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Les 12 meilleurs albums (Hit Couleurs Jazz) sortis le mois dernier : janvier 2026, donc :
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Avec :
- Baptiste Herbin & Minino Garay pour « Los Arregladores«
- Alba Careta Group pour “Panical”
- Georgelet – Zelnik – Chesnel Trio Feat. Lhiver pour “Live For Gil”
- Marco Mezquida pour“Táctil”
- Hugo Lippi Feat. Gaël Rakotondrabe pour “Olha Maria”
- Roberto Magris & Denis Razz Quartet pour “In Action”
- QOW Trio pour “The Rule of Three”
- Etienne Guéreau Trio pour “Fling”
- Nabou pour “ Indigo ”
- Martin Wind pour “Stars”
- Fraser Smith Quartet pour “Lifeline!”
- Gil Livni pour “All In”
Hugo Lippi – Olha Maria
Un an après un très beau disque en solo, Réflexions in B, chroniqué ici, Hugo Lippi revient entouré de fidèles complices pour un album d’une grande élégance. Entre dialogues raffinés avec Gaël Rakotondrabe, les interventions lumineuses de Stéphane Belmondo et les échanges inspirés avec le jeune Hugo Guezbar, le guitariste déploie une sonorité chaleureuse au service d’un jazz intemporel, mélodique et profondément habité
👉Lire ici la chronique complète de Thierry Quénum.

Dialogues inspirés, grande liberté d’expression et assise rythmique solide donnent naissance à une relecture vivifiante et résolument actuelle.
👉 Lire ici la chronique complète d’Alain Tomas.
(*) : Voir également la chronique publiée à l’occasion de la sortie de « La Septième Reine«

Baptiste Herbin, Minino Garay – Los Arregladores
Derrière le nom Los Arregladores se cache un projet d’une rare cohérence artistique, où Baptiste Herbin et Minino Garay interrogent la place de l’arrangement comme moteur du discours musical. Loin de toute démonstration, le quartet construit un jazz de circulation, nourri par les traditions d’Amérique latine mais pleinement inscrit dans une écoute contemporaine.
Portée par une rythmique souple et mouvante, la musique avance par couleurs, textures et respirations, laissant émerger des mélodies familières sous un jour nouveau.
Le dialogue constant entre écriture et improvisation donne à l’ensemble une profondeur singulière, transformant chaque pièce en espace d’exploration collective. Un album habité, élégant et profondément musical, qui affirme une vision ouverte et généreuse du jazz.

Roberto Magris – In Action
Avec In Action, Roberto Magris signe un disque qui donne pleinement sens à son titre : une musique en mouvement, nourrie par l’énergie du collectif et le goût du risque. Entouré d’un quartet croate soudé — Denis Razz au saxophone, Karlo Ilić à la contrebasse et Rajko Ergić à la batterie — le pianiste explore un large spectre du jazz, de la tradition bop à des territoires plus ouverts et atmosphériques avec des sons et des intonations provenant de la riche culture des balkans.
Le répertoire, mêlant compositions originales et relectures inspirées, se distingue par une grande liberté de ton et une écoute collective constante. Magris y affirme une vision personnelle, élégante et aventureuse, portée par un sens aigu de la narration musicale et un art du dialogue qui donne à l’ensemble une cohérence remarquable.
Un album généreux et ambitieux, reflet d’un musicien profondément ancré dans la tradition mais toujours tourné vers l’avenir.

Avec The Rule Of Three, QOW Trio affirme plus que jamais une identité collective forgée dans le dialogue entre générations, traditions et prises de risques.
Héritier assumé du format mythique du trio sans piano, le groupe s’en affranchit pour explorer une musique en perpétuelle tension entre swing, mélodie et improvisation libre.
Porté par la pulsation toujours inventive de Spike Wells, le trio déploie une écriture souple et narrative, où les compositions de Riley Stone-Lonergan servent de terrain de jeu à une interaction dense et organique.
Entre références assumées et détours imprévisibles, l’album avance avec cohérence et audace, affirmant une vision du jazz vivante, sincère et tournée vers l’avenir.

