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Intitulée « Retour vers l’Angleterre », la 29e édition du festival « Jazz à Junas » a présenté durant cinq jours, dans le très beau site des Carrières, la crème du jazz anglais et non pas la crème anglaise du jazz !

Pour cette dernière partie du festival (22 et 23 juillet), celui-ci a dû faire face à deux défections majeures. D’abord, celle de la pianiste italienne Rita Marcotulli – qui devait se produire en duo avec le saxophoniste Andy Sheppard et a été remplacée au pied levé par le contrebassiste français Michel Benita – et, ensuite, du collectif anglais Nubiyan Twist – attendu pour un final explosif et qui a cédé sa place au clarinettiste Yom – pour des raisons de Covid 19.

Andy Sheppard (saxophone ténor & soprano)

Michel Benita (contrebasse)

Ce duo improvisé d’improvisateurs a été un grand moment d’échanges, de communication et de complicité.

D’un côté, un saxophoniste habitué depuis plus de trente ans aux différents big bands de Carla Bley (86 ans, qui selon ses dires est malheureusement atteinte de la maladie d’Alzheimer). De l’autre, un contrebassiste français virtuose, courtisé par tout le gratin hexagonal.

Le tout formant un étonnant tandem de solistes à l’écoute l’un de l’autre, capable de dégager un jazz d’une très grande sensibilité, poétique, parfois magique, souvent minimaliste mais toujours d’un grand lyrisme sur des compositions originales, des reprises, comme celle d’un morceau d’Elvis Costello, et une succession de ballades.

Une incroyable rencontre à la fois démonstrative et contrôlée du souffle et des cordes !

Portico Quartet :

Jack Wyllie (saxophones ténor & soprano)

Duncan Bellamy (batterie)

Milo Fitzpatrick ( contrebasse)

Keir Vine (hang & percussions)

GoGo Penguin :

Chris Illingworth (piano)

Nick Blacka (contrebasse)

John Scott (battterie)

Qu’ils soient de Londres – Portico Quartet – ou de Manchester – GoGo Penguin – les groupes de jazz britanniques semblent n’avoir qu’une seule devise, celle des supporteurs de Liverpool (si chère à G. Darmanin !) notamment : « You’ll Never Walk Alone » ! (Tu ne marcheras jamais seul).

Car les deux formations sont avant tout des collectifs qui jouent une musique collective.

Le premier défie toutes les catégories musicales avec pourtant un penchant pour un jazz aux accents rock très british façon Soft Machine ou Matching Mole des années 1960/70, le tout avec un zest prononcé pour l’acid jazz voire l’électro jazz. Et ce mode hyper répétitif, toujours  planant, dont on attend vainement qu’il touche terre à nouveau à la fin de chaque morceau tant il est en suspension.

Le second quant à lui a également choisi un style de jazz répétitif et méditatif, aux rythmes saccadés et cassés, aux contretemps décalés assez déconcertants, toujours interprétés sur le même mode et les mêmes structures harmoniques et mélodiques.

Et comme pour le Portico Quartet, sans l’intervention d’un soliste pour improviser sur les thèmes. Toute la musique se conjugue ensemble.

A noter qu’un nouvel EP du groupe vient de paraître, « Between Two Waves » (XXIM Records), qui laisse une large place aux claviers en tout genre.

©Photos Patrick Martineau/JzzM pour Couleurs Jazz

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