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Hit Couleurs JAZZ

Cet album représente la concrétisation d’une longue aventure, initiée par une Carte Blanche autour de Miles Davis, commandée par le Festival de Jazz de Cavalaire pour sa tenue de septembre 2017, suivie d’une tournée 2018 aux nombreuses étapes (Festival de Marciac entre autres), dont cet enregistrement reflète la maturité du projet et en constitue l’étape logique.

Pour celui-ci, Nicolas Folmer (trompette, direction, compositions et arrangements), a pu rassembler une phalange de musiciens d’exception : Laurent Coulondre (claviers), Olivier Louvel (guitares), Julien Herné (basse), Yoann Serra (batterie et percussions), auxquels se sont joints : Rick Margitza (saxophone ténor), Stéphane Guillaume, (saxophones soprano et ténor, clarinette et flûte), Antoine Favennec, (saxophone alto), Félix Roth, (cor), Michel Casabianca, (percussions).

©Photo Patrick Martineau

La première impression qui se dégage à l’écoute de cet album est celle de l’unité … Dans la diversité, en fait de l’unité de/dans la diversité : l’unité étant celle que la démarche de Miles a toujours respectée : ne jamais jouer la même chose, ne jamais se plagier soi-même ! La diversité découlant de la précédente, à laquelle s’ajoutent les choix ponctuels dans la variété quasi infinie des traitements possibles à donner au matériau de base, (voir l’arrangement électrique du Pinocchio ici présent en comparaison de celui de l’album de 1967).

Il y a d’autre part plusieurs niveaux possibles de lecture à l’écoute de cette musique, en fonction du degré de connaissance préalable de la musique de Miles de l’auditeur, du novice au connaisseur averti, de ses goûts particuliers pour telle ou telle période de l’étendue de son activité (du bop au jazz électrique, de la pop aux jazz rock, jazz fusion, hard bop, jazz modal, etc.), sachant que la matière traitée ici provient pour beaucoup des deux quintets majeurs de Miles et de sa collaboration avec Gil Evans, (en gros la période 1959-1968), toute musique enregistrée pour le label historique de Miles, Columbia Broadcasting System… :

Footprints composé par Wayne Shorter (à l’origine un blues de 12 mesures en do mineur), apparaissait dans Miles Smiles (1966).

Around Pinocchio (également de Shorter, le Pinocchio hard bop de l’album Nefertiti, enregistré en 1967) : ici traité comme le Miles électrique de Tutu l’aurait fait (84/86).

Gil Ahead, hommage rendu à la collaboration de Miles avec Gil Evans (album Miles Ahead, 1962).

Miles from the Sky, en référence à l’album Miles in the Sky de 1968.

– Quant à So What et Blue in Green, (deux prises pour ce dernier, en ouverture et en final), ils apparaissaient sur l’album fondateur Kind of Blue, celui qui nous ouvrit les portes du jazz modal en 1959.

– Des éléments pop : Human Nature, chanté par Michael Jackson et Time after Time de Cyndi Lauper et Roy Hyman, pour l’album You’re Under Arrest, 1985.

Cela étant dit, nous sommes emballés par cet album, de la première à la dernière note, par la qualité et la justesse de ses arrangements, de ses interventions solistes, de sa construction même, preuve, s’il en fallait, que l’imagination peut vous emmener n’importe où … à condition d’y être guidé par un maître d’excellence, ici Nicolas Folmer, (sous la bienveillante protection de Miles) …

So Miles est un album Cristal Records. 

Il a obtenu Un Hit Couleurs Jazz  et fut sélectionné Vinyle de la semaine sur Couleurs Jazz Radio

Bonne écoute !


PS : tous renseignements complémentaires sur la biographie de Nicolas Folmer, ses collaborations multiples avec des musiciens et producteurs ayant côtoyé Miles (Gil Evans, Tel Macero, , John Lewis, René Urtreger, Dave Liebman, Rick Margitza …), ainsi que sa discographie, sont aisément consultables sur internet, en particulier sur son site dédié.

©Photo Patrick Martineau

 

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