettiste grec, un guitariste italien et un contrebassiste bulgare.
C’est dire que l’ancrage européen du leader est fort, et sa musique fleure bon les influences balkaniques et méditerranéennes. Les deux voix mélodiques que sont la guitare et la trompette possèdent chacune un timbre distinctif et éminemment personnel.
On connaît bien Federico Casagrande en France, où il s’est installé voici quelque temps, et sa sonorité ainsi que son phrasé — en partie hérités de Bill Frisell — ont fait de lui un sideman très demandé dans l’Hexagone, en dehors de ses prestations dans son Italie natale.
On connaît moins le trompettiste grec Andreas Polyzogopoulos, et c’est une splendide découverte de l‘écouter, avec une sonorité magnifiquement timbrée tantôt duveteuse tantôt plus rugueuse, moduler de belles phrases mélodiques et se lancer dans des solos habités.
Lire la suite de la chronique de Thierry Quenum, ici.

Yoann Kempst & Benjamin Blackstone – Django Reloaded
Duo d’excellence ! Plutôt que de figer Django dans une esthétique nostalgique, Yoann Kempst et Benjamin Blackstone choisissent de le déplacer.
Leur terrain de jeu : un duo de guitares libre, où le swing manouche croise sans complexe des références pop et des détours plus inattendus. Les créations sont très inspirées (La Poupée Qui Tousse) tandis que les reprises prennent des chemins surprenants, mais jamais gratuits — toujours avec cette idée de réécrire plutôt que de reproduire. Exemple ce swinguant Black or White de Michaël Jackson ou le Duke and Dukie de Django (On pourra passer sur le Que Je t’Aime -par ailleurs fort bien interprété – comme si on ne nous rabattait pas assez les oreilles avec le chanteur de variété décédé et connu internationalement… des français, comme disent nos cousins Germains).
Ce qui frappe surtout, c’est la place donnée à la composition et au dialogue entre les deux musiciens, constamment en mouvement. On sent une envie de faire circuler les styles, de décloisonner sans perdre jamais le sens du détail. Un disque habité, intelligent, qui prolonge l’esprit de Django sans jamais l’imiter.
Respect donc pour le Maître incontesté de la guitare Jazz qu’était et demeure Django.

Peter Somuah – Walking Distance
Peter Somuah, dans son nouvel album Walking Distance, affirme un peu plus une identité construite à la croisée des cultures.
Le trompettiste ghanéen, installé à Rotterdam, tisse ici un langage ouvert où les influences circulent librement, sans jamais donner le sentiment d’un collage. Tout est fluide, porté par un sens du groove et une attention constante au récit.
Sa trompette, tour à tour lumineuse ou plus retenue, guide l’écoute à travers des paysages sonores variés, mais toujours cohérents.
Le groupe, à l’image du projet, joue un rôle central dans cette dynamique collective. Un disque généreux, habité, qui parle autant de trajectoires personnelles que de connexions universelles.

David Sauzay – Family Spirit
David Sauzay et ses formations ou l’Art du quintet néo-bop. Et toujours de bonnes surprises sur cette dernière parution avec en invité exceptionnel, le pianiste David Hazeltine.
Après avoir croisé le vent avec Joe Magnarelli, Steve Davis et Jim Rotondi, voici que le saxophoniste s’adjoint un maître des touches jazz en la personne du rénommé pianiste David Hazeltine, un autre habitué des formations en quintet, notamment avec le One For All.
A la trompette, Fabien Mary, toujours étincelant et dont les chorus racontent une histoire dans l’histoire, avec une pointe du lyrisme d’un François Chassagnite et une attaque percussive à la Kenny Dorham. Un David Sauzay très en verve et en verbe sur le registre médium du ténor, une autre histoire d’habitude dont on ne se lasse pas. Le morceau « Pearls » est à cet égard un modèle du genre avec David Hazeltine dans un contretemps qui ne perd pas le sien…
Poursuivre la lecture du papier de Jean-Michel Schlosser, ici.

Skage Larsen – Indus
Avec Indus, Skage Larsen signe un premier album déjà très affirmé.
Au vibraphone, il développe une écriture claire, presque limpide en apparence, mais toujours traversée par des jeux rythmiques plus subtils qu’ils n’y paraissent. Faire simple et beau n’est pas à la portée de tout le monde… Une drôle de manie consiste à en faire trop parfois quand on commence. Ici, ce n’est pas le cas.
Le quartet avance ainsi avec souplesse, entre ancrage mélodique et ouverture, sans jamais chercher l’effet.
Ce qui retient l’attention, c’est cette manière de faire coexister différentes influences sans les juxtaposer : tout circule naturellement, porté par un sens du collectif très présent. Derrière la finesse, il y a aussi une vraie énergie, contenue mais constante. Un disque élégant, réfléchi, qui installe d’emblée une voix à suivre. Nous sommes heureux de vous le faire découvrir sur Couleurs Jazz Radio.

Steve Kovalcheck – Buckshot Blues
J’ignorais tout du guitariste Steve Kovalcheck et quand on découvre un nouvel instrumentiste on est tout de suite amené à chercher quelles sont ses influences et à se demander comment il s’en est éloigné.
En ce qui concerne Kovalcheck il est évident qu’il se situe dans la grande tradition qui, depuis Charlie Christian, a vu se succéder Barney Kessel, Kenny Burrell, Tal Farlow, Joe Pass ou plus récemment le regretté Russell Malone.
Le jeu du guitariste présente donc d’intéressants contrastes entre un lyrisme dépourvu de pathos sur les ballades et une solide assise rythmique sur les morceaux plus enlevés…
Poursuivre la lecture du papier de Thierry Quenum, ici.