Nabou Claerhout – Indigo
Dans son étonnant album Indigo, la tromboniste Nabou Claerhout franchit un cap décisif dans son parcours artistique.
Entourée d’un quartet renouvelé, la compositrice et instrumentiste belge façonne une musique en clair-obscur, où l’intime et le collectif avancent main dans la main. Les compositions évoluent par glissements successifs, alternant atmosphères suspendues, grooves discrets et moments de tension plus rugueux.
Guidée par un jeu de trombone à la fois fragile et affirmé, souvent enrichi de subtiles textures sonores, la musique explore la transformation comme un état permanent.
Rien n’est figé : les formes se déplacent, les émotions circulent, laissant apparaître une écriture sensible et profondément incarnée. Indigo s’impose ainsi comme un album de maturité, ouvert, personnel et résolument tourné vers l’avenir.
Notez bien ce nom, déjà présent dans l’émission Ladies First de Gaby Sachez, sur Couleurs Jazz Radio.

Martin Wind – Stars
Avec Stars, Martin Wind réunit un quartet (all stars, en effet !) d’exception autour d’une idée simple : laisser parler la musique, sans emphase ni nostalgie appuyée.
Porté par une écoute collective remarquable, l’album avance avec une élégance naturelle, entre compositions originales et standards revisités avec fraîcheur.
Il faut dire qu’avec la présence d’éléments comme Kenny Barron au piano, l’ensemble irradie de mille feux. Puis quel sens du temps et de la nuance, tandis qu’Anat Cohen et Matt Wilson insufflent souplesse, lyrisme et une respiration permanente au discours.
Loin de toute démonstration, Stars séduit par son équilibre, sa chaleur et cette impression rare de justesse, où chaque note semble aller de soi.
Un disque lumineux, ancré dans la tradition mais résolument actuel et vivant.

Fraser Smith Quartet– Lifeline
Dans son dernier album Lifeline, le saxophoniste Fraser Smith affirme une voix de ténor solidement ancrée dans la grande tradition, tout en refusant toute posture nostalgique. Son jeu, ample et charnel, puise dans l’héritage des maîtres sans jamais s’y dissoudre, avançant avec une intensité maîtrisée et un sens aigu de la narration.
Entouré d’un quartet soudé, le saxophoniste développe un discours où swing, lyrisme et tension harmonique s’équilibrent avec naturel.
Les arrangements laissent respirer la musique, donnant à chaque phrase le temps de s’installer, de se transformer et de marquer l’écoute.
Lifeline s’impose ainsi comme un album de caractère, porté par une sonorité affirmée et une vision mature du jazz contemporain.

Gil Livni – All In
Dans son dernier album All In , l’excellent guitariste Gil Livni s’inscrit dans la grande tradition du quartet avec orgue, tout en lui insufflant une énergie résolument actuelle.
Portée par un groove solide et une interaction constante, la musique navigue alors entre swing franc, blues rugueux et hard bop incandescent, sans jamais perdre en finesse.
La guitare de Livni, à la fois chantante et incisive, mène le jeu avec naturel, dialoguant étroitement avec le saxophone d’Amit Friedman et l’orgue de Yonatan Riklis, soutenus par la batterie souple et engagée de Yonatan Rosen.
Compositions originales et relectures audacieuses s’enchaînent avec une évidente cohérence, donnant à l’ensemble une identité forte, généreuse et profondément vivante. Un album qui regarde la tradition droit dans les yeux tout en avançant sans hésiter.

