{"id":47424,"date":"2026-09-17T19:50:53","date_gmt":"2026-09-17T18:50:53","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=47424"},"modified":"2026-09-18T08:46:31","modified_gmt":"2026-09-18T07:46:31","slug":"bozcaada-ten-years-of-jazz-under-the-sign-of-impermanence-gecicilik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/bozcaada-ten-years-of-jazz-under-the-sign-of-impermanence-gecicilik\/","title":{"rendered":"Bozcaada : Dix ans de jazz sous le signe de l&rsquo;Impermanence Ge\u00e7icilik"},"content":{"rendered":"<div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\"><strong>Bozcaada &#8211; Carnet de voyage<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\">Difficile de prendre la route de Bozcaada sans prendre une carte pour trouver cette \u00eele trop peu connue au nom myst\u00e9rieux. Difficile aussi de prendre cette route vers cette partie du monde sans se souvenir des <em>Carnets d\u2019Orient<\/em> de G\u00e9rard de Nerval, surtout quand on se glisse dans ses pas. \u00c0 moi aussi, <em>\u00ab Il a fallu un jour pour arriver au Dardanelles en laissant \u00e0 gauche les rivages o\u00f9 fut Troie et T\u00e9n\u00e9dos, et tant d\u2019autres lieux c\u00e9l\u00e8bres qui ne tracent qu\u2019une ligne brumeuse \u00e0 l\u2019horizon. \u00bb<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n<\/div>\n<div style=\"width: 1520px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Moulin-Bozcaada.jpg\" alt=\"\" width=\"1510\" height=\"850\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les moulins de Bozcaada<\/span><\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Bozcaada, l&rsquo;\u00eele entre deux rives<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00c0 quelques kilom\u00e8tres des c\u00f4tes de la p\u00e9ninsule de Biga, Bozcaada est une petite \u00eele qui semble avoir longtemps v\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des grands itin\u00e9raires touristiques. Grecs, Romains, Byzantins et Ottomans ont laiss\u00e9 leur empreinte sur cette terre qui fut longtemps connue sous le nom de T\u00e9n\u00e9dos.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Aujourd&rsquo;hui, on d\u00e9couvre une \u00eele aux dimensions modestes, couverte de vignes, d\u2019oliviers, de paysages arides, de petites routes et d\u2019un port domin\u00e9 par l&rsquo;imposante silhouette de son fort face au continent. Le village est charg\u00e9 d\u2019une double histoire, grecque et turque, chr\u00e9tienne et musulmane, que l&rsquo;on retrouve dans son architecture et dans ses rues.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les maisons sont l\u00e0, les vieux moulins et les vieilles pierres aussi, comme si rien n&rsquo;avait vraiment chang\u00e9. Pourtant, en y regardant de plus pr\u00e8s, tout semble porter la trace de ce qui a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9, d\u00e9plac\u00e9, oubli\u00e9. L\u2019impermanence se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9j\u00e0.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Public-Bozcaada.jpg\" alt=\"\" width=\"1511\" height=\"850\" \/><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais Bozcaada n&rsquo;est pas seulement une destination patrimoniale ou baln\u00e9aire. Depuis dix ans, le<strong> Festival<\/strong> <strong>de Jazz de Bozcaada<\/strong> est devenu un rendez-vous pris\u00e9 pour f\u00eater la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9. Ici, le jazz dialogue avec l&rsquo;\u00eele, avec ses paysages, ses vins, sa gastronomie et avec une sc\u00e8ne musicale turque particuli\u00e8rement vivante. La programmation de cette \u00e9dition, du <strong>4 au 6 septembre 2026<\/strong>, m\u00eale artistes confirm\u00e9s et nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, jazz contemporain, musiques improvis\u00e9es et influences venues d&rsquo;autres territoires musicaux. Et cette ann\u00e9e le Festival s\u2019inscrivait sous le signe de L&rsquo;impermanence \u2013 Ge\u00e7icilik. \u00a0<em>\u00ab\u00a0L&rsquo;impermanence est un concept que notre esprit peine \u00e0 saisir pleinement. Au fond de nous, de mani\u00e8re abstraite, nous le savons : rien ne dure \u00e9ternellement. Les cellules se renouvellent. Les amiti\u00e9s \u00e9voluent. Les raisins m\u00fbrissent. La nature du jazz murmure cette m\u00eame v\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;improvisation est comme le fleuve d&rsquo;H\u00e9raclite, mais faite de sons \u00bb <\/em>nous annoncent les organisateurs du Festival.