Giovanni Mirabassi, le questionnaire de Proust…

C’est le pianiste Giovanni Mirabassi qui se prête à ce jeu, cette épreuve d’introspection. Il nous livre quelques clefs de sa personnalité en répondant au fameux portrait-questionnaire de Proust, légèrement revisité Couleurs Jazz…

Nous pensons qu’au delà de leur virtuosité, de leurs talents multiples, les musiciens, de jazz en particulier, ont des choses à nous dire.

Quel est pour vous le comble de la misère musicale ?

C’est d’écouter des musiciens de talent faire semblant de ne pas en avoir afin de rentrer dans les cases d’un système qui depuis toujours tente d’éliminer le talent de la chaîne de la production artistique.

 

Où aimeriez-vous vivre ?

Je vis très bien sur ma Butte Montmartre. J’ai déjà fait, il y a de cela bien longtemps, la démarche de choisir un lieu de vie en accord avec mon besoin de rêver. Ceci étant dit, lors des dernières elections présidentielles, lorsque il a fallu imaginer un “plan B”, j’étais prêt, le cas échéant, à partir dans le sud du Japon, quelque part du coté de Fukuoka.

 

Votre idéal de bonheur terrestre ?

En ce monde de brutes, un peu de Mozart, un temps clément, un futur pour nos enfants.

 

-Pour quelles fausses notes avez-vous le plus d’indulgence ?

Les chaussettes qui jurent avec la chemise. Et encore …

©Photo Patrick Martineau pour Couleurs Jazz

 

-Quels sont les héros de roman que vous préférez ?

Ursus dans “L’homme qui rit” de Victor Hugo, Cyrano de Bergerac, Harry Potter

 

-Quel est votre musicien classique favori ?

Difficile de décerner la palme… Bach, Mozart, Brahms, Schubert, Chopin, Liszt, Debussy, Rachmaninov, Scriabin… Plus j’en écris et plus il m’en vient. Alors je dirais : joker.

 

-Vos héroïnes ou divas favorites dans la vie réelle ?

J’ai toujours préféré l’héroïne aux divas… Plus sérieusement, Mercedes Sosa, Ella Fitzgerald, Edith Piaf, Nathalie Dessay, Louise Michel, Simone Weil.

-Vos héroïnes dans la fiction ?

La Princesse Nausicaa, version Hayao Miyazaki.

 

-Votre peintre favori ?

Vincent Van Gogh.

 

-Votre musicien jazz favori ?

Bill Evans.

 

-Votre qualité préférée chez l’homme ?

L’intelligence !

 

-Votre qualité préférée chez la femme ?

L’intelligence !

 

-Votre vertu préférée ?

La patience.

 

-Votre occupation préférée ?

J’adore cuisiner. C’est le partage d’une experience sensorielle basée sur l’amour et l’excellence, ça se fait de ses mains, sur un piano, tout comme la musique, la carrière en moins, ce qui la rend bien plus ludique. Qu’il est bon parfois d’être amateur.

 

-Qui auriez-vous aimé être ?

Moi en mieux.

-Le principal trait de mon caractère ?

L’esprit, je le crains.

 

-Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?

Je n’ai pas d’amis. J’eus aimé dire leur loyauté.

 

-Mon principal défaut ?

L’esprit, sans nul doute.

 

-Mon rêve de bonheur ?

Le rêve de bonheur est pour moi un concept un peu fumeux. Rêver de rêver.

 

-Mon plus grand malheur ?

L’inexorable sauvagerie de la nature humaine.

 

-Ce que je voudrais être ?

J’hésite entre un Jedi et un bon pianiste, en penchant légèrement pour la première option.

 

-La couleur que je préfère ?

Couleur Jazz ?… Sinon le bleu de la mer d’Okinawa, la quinte augmentée, le Do mineur.

 

-La fleur que j’aime ?

La fleur de sel.

 

-L’oiseau que je préfère ?

Edith Piaf. L’albatros de Baudelaire. Mais les oiseaux de passage de Richepin c’est quand même bien. Pour le chant par contre, ce sera celui de l’oiseau lyre de Clementi.

 

-Mes auteurs favoris en prose ?

Hugo, Montherlant, Giono, Merle

 

-Mes poètes préférés ?

Aragon, Dimey, Verlaine d’ici, Leopardi, Foscolo, Pasolini de là. Mais bon, là aussi c’est compliqué, il y en a plein d’autres de partout…

-Mes héros dans la vie réelle ?

 

Un parmi beaucoup, Victor Hugo. Immense écrivain, poète, homme d’état, exemple d’intégrité intellectuelle et artistique, ayant connu l’exil et la gloire, un artiste, un vrai, pas l’un de ces crétins, talentueux soient-ils parfois, qui trainassent leur manque de grandeur dans le desert médiatique actuel. J’aurais certainement aimé vivre en une époque où le métier principal des intellectuels était d’avoir des opinions. La nonchalance m’exaspère.

©Photo Patrick Martineau pour Couleurs Jazz

 

-Mes noms favoris ?

Les noms de mes enfants. Le Nom de la Rose d’Umberto Eco. Liberté.

 

-Ce que je déteste par-dessus tout ?

La condescendance et l’injustice.

 

-La réforme que j’admire le plus ?

Le suffrage universel.

 

-Le don de la nature que je voudrais avoir ?

La santé. Ceci dit j’aimerais bien avoir des dons qui ne sont pas en nature, comme l’ubiquité par exemple.

 

-Comment j’aimerais mourir ?

Sans m’en apercevoir.

 

-Ma définition du Jazz ?

 

-Etat présent de mon esprit ?

Au moment présent je suis parfaitement débordé, réponse valable à n’importe quel moment de l’année, s’appliquant aux 25 dernières années. Dans ce métier de plus en plus difficile et pluri-disciplinaire qu’est le nôtre, il faut toujours avoir deux coups d’avance, ça fait mouliner l’esprit.

 

…et enfin

-Ma devise ?

On y croit !

 

Propos recueillis en décembre 2017.

Giovanni Mirabassi site officiel 

 

« Monsieur Mirabassi secoue la branche, où les fruits sonores des notes sont accrochés, dans l’insoumise harmonie du feuillage »,

 Serge Lama

autopub 18 juin

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