Hit Couleurs JAZZ

La haute forme académique en matière de jazz, le piano solo. C’est à cet exercice que se livre Benny Green au cours d’une session live au Dizzy’s Club à New York.

Si Benny Green fait partie de ces musiciens, et notamment pianistes, qu’on ne présente plus, il convient toutefois de rappeler sa filiation musicale et ses fructueuses collaborations avec Freddie Hubbard, Ray Brown et Oscar Peterson, sans oublier bien sûr se présence plus que remarquée au sein des Messengers d’Art Blakey. Soulignons à cet effet qu’il fût l’interprète du seul et unique morceau pour piano solo de toute la discographie des Jazz Messengers avec l’enregistrement de I’ll Never Be the Same.

Mélange et inspiration puisées chez Barry Harris, Kenny Barron et Cedar Walton, sans oublier un balancement à la Fats Waller ou encore Hank Jones.

Autre grande influence, Bobby Timmons, avec la reprise de This Here et une salutation à Duke Pearson avec l’interprétation en début du récital de l’éponyme For Duke Pearson, morceau à l’origine commandé par Wynton Marsalis pour le Lincoln Center Jazz Orchestra.

Adepte hautement convaincu et convaincant de la formule piano-basse-batterie, Benny Green cherche ici en solo à recréer l’atmosphère et les conditions du trio en intégrant les lignes de basse et les pulsations de la batterie. Il suffit pour en gouter la juxtaposition des timbres d’écouter la brillante relecture du Hi-Fly de Randy Weston.

Benny Green c’est tout à la fois une science pianistique au service d’interprétations variées et aussi une maîtrise du clavier qui permet un large panel d’évocations temporelles qui transcendent les styles. Un toucher sûr et libre qui sait sortir des limites de l’académisme tout en respectant une forme certaine de tradition (Wiggin).

L’exercice du soliste qui propose un large éventail des constructions harmoniques et des relectures soigneuses en évitant la surabondance de phrases. Le mot, comme la touche : juste ! Tempi abrupts (Sophy’s Chant) ou douces mélopées (Two Sleepy People), calcul des silences et des onomatopées fulgurantes, tout se trouve condensé dans cet enregistrement qui se révèle un must de l’exercice du piano solo. Le tout avec un art de la perfection qui se transforme en perfection de l’Art.

Si Benny Green n’est pas au sommet de son Art, il n’en est pas loin. Peut-être même l’a-t-il dépassé ?

Personnel :

Benny Green – piano

Renovation, Hit Couleurs Jazz,  est sorti sous le label Sunnyside, le 18 septembre 2026.

©Photo Header Adrien H. Tillmann

©Photo contextuelle  : Andrea Canter

 

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