Audrey Ochoa – The Sorceress
Audrey Ochoa propose un projet à son image : libre, hybride et pleinement assumé. Trombone en avant, elle explore dans The Sorceress un terrain où le jazz dialogue avec des textures plus contemporaines, entre groove, pop et touches électroniques. L’ensemble reste fluide, porté par une écriture précise mais jamais enfermée.
Ce qui séduit, par exemple dans « Gracefull Woman », c’est cette capacité à faire cohabiter exigence et légèreté. Chaque morceau semble raconter quelque chose de personnel, sans jamais appuyer le propos (Maintenance Phase).
Ochoa joue avec les formats, les couleurs, et s’autorise des écarts qui donnent du relief à l’ensemble. Un disque vivant, accessible sans être évident, qui confirme une voix singulière.

Gueorgui Kornazov – Autumn Impressions
Quel plaisir que d’entendre le magnifique trombone de Gueorgui Kornazov dans ce somptueux environnement de cuivres complété par un accordéon et une batterie.
Gueorgui, depuis qu’il s’est installé en France après avoir quitté sa Bulgarie natale, a tout naturellement trouvé sa place dans le paysage jazzistique hexagonal où ses qualités de musicien et d’improvisateur ont rapidement convaincu de nombreux instrumentistes français de faire appel à lui tandis qu’il entamait également une carrière avec ses propres groupes.
Le dernier en date, qui figure sur le présent enregistrement, allie la sonorité charnue et rayonnante du trombone du leader avec les timbres délectables d’une trompette et d’un tuba qui servent magnifiquement les arrangements de Kornazov sur des compositions de sa plume aux accents parfois balkaniques et festifs.
Lire la suite de la chronique de Thierry Quenum, ici

Enrico Pieranunzi – Perspectives
Dans l’album Perspectives, le quartet réunit Enrico Pieranunzi, l’inépuisable architecte du piano,le plus prolifique depuis de nombreuses années aux côtés de Michele Polga, au saxophone, le Danois Thomas Fonnesbæk à la contrebasse et Mauro Beggio à la batterie, dans une musique d’équilibre et d’écoute, où rien ne semble figé. Les lignes se dessinent progressivement, laissant de l’espace au silence autant qu’aux interactions, dans une approche presque architecturale du son. Le fameux « interplay » entre les musiciens deux très connus, les deux autres moins est bien présent. Il y a du brio plus que de la folie, dans le savoir-faire des quatre hommes.
Ici, pas de démonstration inutile : tout repose sur la finesse du jeu collectif, la qualité des timbres et une attention constante aux nuances. Les musiciens avancent ensemble, sans hiérarchie apparente, explorant différentes directions avec une grande cohérence. Un disque subtil, dense sans être lourd, qui invite à une écoute attentive. L’enregistrement est également de qualité.

Bria Skonberg – Brass
Dans cet album, Bria Skonberg fait un choix clair : recentrer son propos sur la trompette, car dans ses albums précédents, ellechantai autant qu’elle ne soufflait dans son instrument.
Dans ce nouvel opus, Brass, majoritairement instrumental, elle met en lumière un jeu direct, expressif, sans détour, porté par un quintet solide et complice.
Entre compositions et relectures, la musique circule avec naturel, ancrée dans la tradition mais jamais figée.
Ce qui frappe, dès le premier morceau, c’est l’énergie et la clarté du discours, avec un sens du swing toujours présent. Avec le pianist et organist Luther Allison, le bassiste, Eric Wheeler, le batteur Darrian Douglas, et un dialogue inspiré avec le trompettiste Kellin Hanas sur « Brotherhood Of Man« ,
Brass est un disque franc et élégant, qui rappelle à quel point Bria Skonberg est une musicienne de premier plan qui s’affirme encore davantage..

Ella Grace – Figments
La trompettiste Ella Grace , encore inconnue de nos services jusqu’à ce jours puisqu’il s’agit ici de son premier album, Figments. Soulignons qu’elle évite d’emblée l’écueil de la musique démonstrative. Ici, pas d’effetss superflu : une écriture claire, un propos tenu, et déjà une vraie signature. (Figments signifiant en quelque sorte des fragments imaginaires)
Entourée d’une jeune garde très solide de la scène de Chicago, elle déroule sept compositions originales où le jazz contemporain se fait terrain d’exploration sensible. Le fil conducteur ? Une tension constante entre l’élan de l’imaginaire et le poids de l’expérience, entre l’émerveillement et la lucidité.
Musicalement, l’équilibre est maîtrisé. Les mélodies accrochent sans insister, les rythmiques se déplacent avec souplesse, et l’improvisation reste toujours au service du récit. Rien ne déborde, mais rien ne sonne figé non plus. C’est précisément dans cette retenue que le disque trouve sa force.
Au fil des morceaux, Ella Grace tisse une narration discrète autour du temps qui passe, des transformations intérieures, des fragilités assumées. Une matière intime, jamais appuyée, qui laisse respirer la musique.
Figments n’est pas un coup d’éclat, mais mieux : un disque posé, cohérent, qui installe immédiatement une voix. Et dans un premier album, c’est souvent là l’essentiel. Gageons une longue carrière pour cette artiste. Nous sommes heureux de la faure découvrir aux auditerus de Couleurs Jazz Radio.
Musiciens :
Ella Grace – trompette, bugle
Julia Danielle – voix
Garrett Munz –saxophone alto & tenor
Aval Stanley – piano
Marion Mallard – basse
Jayden Richardson – batterie

Connor Bernhard – Pathways




















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