{"id":47684,"date":"2026-10-06T17:30:36","date_gmt":"2026-10-06T16:30:36","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=47684"},"modified":"2026-10-08T23:01:40","modified_gmt":"2026-10-08T22:01:40","slug":"le-50emes-hurlants-trio-live-session","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/le-50emes-hurlants-trio-live-session\/","title":{"rendered":"Le 50\u00e8mes Hurlants Trio \u2013 Live Session"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Le 50\u00e8mes hurlants Trio, emmen\u00e9 par la voix du po\u00e8te Tom Buron et r\u00e9unissant<\/b> <b>le trompettiste Fred Aubin (La Maison Tellier) et le batteur Gr\u00e9goire Mainot<\/b> <b>(MNNQNS), fait para\u00eetre une <\/b><strong><i>Live session<\/i><\/strong><b> qui m\u00eale jazz et po\u00e9sie.<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Fred Aubin\u00a0:<\/b> On s\u2019est d\u2019abord embarqu\u00e9s dans une tourn\u00e9e d\u2019une douzaine de lectures-concerts autour des <i>Cinquanti\u00e8mes hurlants<\/i> en duo \u00e0 l\u2019occasion de la parution du livre de Tom chez Gallimard l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re : Maison de la po\u00e9sie de Paris, de Nantes, La Maison du Livre \u00e0 Bruxelles, etc. Durant la tourn\u00e9e, on a tous les deux \u00e9mis le souhait d\u2019augmenter notre formule. Il y avait d\u00e9j\u00e0 un peu de percussions op\u00e9r\u00e9es par Tom, mais l\u2019on voulait aller au-del\u00e0. J\u2019ai imm\u00e9diatement pens\u00e9 \u00e0 Gr\u00e9goire, batteur tr\u00e8s inventif et tr\u00e8s ouvert artistiquement. On s\u2019est rencontr\u00e9 au conservatoire, en classe de jazz, sans \u00eatre de la m\u00eame g\u00e9n\u00e9ration, puis retrouv\u00e9s des ann\u00e9es plus tard au sein de La Maison Tellier, puisqu\u2019il s\u2019est trouv\u00e9 \u00e0 remplacer sur une quinzaine de dates notre batteur titulaire. Son r\u00f4le dans MNNQNS combin\u00e9 \u00e0 sa versatilit\u00e9 le d\u00e9signait naturellement comme l\u2019homme de la situation. Il a accept\u00e9 de rejoindre l\u2019aventure et on s\u2019est retrouv\u00e9 \u00e0 r\u00e9adapter le puissant et monumental texte de Tom du duo au trio.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Tom Buron :<\/b> Lorsque Gr\u00e9goire est arriv\u00e9, l\u2019hiver dernier, on s\u2019est engag\u00e9 directement pour une date deux mois apr\u00e8s avec un lieu que j\u2019affectionne particuli\u00e8rement et qui s\u2019appelle La Baraque, \u00e0 Rouen. C\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on a commenc\u00e9. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait d\u2019aller vite pour profiter de l\u2019engouement qu\u2019il y avait encore pour le livre qui venait juste de recevoir le Prix Apollinaire D\u00e9couverte. En quatre ou cinq semaines de travail en studio, on avait l\u2019adaptation \u00e0 trois de ce que l\u2019on jouait auparavant \u00e0 deux, avec bon nombre de changements, de nouveaut\u00e9s dans la structure, pour que la batterie ne soit \u00e9videmment pas qu\u2019une force d\u2019accompagnement. En d\u00e9cembre, le 50\u00e8mes hurlants Trio \u00e9tait n\u00e9 et en f\u00e9vrier il faisait son premier concert. On a eu beaucoup de chance puisque l\u2019on a obtenu de belles dates dans la foul\u00e9e : le Festival Terres de paroles, le Festival Jazz &amp; po\u00e9sie et enfin les Terrasses du jeudi, cet \u00e9t\u00e9, festival plus grand public. On a aussi pu pr\u00e9senter ce projet jazz et po\u00e9sie dans les matins de TSF Jazz.