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La 11ème édition du Festival international Jazz in Albania s’est déroulée du 7 au 11 septembre 2022. Les villes partenaires de l’événement étaient la capitale Tirana, Fier-Apollonia et Skoder

En préambule du festival, un premier plongeon dans l’atmosphère jazz en visitant le « Hemingway Jazz Club » de Tirana. Magnifique Club de Jazz tenu par des passionnés et dans lequel se produit la scène jazz albanaise ainsi que les jazzmen et jazzwomen de passage dans la capitale.

Dans une atmosphère très chaleureuse, vous pouvez y trouver les meilleurs malts et rhums des Antilles ou de tout l’arc Caribéen, en écoutant du jazz live ou profiter de la terrasse. Couleurs Jazz vous recommande cette adresse de la Rruga (rue) Kont Urzani à Tirana!

Ce soir là jammaient, Nikola Miloradovic, brillant jeune saxophoniste Serbe.

Andrej Maksimovic était à la trompette Jovan Cvetkovic au piano et Teodor Janevski à la batterie. 

Jeudi 8 septembre, à Fier.

Fier, Jolie cité dans le Sud-Ouest de l’Albanie, proche du site archéologique Illyrien d’Apollonia.

En ouverture du Festival, au théâtre Bylis, le Chambery Quartet

Un quartet monté pour l’occasion par la ville de Chambery dans le cadre des échanges Jazz- France-Balkans.

Anne Quillier est au piano. Un jeu minimaliste dans la veine d’Eric Satie, des thèmes présentés avec délicatesse dialoguent avec la clarinette du Franco-Grec, Alexis Moutzouris qui a apporté pour l’occasion, des couleurs des Balkans et plus généralement de la Méditerranée. Une bonne partie des spectateurs locaux sont heureux, ils ont leurs repères. La rythmique est assurée par deux acolytes qui se connaissent bien, Antoine Judet à la basse et Damien Bernard à la batterie.

Les musiciens sont extrêmement concentrés, comme dans leur bulle. Ils n’ont pu répéter que très peu. Il semble qu’une bonne partie du public d’Albanie, venu également de Serbie, du Montenegro, de Macédoine du Nord, de Dijon, de Chambéry et de Paris entre dans leur musique.

Une soirée qui, pour l’ouverture du Festival a tenu ses promesses.

Vendredi 9 septembre, Tirana DH Eurostar Hôtel

La soirée commence par le Tirana Youth Jazz Orchestra, conduit par Gent Rushi, par ailleurs directeur artistique du Festival. Plusieurs membres de l’orchestre – Tirana est capitale européenne de la jeunesse en 2022 – viennent des différents pays voisins des Balkans.

On remarquera particulièrement le saxophoniste Nikola Miloradovic. Un travail remarquable de Gent Rushi à la tête de ce big band de jazz.

On sent l’osmose, le plaisir de jouer ensemble et le respect que lui portent ces jeunes talents, comme en témoigne cette vidéo.

Monte alors sur scène le Bugala Quartet, présenté par la Ville de Dijon et Media Music avec la violoniste Caroline Bugala.

Virtuosité, interplay, cohérence dans ces créations jazz fusion festives et haletantes, alternant habilement avec des reprises déstructurées puis sitôt reconstruites de superbes standards de Django Reinhardt avec Stéphane Grappelli. Le public est ravi.

Dans le rôle de Django, il faut noter la performance de Christopher Peyrafort.

Le dialogue constant en communion avec l’auditoire est soutenu par une rythmique de première classe : Victor Pierrel à la basse et Tom Moretti à la batterie.

This is Jazz !

Cette belle soirée se termine avec l’European Trio (Slovénie, Israël et Hongrie)

La musique et le jazz en particulier ne connaissent pas de frontières.

Un trio dans la grande tradition, piano, basse, batterie.

Ari Erev, Israël est au piano, Tibor Csuhaj-Barna, Hongrois à la contrebasse et le Slovène Gasper Bertoncelj à la batterie. Ce dernier faisant partie de l’album « Close To Home » sorti en juin dernier et en sélection sur Couleurs Jazz Radio dont plusieurs titres sont repris ce soir pendant le concert.

Un jazz qui met en évidence la passion de longue date d’Ari Erev et de ses compagnons pour la musique du monde et en particulier, les couleurs latines. Les morceaux très mélodiques sont riches de belles et délicates harmonies.

Ce soir-là, un duo austro-Albanais se produit au Nord de l’Albanie près de la frontière avec le Monténégro, dans la vile de Skoder.  Ne pouvant nous dédoubler, nous ne pouvons évidemment y assister. Peu importe puisque nous les retrouverons le lendemain à Tirana.

Samedi 10 septembre, Tirana DH Eurostar Hôtel

L’une des magnifiques surprises de ce festival nous attendait en première partie de soirée avec le quartet BARENCIA– composé de 3 musiciens ; le pianiste Catalan de Barcelone Xavi Torres, une rythmique italienne très efficace, originaire de Florence : Michelangello Scandrioglio à la contrebasse et à la batterie Bernardo Guerra et enfin une danseuse mexicaine extraordinaire : Karen Lugo.