Autre belle surprise : Fling !
Étienne Guéreau signe ici un disque à part, comme une respiration en ces temps incertains, où le « n’importe quoi » généré entre autres par l’IA, sévit souvent.
Entouré d’une solide rythmique : Marc Buronfosse à la contrebasse et Gautier Garrigue à la batterie, le pianiste compose une musique aux harmonies subtiles et où la mélodie reste centrale, jamais sacrifiée aux jeux de formes ou aux virtuosités inutiles.
Entre pas de côté stylistiques, clins d’œil assumés et écriture ciselée, le trio avance avec une élégance naturelle, porté par un sens aigu de l’interplay. Fling s’écoute comme une escapade sensible, libre et profondément habitée — une parenthèse enchantée, au sens le plus juste. On peut cependant s’étonner chez un homme au goût(*) très sûr et exquis, du choix d’une reprise de notre Johnny national Que je t’aime, que l’on pourra volontiers éviter… « Je suis sûr de mes dégoûts » Jules Renard – Journal.
(*) Couleurs Jazz recommande vivement le blog d’Etienne Guéreau, Piano Jazz Concept . Un blog qui devrait être obligatoire quand on étudie la musique, quand on s’intéresse au jazz et pour tous ceux qui prétendent nous dire ce qu’il faut écouter (on s’inclut dedans évidemment) ; mais aussi, le chargé de la playlist de France Inter, les programmateurs sur les chaînes nationales, les organisateurs et ceux qui sont fan d’horreurs et d’inepties comme l’Eurovision… La liste est longue.

Alba Careta Group – Panical
Alba Careta la trompettiste catalane, poursuit un travail de fond où la mémoire, la terre et l’identité deviennent matière musicale. Dans son superbe projet, Panical, sans jamais céder au folklore, elle puise avec son groupe, dans son héritage culturel et produit une écriture contemporaine, claire et intensément collective.
Son jazz coloré, avance avec une énergie contenue, portée par des mélodies franches et une sonorité d’ensemble remarquablement cohérente.
Inspiré par des figures féminines libres et résistantes, l’album déploie une force tranquille, parfois rugueuse, toujours sincère.
Entre compositions personnelles et relectures réinventées, Panical propose une vision très personnelle du jazz actuel : enracinée, ouverte et profondément vivante, à l’image d’un projet qui trouve sur scène toute sa pleine intensité.
Marco Mezquida Trio – Táctil
Après dix ans de collaboration intense, le pianiste-compositeur Espagnol Marco Mezquida dévoile Táctil, quatrième chapitre d’un partenariat quasi fraternel après Ravel’s Dreams et Talismán en 2020, puis Letter to Milos en 2022, tous en Sélection sur Couleurs Jazz Radio. Dans ce dernier opus, Mezquida convoque ses acolytes Aleix Tobías, batterie et percussions et Martín Meléndez, violoncelle pour atteindre une pleine et nouvelle maturité sonore où le toucher, la sensibilité et l’expérience des collaborations passées s’expriment pleinement.
À une époque où le son paraît souvent immatériel et éphémère, voir en particulier les 30 000 fausses créations -appelées I.A- mensuelles ( !) sur Spotify, Marco Mezquida rappelle ici que la musique est incarnée — peau, vibration et contact — et se forme par des gestes physiques : touches frappées, cordes pincées ou frottées, membranes effleurées. Après dix ans ensemble, le trio est devenu une entité musicale singulière, dont l’expérience commune a forgé une voix unifiée et accomplie. Ça s’entend !
Táctil est une déclaration d’amour — pour la vie, pour la peau, pour le beau, pour le son et pour l’humanité. Né autant de la joie la plus radieuse que du chagrin le plus profond, l’album reflète l’intensité du pianiste Marco Mezquida : « Je n’ai jamais autant aimé. Je n’ai jamais autant pleuré à l’intérieur. Je n’ai jamais vécu aussi intensément », écrit-il.
Cet album est un vibrant testament de fraternité, de lumière et d’émotion partagée. Nous sommes heureux que vous puissiez, comme les 12 autres titres de ce Best of the Month l’écouter sur Couleurs Jazz Radio.




















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