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 18pt; color: #993300;\"><b>Eric Dolphy, Zorn, Mingus &amp; Coltrane<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Tom Buron :<\/b> \u00c0 l\u2019origine, il s\u2019agit de partir du jazz, de le traiter au contact des autres genres que nous<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\">affectionnons tout en le m\u00ealant \u00e0 une po\u00e9sie r\u00e9cit\u00e9e et incarn\u00e9e, scand\u00e9e. En ce qui me concerne, la voix, les influences viennent plut\u00f4t du rock ou du blues\u2026 J\u2019\u00e9coute beaucoup les Lounge Lizards ou Eric Dolphy, Zorn, Don Cherry, Mingus, Ornette Coleman, Coltrane et Pharoah Sanders, Monk mais aussi pas mal de musiciens actuels tels que James Brandon Lewis, Shabaka Hutchings, Ambrose Akinmusire ou Isaiah Collier pour ne citer qu\u2019eux. J\u2019aime beaucoup le travail de l\u2019ami Antoine Berjeaut avec qui j\u2019ai un projet, quelque chose plut\u00f4t jazz et \u00e9lectronique. Il faut \u00e9couter son album <i>Moving cities<\/i> produit par Makaya McCraven. R\u00e9cemment, j\u2019ai aussi beaucoup aim\u00e9 le projet hommage \u00e0 Charlie Haden, <i>Liberation Songs<\/i>, de St\u00e9phane Kerecki, le <i>Live at the Village Vanguard<\/i> d\u2019Immanuel Wilkins ou <i>Deface the currency<\/i> de James Brandon Lewis encore, avec les Messthetics. Pour revenir au Trio, je crois en fait qu\u2019on fait une sorte de jazz rock tremp\u00e9 dans de la prose po\u00e9tique pour les gens qui aiment les formes \u00e9tranges.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p2\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Gr\u00e9goire Mainot :<\/b> \u00c0 la base, j\u2019ai une culture tourn\u00e9e vers le rock. Ma porte d\u2019entr\u00e9e vers le jazz s&rsquo;est construite par filiation et curiosit\u00e9. Un ami du conservatoire m&rsquo;a fait d\u00e9couvrir Joshua Redman, et le jeu de Brian Blade a \u00e9t\u00e9 un choc. C\u2019est lui qui m&rsquo;a ensuite ouvert les portes de Max Roach. Aujourd\u2019hui, je suis convaincu que ces deux batteurs ont profond\u00e9ment nourri mon approche du jazz. Au-del\u00e0 des figures tut\u00e9laires, j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par l\u2019improvisation, surtout pour l\u2019id\u00e9e de b\u00e2tir un discours musical en direct \u00e0 travers un cadre pr\u00e9cis. Trouver la libert\u00e9 dans la contrainte. C\u2019est un principe central dans le jazz, mais c\u2019est \u00e9trangement une m\u00e9canique que je retrouve aussi chez des compositeurs de musique r\u00e9p\u00e9titive comme Steve Reich ou John Cage : s\u2019imposer des r\u00e8gles strictes pour mieux explorer l\u2019espace. \u00c0 la batterie, les possibilit\u00e9s sont infinies, on peut litt\u00e9ralement tout faire et tout imaginer. Se poser soi-m\u00eame un contexte, un cadre de jeu pour mieux improviser, c\u2019est une d\u00e9marche qui me stimule \u00e9norm\u00e9ment. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu&rsquo;on exp\u00e9rimente en ce moment avec Tom et Fred au sein du Trio.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Fred Aubin :<\/b> De mon c\u00f4t\u00e9, Miles Davis, qui donne l\u2019avantage de parcourir un horizon tr\u00e8s large du jazz, du bop jusqu\u2019\u00e0 l\u2019exp\u00e9rimental. Tr\u00e8s vite, j\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment absorb\u00e9 du Chet Baker qui est fascinant pour son expressivit\u00e9, son timing et son refus des concessions artistiques. Ensuite, c\u2019est naturellement Tom Harrell qui me vient \u00e0 l\u2019esprit. Ses th\u00e8mes sont tellement \u00e9conomes en moyens qu\u2019ils frisent parfois la na\u00efvet\u00e9, mais ses chorus sont tellement inspir\u00e9s que j\u2019en consid\u00e8re plusieurs comme des mod\u00e8les de travail pour le jazz moderne. C\u2019est chez lui que j\u2019ai pu go\u00fbter le duo trompette\/batterie sans basse ni piano, avec <i>Number Five<\/i>. Enfin, le grand ma\u00eetre : Wynton Marsalis. Sans se contenter d\u2019\u00eatre probablement le meilleur trompettiste au monde, il s\u2019est fait le r\u00e9ceptacle, le gardien et le passeur de toute cette culture depuis un bon si\u00e8cle. Il est le seul \u00e0 pouvoir nous faire entendre dans son jeu Armstrong et Coltrane r\u00e9unis, tout en servant sa propre sensibilit\u00e9 artistique. Pour revenir sur cette association trompette\/batterie qui est la n\u00f4tre, et ce que \u00e7a d\u00e9ploie : c\u2019est vrai qu\u2019il n\u2019y a ni basse ni instrument harmonique dans notre trio mais \u00e7a n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 un probl\u00e8me. C\u2019est notre singularit\u00e9. Cette absence lib\u00e8re un potentiel expressif extraordinaire que je ne soup\u00e7onnais pas moi-m\u00eame. L\u2019<i>interplay <\/i>se fait directement, sans contrainte, tr\u00e8s concr\u00e8tement. C\u2019est un proc\u00e9d\u00e9 qui peut s\u2019apparenter \u00e0 la musique contemporaine : chercher l\u2019effet et l\u2019expression avant tout, peu importe avec quel moyen. Je m\u2019impose certaines contraintes modales qui servent de bases pour les th\u00e8mes et leur d\u00e9veloppement. Mais c\u2019est une fa\u00e7on de jouer assez diff\u00e9rente qu\u2019en formations jazz traditionnelles en quartet ou en quintet qui sont tr\u00e8s structur\u00e9es, ou chacun joue son r\u00f4le. Ici, les deux instruments dialoguent directement entre eux et avec la voix sur un m\u00eame plan.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 18pt; color: #993300;\"><b>\u00ab Cinquanti\u00e8mes Hurlants \u00bb<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Fred Aubin\u00a0:<\/b> On a essay\u00e9 de structurer le long et complexe texte de Tom pour le faire comprendre, sentir, par l\u2019auditeur. On ne voulait pas un simple papier-peint musical, mais de la musique \u00e9tant partie prenante du texte. Je dois d\u2019ailleurs dire que c\u2019est par la musique de la r\u00e9citation orale de Tom que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 trouver des th\u00e8mes, des structures et des atmosph\u00e8res, beaucoup plus facilement que par l\u2019\u00e9crit. On n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 s\u2019ins\u00e9rer dans un style particulier, on a simplement laiss\u00e9 libre cours \u00e0 nos sens pour construire l\u2019\u00e9difice. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019on se retrouve \u00e0 naviguer entre le chant de marin, le blues, des passages inspir\u00e9s d\u2019<i>Ascenseur pour l\u2019\u00e9chafaud<\/i>, de <i>Sketches of Spain<\/i>, du jazz coltranien ou de la musique atonale contemporaine. Il y a de tout cela. Jouant moi-m\u00eame des styles tr\u00e8s diff\u00e9rents, du jazz au classique en passant par le rock ou la folk, je ne dois plus trop consid\u00e9rer les fronti\u00e8res entre chaque style. \u00c7a vient comme \u00e7a car \u00e7a me semble pertinent \u00e0 ce moment pr\u00e9cis.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><b style=\"font-size: 14pt;\">Tom Buron :<\/b><span style=\"font-size: 14pt;\"> Il y avait d\u2019abord l\u2019id\u00e9e de la mer. C\u2019est un po\u00e8me narratif qui raconte la travers\u00e9e chaotique d\u2019un marin perdu, \u00e0 la recherche d\u2019une \u00eele, po\u00e8me que l\u2019on a d\u00e9coup\u00e9 en trois parties, trois morceaux. Il fallait un th\u00e8me qui rende cette id\u00e9e du maritime. J\u2019avais en t\u00eate quelque chose \u00e0 la fa\u00e7on des Pogues puis Fred est arriv\u00e9 tr\u00e8s vite avec ce th\u00e8me de marin que l\u2019on entend au d\u00e9but et qui revient. Au-del\u00e0 de \u00e7a, on trouve une base plut\u00f4t jazz et blues, mais, comme dit Fred, s\u2019y m\u00ealent du classique, des influences de la bossa nova\u2026 Pour <\/span><i style=\"font-size: 14pt;\">Cinquanti\u00e8mes hurlants &#8211; partie III<\/i><span style=\"font-size: 14pt;\">, j\u2019avais dit \u00e0 Fred que je pensais \u00e0 <\/span><i style=\"font-size: 14pt;\">Sketches of Spain<\/i><span style=\"font-size: 14pt;\"> et \u00e0 des bouts de pasodoble, que je voyais quelque chose comme \u00e7a, grossi\u00e8rement, pour cette partie. Il y avait une dimension tragique et en m\u00eame temps belliqueuse, je voyais le taureau de combat quelque part\u2026<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Gr\u00e9goire Mainot\u00a0: <\/b>Si je devais pr\u00e9ciser les choses, ce serait surtout