
Clovis Nicolas, contrebassiste, a bien voulu poursuivre cette série des fameux portraits-questionnaires de Proust, légèrement revisités Couleurs Jazz…
Une manière originale de monter les premières marches de l’univers de ces formidables musiciens de Jazz, artistes de notre siècle.
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–Quel est pour vous le comble de la misère musicale ?
La musique techno électronique ou la musique générée par l’intelligence artificielle.
-Où aimeriez-vous vivre ?
Ici, à New York où je vis actuellement, mais plus précisément à Greenwich Village ou dans l’East Village.
-Votre idéal de bonheur terrestre ?
Un monde sans guerre, sans jugement du prochain, sans racisme ni sexisme ni conflits de religions, nationalités ou statut social. Je pensais sincèrement qu’on en était capable, mais je crois qu’il faudra attendre quelques générations supplémentaires.
-Pour quelles fausses notes avez-vous le plus d’indulgence ?
Pour celles qui ont un son, un time et un toucher tellement magnifiques que cela excuse de facto la fausse note.
–Quels sont les héros de roman que vous préférez ?
Colin dans L’Ecume des Jours, bien que ça ne finisse pas très bien pour lui. Sincère, doux, sensible, attentionné, stylé, un certain sens de la dérision qui devait être présent dans la personnalité de son créateur.
–Quel est votre musicien classique favori ?
Je suis toujours partagé entre Sviatoslav Richter et Glenn Gould. Un jour c’est l’un, un jour c’est l’autre… Parmi les musiciens actuels, j’aime énormément la violoniste Christina Bouey qui joue sur mon quatuor Le Miroir.
–Vos héroïnes ou divas favorites dans la vie réelle ?
Toutes les mères de ce monde, sans lesquelles aucun d’entre nous ne serait ici. La mienne m’a dit une fois que donner naissance est la chose la plus difficile à faire pour une femme et je la crois sur parole.
–Vos héroïnes dans la fiction ?
Il y a des personnages féminins au cinéma qui me fascinent, sans qu’elles n’aient vraiment de statut ni de légende ni d’héroïne pour moi. Je pense à Betty dans 37.2 le matin; Cheryl Strayed dans Wild; Jane Henderson dans Paris, Texas… Il y en a d’autres bien sûr mais je ne les ai pas en tête à cet instant précis.
-Votre peintre favori ?
Picasso, Modigliani, Schiele, Rothko, Giacometti et bien d’autres encore. Mention spéciale pour une artiste peintre contemporaine et membre de ma famille que j’adore, Florence Marie.
-Votre musicien de jazz favori ?
Je n’en ai pas, je ne peux pas en nommer qu’un seul. Il y a les maîtres universels comme Oscar Pettiford, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Charlie Parker, John Coltrane, Art Blakey… Puis il y a les affinités plus personnelles comme Sonny Clark, Israel Crosby, Curtis Fuller, Billy Higgins, Jim Hall, Larry Gales…
-Votre qualité préférée chez l’homme ?
Cette détermination aveugle qui souvent finit par atteindre son but.
-Votre qualité préférée chez la femme ?
Ce don inné de voir et reconnaître la beauté là où elle se trouve.
-Votre vertu préférée ?
Dans ma famille, il y a des gens dont on dit « c’est un vrai gentil » (pareil au féminin). Ce serait ça ma vertu préférée, la compassion.
–Votre occupation préférée ?
La musique. Même pendant mes jours de repos, je pense principalement à ça : écouter des disques, fredonner des mélodies, lire des scores, acheter des vinyles, travailler mon instrument, essayer des nouvelles cordes…
–Qui auriez-vous aimé être ?
Moi-même, car on ne saura jamais vraiment ce qu’il y a a l’intérieur d’une autre personne, donc je suis bien avec ce que j’ai. Si je prenais le parti de répondre à cette question avec un peu de fantaisie, j’aurais aimé être une des personnes qui sont allées marcher sur la Lune.
-Le principal trait de votre caractère ?
C’est difficile à dire… une grande détermination je pense, et de la gentillesse.
–Ce que vous appréciez le plus chez mes amis ?
C’est difficile à dire… une grande détermination je pense, et de la gentillesse.
-Votre principal défaut ?
Être naïf, et m’accepter comme tel.
-Votre rêve de bonheur ?
Vivre à New York et jouer avec les plus grands musiciens du moment. L’amour aussi, mais je garde les commentaires à ce sujet pour ma vie privée.
-Votre plus grand malheur ?
Mon plus grand regret on va dire… Avoir vendu ma première contrebasse à Vincent Artaud, une Thibouville-Lamy fin 19eme qui sonnait vraiment bien et sur laquelle j’avais trouvé mon identité musicale.
-Ce que vous voudriez être ?
Être capable de tout concilier au niveau temps, une vie de musicien de jazz, de band leader, avec celle d’un compositeur à part entière.
-La couleur que vous préférez ?
Le bleu, ma synesthésie l’associe aux chiffres de ma date de naissance, le 13/03. Je m’habille principalement avec les couleurs bleu, gris, noir ou blanc.
-La fleur que vous aimez ?
La rose. En fait, j’aime toutes les fleurs à condition qu’elles soient jolies dans leurs détails.
–L’oiseau que vous préférez ?
Les petits oiseaux de couleur tropicaux, ou les aigles pour leur majesté.
–Vos auteurs favoris en prose ?
Boris Vian, Louis-Ferdinand Celine, Friedrich Nietzsche, Michel Houellebecq, Oscar Wilde, Haruki Murakami, Henry Miller, Roberto Bolaño.
-Vos poètes préférés ?
Jacques Prévert, Henri Michaux, ainsi que certain paroliers américains comme Cole Porter dont les chansons pourraient être des poèmes aussi.
-Vos héros dans la vie réelle ?
Sir Ronald Carter, c’est un héros dans le sens où je voudrais être comme lui mais sans lui ressembler.
–Vos héros dans l’histoire ?
Il y a des gens qui ont eu des vies incroyables qui me fascinent, sans pour autant qu’ils soient mes héros à proprement parler. Je pense à Ludwig Van Beethoven, Amadeus Mozart, Charlie Parker, J.S. Bach, Miles Davis, Napoléon Bonaparte, Martin Luther King, Gandhi, Nelson Mandela, Albert Einstein, Emmanuel Kant, Nicola Tesla… C’est une liste un peu fourre-tout mais c’est aussi le piège de ce genre de questionnaire.
–Vos noms favoris ?
Pour faire simple, les miens : Clovis Scipion Blaise Nicolas.
-Ce que vous détestez par-dessus tout ?
-La réforme que vous admirezle plus ?
Le fait d’avoir été réformé du service militaire.
–Le don de la nature que vous voudriez avoir ?
L’oreille absolue.
-Comment aimeriez-vous mourir ?
En étant conscient de ce qui m’arrive, surtout pas dans mon sommeil ni par surprise. J’ai attendu toute une vie pour ça, je ne veux pas rater le dernier spectacle.
-Votre définition du jazz ?
Musique improvisée d’origine afro-américaine. J’en ai véritablement pris conscience après être venu vivre et jouer cette musique aux Etats-Unis.
-État présent de votre esprit ?
Pressé de finir ce questionnaire pour retourner à ma contrebasse.
-Et enfin, votre devise ?
Jouez de la musique comme si vous étiez dans la cour des grands.
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–Votre Titre Signature ?
Blues in Blueprint.
©Photo Cover: Chris Drukker
©Photo Header: Shervin Lainez





















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