<\/span><\/p>\n<div style=\"width: 1520px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Cagil-et-Tamer.jpg\" alt=\"\" width=\"1510\" height=\"850\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\">C\u0327ag\u0306\u0131l Kaya et Tamer Temel<\/span><\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>\u00c7a\u011f\u0131l Kaya \u2014 Quand la voix rencontre le saxophone<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le soleil se couche sur Bozcaada et illumine de ses derniers rayons dor\u00e9s la voix de <strong>\u00c7a\u011f\u0131l Kaya<\/strong>. M\u00ealant po\u00e9sie, sonorit\u00e9s abstraites et langue turque, la voix de <strong>\u00c7a\u011f\u0131l Kaya<\/strong> se rapproche parfois d&rsquo;un rap envo\u00fbtant, parfois endiabl\u00e9, port\u00e9e par le soutien complice du saxophone t\u00e9nor de <strong>Tamer Temel<\/strong>. Leur musique semble d&rsquo;abord relever d&rsquo;un dialogue : une voix et un saxophone qui se cherchent, se r\u00e9pondent et finissent par ne plus former qu&rsquo;un seul instrument.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le son de <strong>Tamer Temel<\/strong>, saxophoniste turc de renom, m\u2019\u00e9voque parfois celui de Michael Brecker, mais ici le saxophone semble surtout prolonger la voix de \u00c7a\u011f\u0131l. Un jazz a\u00e9rien, presque un \u00ab sax-t\u00e9nor voix \u00bb, qui peut soudain basculer vers une libert\u00e9 \u00e9trange o\u00f9 une folie harmonique laisse place \u00e0 une comptine minimaliste, avant qu&rsquo;un motif en 4\/4 ne fasse la joie d\u2019un public conquis qui demande \u00e0 prolonger cette impermanence musicale.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La fronti\u00e8re entre jazz, improvisation, hip-hop et rap turc est ici particuli\u00e8rement poreuse. <strong>\u00c7a\u011f\u0131l Kayam&rsquo;<\/strong>explique que le passage \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture en turc n&rsquo;a pourtant rien eu d&rsquo;\u00e9vident. Elle avait longtemps chant\u00e9 en anglais. \u00c9crire dans sa langue maternelle lui a demand\u00e9 de trouver un nouveau rapport aux mots, au rythme et \u00e0 la musique. Mais la prosodie m\u00eame du turc lui a progressivement sugg\u00e9r\u00e9 d&rsquo;autres formes, jusqu&rsquo;\u00e0 faire appara\u00eetre naturellement des passages proches du hip-hop ou du rap.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le choix du saxophone t\u00e9nor s&rsquo;est lui aussi impos\u00e9 presque naturellement. \u00c7a\u011f\u0131l et Tamer se connaissent bien, sont complices, et cette forme musicale leur permet d&rsquo;exploiter cette proximit\u00e9. Le saxophone devient alors le contrepoint naturel de la voix, capable de l&rsquo;accompagner, de lui r\u00e9pondre ou de s&rsquo;en \u00e9loigner pour ouvrir l&rsquo;espace de l&rsquo;improvisation. Impermanence quand tu nous tiens.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Accompagn\u00e9s d\u2019<strong>Erc\u00fcment Orkut<\/strong> aux claviers et de <strong>Cem Aksel<\/strong> \u00e0 la batterie, leur jazz sonne oriental, po\u00e9tique et joyeux.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Quand le concert se termine, il ne reste plus que le vent et la lumi\u00e8re qui d\u00e9cline. Dans quelques heures, ce concert n&rsquo;existera d\u00e9j\u00e0 plus que dans la m\u00e9moire de ceux qui \u00e9taient l\u00e0. C&rsquo;est peut-\u00eatre cela, au fond, l&rsquo;une des formes les plus simples de l&rsquo;impermanence : une musique qui n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;autre existence que celle de l&rsquo;instant o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"width: 860px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photons.