sur la dynamique \u00e0 trois et sur ce qu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 d\u2019insuffler \u00e0 la batterie. D\u00e8s nos premiers \u00e9changes avec Fred et Tom, l\u2019enjeu \u00e9tait clair : amener une batterie qui porte un v\u00e9ritable discours musical. On a vite \u00e9voqu\u00e9 la bande originale de <i>Birdman,<\/i> enti\u00e8rement compos\u00e9e et jou\u00e9e par Antonio S\u00e1nchez. C\u2019est un batteur exceptionnel, et quand j&rsquo;ai d\u00e9couvert le film, l\u2019id\u00e9e m\u2019a frapp\u00e9. Toute la BO repose sur \u00e7a : la batterie devient le narrateur principal, exactement comme le ferait un piano solo. \u00c7a m\u2019a aussi rappel\u00e9 une part de skate que j\u2019avais vue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, o\u00f9 les images \u00e9taient port\u00e9es uniquement par une batterie acoustique en improvisation totale, tr\u00e8s jazz contemporain. Pour le Trio, c&rsquo;est cette approche illustrative qui m\u2019a guid\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s qu\u2019ici, on n&rsquo;habille pas des images, mais un texte. Penser la batterie sous cet angle, avec un c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s brut, organique, presque vuln\u00e9rable, a \u00e9t\u00e9 le vrai moteur pour construire mon jeu et l&rsquo;int\u00e9grer au son du trio.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pour voir la vid\u00e9o Live, cliquer sur l&rsquo;image :<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><a href=\"https:\/\/youtu.be\/r2rUJQXTBaY?si=D-s2uTZX86MLQyp7\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/Capture-decran-2026-10-06-a-18.32.04.png\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"364\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\n<div>\n<p class=\"p1\">\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 18pt; color: #993300;\"><b>Musique &amp; Po\u00e9sie<\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Tom Buron\u00a0: <\/b>Comment \u00e7a marche ? On s\u2019\u00e9coute\u2026 Mon travail des mots est naturellement tr\u00e8s marqu\u00e9 par la musique. On pense tout \u00e0 trois et chacun a aussi son moment \u00e0 lui. Dans le pass\u00e9, j\u2019ai eu \u00e0 r\u00e9citer mes textes pendant des ann\u00e9es dans tellement de festivals et de salles avec des musiciens que je ne connaissais pas, des saxophonistes, des pianistes, des violoncellistes, des guitaristes, de tout\u2026 A l\u2019improviste. Ce n\u2019\u00e9tait pas toujours facile. Certains avaient l\u2019habitude de jouer avec des r\u00e9citants mais d\u2019autres pas du tout. \u00c7a m\u2019a \u00e9norm\u00e9ment appris. Pour l\u2019adaptation des <i>Cinquanti\u00e8mes<\/i>, au-del\u00e0 de parties sp\u00e9cialement pens\u00e9es pour le solo et pour un temps d\u2019improvisation, tout \u00e9tait calcul\u00e9 au millim\u00e8tre pr\u00e8s et \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9ter, nous avons accumul\u00e9 des gestes communs et des r\u00e9flexes. Lorsqu\u2019on a enregistr\u00e9 cette <i>Live session<\/i> \u00e0 La Fabrique de Sigy, la deuxi\u00e8me prise a \u00e9t\u00e9 la bonne, on sait o\u00f9 se trouver. Actuellement, on travaille sur des morceaux moins longs et certains ont une structure plus classique de type couplet\/refrain, mais c\u2019est vrai que pour les <i>Cinquanti\u00e8mes<\/i>, c\u2019\u00e9tait un chantier ph\u00e9nom\u00e9nal\u2026<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Fred Aubin :<\/b> C\u2019est \u00e7a. La structure est d\u00e9termin\u00e9e aussi par certains mots ou vers forts qui nous servent de marqueurs, soit pour d\u00e9limiter deux parties, soit pour nous donner un \u00ab rendez-vous \u00bb, \u00e0 deux ou \u00e0 trois d\u2019ailleurs. Ils peuvent \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, associ\u00e9s \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment musical. Le retour de certains th\u00e8mes nous para\u00eet important pour consolider l\u2019\u00e9difice et lui donner une certaine clart\u00e9 sym\u00e9trique. On choisit aussi l\u2019endroit o\u00f9 le texte a besoin de respirer pour y ins\u00e9rer des improvisations. Le tout est \u00e0 la fois charpent\u00e9 et mouvant, diff\u00e9rent \u00e0 chaque concert, mais structur\u00e9.