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Si les rapports entre jazz et latinité ont été célébrés très tôt par la fameuse « latin tinge »* que le pianiste Jelly Roll Morton jugeait essentielle au jazz, le jeu d’ influences croisées qui suivit a souvent privilégié la musique cubaine au détriment de la musique brésilienne.

Cet ouvrage d’Isabelle Leymarie, écrit d’une plume alerte et passionnée, comble donc une lacune importante de la littérature jazzistique en plaçant les choses dans une juste perspective. On y trouve l’histoire du jazz brésilien présenté dans toute sa diversité au travers de ses origines s’appuyant sur la richesse du folklore musical local, de son évolution au contact du jazz venu des États-Unis, de ses grands interprètes assurant le succès mondial de la bossa nova (João Gilberto, Antonio Carlos Jobim) et du complexe historique et social de l’époque.

Sont aussi évoqués l’importance de la radio et des disques provenant d’Amérique du Nord, le séjour au pays de la samba de Booker Pittman, Sam Wooding et Big « Boy » Goudie ; la venue de Tommy Dorsey, Louis Armstrong, Ella Fitzgerald, Ray Charles, Nat King Cole et du big band de Dizzy Gillespie qui ont tant contribué au développement du jazz local comme en atteste la longue liste de jazzmen brésiliens cités ici. Tout ceci amènera nombre de collaborations fécondes avec les grands solistes américains (Stan Getz, Charlie Byrd) et, en retour, une diffusion active de la musique brésilienne aux U.S.A.

Porteur d’une copieuse bibliographie et d’un index fort utile, ce livre, en abordant des domaines jusque là peu explorés, dresse un panorama pertinent du jazz brésilien des origines à nos jours. Il est donc indispensable.

Le jazz brésilien par Isabelle Leymarie

Éditions du Jasmin, 2021

330 pages

*lire à ce sujet l’ouvrage de John Storm Roberts intitulé « The Latin Tinge », New York, Oxford University Press, 1999

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