Barencia est une ville imaginaire, un point à mi-chemin entre Barcelone et Florence. C’est une fusion unique de différentes traditions, une alchimie magique qui crée un spectacle de rencontres entre musique et danse, entre flamenco et jazz.

Un jazz-flamenco de toute beauté, moderne, brillant, revisité. Un spectacle de haute tenue où les codes du flamenco sont parfaitement assumés dans une version très actuelle et où le dialogue autant gestuel que musical reprend les codes du jazz en d’originales improvisations.

C’est peut-être le seul concert pendant lequel les bruyantes serveuses derrière le bar de l’hôtel, arrêtent de manipuler la vaisselle. Elles restent bouche bée, comme tout l’auditoire devant la grâce de Karen Lugo qui sera vêtue de différentes tenues fort saillantes et qui maîtrise parfaitement le tap danse, les claquettes, et le langage de l’éventail.

Après ce coup de grâce, le duo Austro-Albanais Erasmus et Rodi (saxophone & guitare folk) nous propose de pures improvisations assez éloignées du jazz, dans un style très personnel, particulièrement free, qui décontenance une grande partie du public.

Dimanche 11 septembre, Tirana DH Eurostar Hôtel

Lors de cette soirée de clôture, un bassist-heroe est l’homme de la soirée ! il se nomme Roni Gjura. Il sera le bassiste des trois formations qui se succèderont sur scène.

A commencer par le quartet de la chanteuse Israélienne Daphna Levy accompagnée d’une amie percussioniste Daphna Yanay, Gent Rushi est au piano.

Évitons-là tout commentaire, si ce n’est  que la scène Jazz Israélienne est si riche que  l’on ne comprend pas bien ce choix de l’ambassade sur place.

Bref, après cette première partie qui permit au moins à Roni Gjura de s’échauffer, une nouvelle magnifique surprise nous attendait avec un groupe au nom prédestiné : le Just Trio. Un trio local qui ne fait pas juste que jouer mais qui joue juste !

Quel interplay entre les trois musiciens de grand talent ! Quel jazz à la fois moderne et aux accents des Balkans, du côté du pays de Aigles ! Trois aiglons volent dans le ciel de Tirana. Aux côtés de Roni Gjura, à la fois bassiste et contrebassiste – il commença sa carrière de musicien comme contrebassiste de l’Orchestre National d’Albanie – se profilent le maestro, Mateo Gjipi au piano et Emiljan Dhimo  à la batterie.

Sens du swing, relecture des codes du jazz, élégance, virtuosité, créativité et des compositions fort belles et originales, signées alternativement des trois membres.

Une heure seulement, c’est trop peu ! Nous formulons l’espoir que les programmateurs et directeurs artistiques des Festivals des grandes villes européennes les programmeront bientôt.

Pour clôturer cette soirée, nous attendons de découvrir le trio de ce crocodile globe-trotter des Festivals, le claviériste Hollandais, Mike Del Ferro avec un jeune génie de l’harmonica,  Rega Dauna d’Indonesie.

Hélas ! les tracasseries administratives des Polices des Frontières ne laisseront pas ce dernier entrer en Albanie pour un concert d’un soir, car son visa n’est valable qu’à l’intérieur de l’Espace Schengen… Comme si le jeune musicien rêvait de rester en Albanie plus que prévu !

Pas d’improvisations dans ces domaines-là.

Dommage ! Mais le trio composé – encore une fois- de Roni Gjura, Albanie à la basse et de Roy Dackus, compatriote Hollandais et vieux complice de Mike del Ferro à la batterie rendront hommage de fort belle manière à la musique de Toots Thielemans avec un enthousiasme communicatif et un talent tout professionnel.

Ainsi s’achevait pour nous cette édition 2022 du 11ème festival Jazz in Albania.

Quelques heures libres lundi avant de reprendre l’avion, nous permirent de profiter de notre guide-chauffeur, Hassan, musicien installé de longue date à Besançon et passionné de l’Histoire de son beau pays.

Un chapeau levé haut, à l’organisation du Tirana Jazz Festival et à son directeur, Besim Petrela qui possède un grand sens de l’hospitalité et qui ravit à l’unanimité la délégation française du réseau «  France Balkans Jazz » ainsi que les représentants des villes de Dijon, Chambéry, Podgorica, Nis, Bitola, ainsi que les associations productrices de concerts jazz et de festivals de ces différents lieux.

NB : Vous pouvez avantageusement lire les chroniques de la plupart des concerts du festival « Jazz in Albania »sur le blog « Le Jars Jase Jase« . Elles sont signées Guillaume Lagrée, animateur de l’émission le Jars Jase Jazz sur Couleurs Jazz Radio. 

 

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