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Gr\u00e9goire Mainot :<\/b> Il y a un truc assez marrant dont je me suis rendu compte au fil du temps : de toutes les formes d\u2019art auxquelles j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 expos\u00e9, la po\u00e9sie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 celle qui me parlait le plus naturellement. Alors en d\u00e9couvrant les <i>Cinquanti\u00e8mes hurlants<\/i>, je me suis d\u2019abord dit que c&rsquo;\u00e9tait un texte particuli\u00e8rement chiad\u00e9. Au d\u00e9part, je me suis m\u00eame un peu rassur\u00e9 en me disant : \u00ab C\u2019est normal si je ne saisis pas tout, mon r\u00f4le, c&rsquo;est d\u2019injecter de la musique, je vais exister autrement l\u00e0-dedans. \u00bb En r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 force de r\u00e9p\u00e9titions et en mettant les mots en musique, le sens m&rsquo;a rattrap\u00e9 par ricochet. Aujourd\u2019hui, j\u2019arrive beaucoup mieux \u00e0 faire la part des choses entre le sens litt\u00e9ral et la musicalit\u00e9 pure des mots. Comme le disait Fred, on ne s\u2019est jamais vraiment pris la t\u00eate sur l\u2019absence de base harmonique traditionnelle par rapport \u00e0 notre formule instrumentale : tout s\u2019est fait de mani\u00e8re organique. On ne cherche pas \u00e0 sur-illustrer le texte, on tomberait direct dans le clich\u00e9 ou la caricature. Au final, le texte ressort avec un relief in\u00e9dit. Il prend une tout autre dimension, pr\u00e9cis\u00e9ment port\u00e9e par l\u2019\u00e9nergie brute et la dynamique de notre trio.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span class=\"Aucun\" style=\"font-size: 14pt;\"><b>Tom Buron :<\/b> C\u2019est juste. Tout prend d\u2019ailleurs tellement une autre dimension qu\u2019il ne s\u2019agit absolument plus de l\u2019accompagnement d\u2019un texte dans l\u2019objet fini. Simplement trois \u00e9nergies qui se r\u00e9pondent et font corps, et la voix du texte est un instrument parmi les autres.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"p1\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><b>Propos recueillis par Franck M\u00e9dioni<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>\u00a9Photo couver Morgane Baudry<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>\u00a9Photo Header M\u00e9lanie Lhote<\/strong><\/span><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 50\u00e8mes hurlants Trio, emmen\u00e9 par la voix du po\u00e8te Tom Buron et r\u00e9unissant le trompettiste Fred Aubin (La Maison Tellier) et le batteur Gr\u00e9goire Mainot (MNNQNS), fait para\u00eetre une&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":329,"featured_media":47685,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[70,13,10495],"tags":[11106,11107,9269],"class_list":["post-47684","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-a-la-une","category-actualite","category-portraitfr","tag-fred-aubin","tag-gregoire-mainot","tag-tom-buron"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47684","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/329"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=47684"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47684\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47711,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/47684\/revisions\/47711"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/47685"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=47684"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=47684"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=47684"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}