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"478\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\">Photons<\/span><\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Photons : est-ce encore du jazz ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Puis vient Photons, avec <strong>Gauthier Toux<\/strong> aux claviers, <strong>Joaquim Machado<\/strong> \u00e0 la guitare, <strong>Samuel F\u2019hima<\/strong> \u00e0 la basse et <strong>Julien Loutelier<\/strong> \u00e0 la batterie, les seuls Fran\u00e7ais de cette \u00e9dition du Festival.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le changement d&rsquo;atmosph\u00e8re est radical. Leur musique \u00e9lectronique et psych\u00e9d\u00e9lique semble \u00e9pouser parfaitement celle de Bozcaada. Les corps commencent \u00e0 bouger, les jeunes comme les moins jeunes se laissent entra\u00eener par des sons telluriques et une pulsation qui invite davantage \u00e0 la danse qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9coute recueillie.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Alors une question vient naturellement : est-ce encore du jazz ?<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Gauthier Toux<\/strong> ne cherche pas vraiment \u00e0 esquiver la question. Il reconna\u00eet volontiers que la musique de Photons n&rsquo;est \u00ab plus tr\u00e8s jazz \u00bb. Mais ce d\u00e9placement est aussi une d\u00e9marche assum\u00e9e. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 les diff\u00e9rents territoires du jazz \u00ab classique \u00bb et de l&rsquo;improvisation, les quatre musiciens veulent retrouver quelque chose de plus imm\u00e9diat : le plaisir d&rsquo;une musique dansante, physique, collective.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et Bozcaada est probablement l&rsquo;endroit id\u00e9al pour cela. Dans ce festival crossover ouvert aux rencontres et au partage, <strong>Photons<\/strong> peut se permettre de brouiller les fronti\u00e8res. Le groupe s&rsquo;en donne \u00e0 c\u0153ur joie, et le public aussi.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Car derri\u00e8re cette apparente rupture avec le jazz, les quatre musiciens en sont pourtant de solides h\u00e9ritiers. Ils viennent de l&rsquo;improvisation, connaissent ses codes et ses libert\u00e9s, mais choisissent ici de les mettre au service d&rsquo;autre chose : le mouvement, la transe et l&rsquo;\u00e9nergie collective.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00c0 Bozcaada, le jazz n&rsquo;est donc peut-\u00eatre pas une musique que l&rsquo;on d\u00e9finit. C&rsquo;est une musique qu\u2019on r\u00e9interroge.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le Jazz change de forme sans cesser d&rsquo;\u00eatre lui-m\u00eame. Impermanence depuis toujours.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Une sc\u00e8ne en mouvement<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Je n&rsquo;ai malheureusement pas pu \u00e9couter tous les artistes de cette dixi\u00e8me \u00e9dition. Le programme dessinait pourtant un paysage particuli\u00e8rement ouvert : du jazz contemporain aux exp\u00e9rimentations, de l&rsquo;improvisation aux croisements avec d&rsquo;autres traditions musicales, le festival semblait une nouvelle fois multiplier les passerelles.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Une programmation qui ouvrait largement ses portes aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations et aux projets hybrides, confirmant cette volont\u00e9 de ne pas faire du jazz un territoire clos.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/VinsTalay.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"478\" \/><\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Sur la route des vins turcs<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Si vous devez prendre la route de Bozcaada l&rsquo;ann\u00e9e prochaine pour son festival de jazz, prenez la route des vins de Troie, la <em><a href=\"https:\/\/troiawineroute.com\/\">Troia Ba\u011f Yolu<\/a><\/em>, de Y\u00fckseltan \u00e0 Talay, en passant par plusieurs domaines qui perp\u00e9tuent une tradition viticole aussi ancienne que les histoires qui se sont racont\u00e9es ici.