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Jazz à la Villette pour sa dix-neuvième édition offre une large et éclectique programmation comme à son habitude. Presque toutes les couleurs du jazz y seront représentées, de la Great Black Music à la Soul en passant par le Funk. D’un côté les stars internationales et de l’autre des talents émergents. Et toujours le même souci de qualité et de divertissement. Paris redevient Paris !

Un bref aperçu de la programmation de cette édition spéciale :

Angélique Kidjo “Mother Nature”
Hommage à Manu Dibango avec le Collectif MDO & invités
Cécile McLorin Salvant & Dan Tepfer  
Jeanne Added – Bruno Ruder “Hommage à Prince”
Bachar Mar-Khalifé & Bojan Z
José James | Louis Cole | Ambrose Akinmusire 
Thomas de Pourquery & Supersonic 
Shai Maestro | Anthony Joseph 
Gauthier Toux & Nils Petter Molvær
Laurent De Wilde & Ray Lema 
Julien Lourau | El Comité Vincent Lê Quang Quartet
Cassie Kinoshi’s SEED. | Neue Grafik Ensemble 
Théo Ceccaldi  “Kutu “ | Sélène Saint-Aimé 
ROUGE Mansfarroll “Dizzy El Afrocubano”

Ambrose Akinmusire ©Photo Ogata

Nous avons voulu poser quelques questions aux programmateurs de cette édition particulière et c’est Frank Picard qui a répondu à cette interview exclusive (sur Couleurs Jazz Radio. www.couleursjazzradio.fr) Extraits :

Couleurs jazz Radio : Bonjour Franck, comment devient-on programmateur de ce grand et prestigieux Festival ?

Frank Picard : Eh bien cela fait maintenant de nombreuses années que nous faisons ça à deux avec Vincent Anglade. Depuis 2005. Nous sommes des passionnés au départ. Il nous semble que nous faisons du bon travail. On essaie en tout cas !

CJR : Comment avez-vous procédé dans vos choix à deux ?

FP : Cela fait assez longtemps que nous travaillons ensemble avec Vincent. Alors c’est une sorte de conversation ininterrompue. Et ce dont les gens ne se rendent pas forcément compte, c’est que pour programmer 20 artistes, il faut au moins 60 idées, vu qu’un tel ne sera pas disponible, un autre sera trop cher par rapport à nos budgets, ou bien ça ne collera pas avec les dates de sa tournée, ou la salle prévue n’est pas disponible ce jour-là. Tout un tas de choses, de contingences très concrètes, qui vont faire qu’en fait on a jamais finalement tout ce que l’on voudrait au départ. L’exercice, là où il devient interessant c’est d’obtenir au final quelque chose de cohérent. Ce que l’on appelle entre nous une ligne artistique. Enfin c’est comme ça qu’on l’appréhende. On essaie de raconter une histoire qui se tient. On voit bien que l’on est dans une conception très ouverte du jazz qui va du Free Jazz et qui englobe toute la musique Afro Américaine jusqu’au Hip Hop ou à la Soul musique. Avec également un regard depuis plusieurs années un peu plus appuyé sur les musiques du monde, même si je n’aime pas tellement ce terme… Mais on va à Cuba, en Afrique, mais toujours en gardant une base Jazz. On n’est pas un festival qui va chercher, même si nous avons des salles très grandes, dans la variété. On part toujours de la colonne vertébrale qu’est le jazz pour nous.

CJR : Par quoi pourrait-on commencer ?

FP : Moi je commencerais bien par Manu Dibango, d’abord parce que ce fut l’une des premières victimes du Covid l’année dernière. Nous avions voulu lui rendre un hommage déjà en 2020, mais les conditions sanitaires furent telles, que ce ne fut pas possible ? Donc c’est un projet que nous attendons depuis 1 an et demie !

CJR : Nous en parlions. Pas de variété dans Jazz à la Villette. Pourquoi ne cédez-vous pas à cette « facilité », pourquoi ne tombez-vous pas dans le piège de tant de festivals dits de jazz qui vont même jusqu’à programmer Véronique Samson ou Carla Bruni, pour ne citer qu’eux ?

FP : Je crois que ce qui rend la chose un peu particulière à Jazz à la Villette, c’est que nous sommes à Paris, ville où il existe une forte concurrence dans le choix des salles. Et ces artistes là peuvent très bien se produire, qui à l’Olympia, qui à Bercy, ou je ne sais où. C’est pourquoi nous nous devons d’avoir un ligne assez claire pour que le public identifie bien ce que l’on fait. C’est ça qui fait partie des fondements de notre ligne artistique. Et ça change la donne par rapport à une ville de province où ces artistes de variété ne viendraient pas forcément en dehors du festival. De plus nous avons un spectre hyper large de salles qui vont de 60 places pour la plus petite à plus de 4 000 places debout… Mais pas cette année évidemment (Covid oblige) !

Ellen Andrea Wang ©Photo Ynge Gronvi

Alors si en plus on se mettait à programmer des trucs qui n’ont rien à voir les uns avec les autres… Ça deviendrait la fête à neuneu, ce qui peut-être intéressant, mais ce n’est pas le projet de notre festival. C’est aussi un goût et une envie. Mais au delà de ça, je pense que le public a besoin d’identifier des événements, de s’y reconnaître… Il y a une certaine exigence du public, qui a changé, comme l’industrie de la musique a complètement muté. C’est finalement plus une communauté de gens et de styles qui se retrouvent lors d’un événement, que juste un artiste qui va faire venir son public.

… Ecoutez l’interview complète sur Couleurs Jazz Radio

©Photos Header et Couverure, Jacques Pauper pour Couleurs Jazz

 

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