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Car le vin \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 lorsque les a\u00e8des chantaient les exploits des h\u00e9ros de Troie. Dans l&rsquo;<em>Odyss\u00e9e<\/em>, Ulysse fait boire du vin au g\u00e9ant Polyph\u00e8me et plus loin le Cyclope s&rsquo;endort ivre, ce qui permet \u00e0 Ulysse de l\u2019aveugler et de s&rsquo;enfuir.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les vignes, elles, ont continu\u00e9 de pousser depuis 8000 ans pendant que les hommes changeaient de nom, de langue et de dieux. Suivons alors la route qui m\u00e8ne \u00e0 la fois vers le pass\u00e9 et vers le pr\u00e9sent, de Troie \u00e0 T\u00e9n\u00e9dos, d&rsquo;Hom\u00e8re au Jazz, des vignes aux sc\u00e8nes du festival.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Canakale.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"478\" \/><\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>\u00c7anakkale, premi\u00e8re escale<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00c0 \u00c7anakkale, la mer semble donner son rythme \u00e0 la ville. Les rues descendent vers le d\u00e9troit, les terrasses d\u00e9bordent sur les trottoirs et, \u00e0 mesure que la journ\u00e9e avance, les caf\u00e9s se remplissent. On parle, on rit, on fume, on regarde passer les promeneurs. Rien ne semble press\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La lumi\u00e8re, elle aussi, para\u00eet diff\u00e9rente. Elle accroche les fa\u00e7ades color\u00e9es, les devantures des petits commerces, les tables dress\u00e9es sur les trottoirs. Dans les rues, les jeunes gens se retrouvent en groupes, les familles fl\u00e2nent et les jeunes femmes, souvent v\u00eatues de robes l\u00e9g\u00e8res, traversent la ville avec cette d\u00e9sinvolture que l&rsquo;on pourrait rencontrer \u00e0 Lisbonne, \u00e0 Marseille ou \u00e0 Ath\u00e8nes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Je m&rsquo;aper\u00e7ois alors que j&rsquo;\u00e9tais arriv\u00e9 avec quelques images toutes faites. La Turquie musulmane que j&rsquo;imaginais, sans doute \u00e0 travers des repr\u00e9sentations venues de loin, ne ressemblait pas tout \u00e0 fait \u00e0 celle que je d\u00e9couvrais ici o\u00f9 chacun semble avoir trouv\u00e9 sa mani\u00e8re de vivre ensemble.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<div style=\"width: 860px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Dr.-RUSTEM-ASLAN-.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"638\" \/><p class=\"wp-caption-text\"><span style=\"font-size: 14pt\"><em><span style=\"color: #000000\">Prof. Dr. R\u00fcstem Asalan &#8211; Mus\u00e9e et Site arch\u00e9ologique de Troie<\/span><\/em><\/span><\/p><\/div>\n<div style=\"text-align: justify\">\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Troie, quand le temps devient visible<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Quelques kilom\u00e8tres suffisent pour passer de cette ville vivante et contemporaine \u00e0 un paysage o\u00f9 le temps semble avoir empil\u00e9 ses traces.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00c0 Troie, les pierres ne racontent plus seulement une histoire : elles en portent plusieurs, superpos\u00e9es les unes aux autres. Dans le mus\u00e9e comme sur le site arch\u00e9ologique, les diff\u00e9rentes strates de la cit\u00e9 racontent une histoire qui ne cesse de se d\u00e9faire et de se reconstruire.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Une ville en recouvre une autre, les pierres changent de fonction, les civilisations passent et laissent derri\u00e8re elles des traces que les suivantes r\u00e9utilisent, transforment ou recouvrent.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">L&rsquo;impermanence n&rsquo;est alors plus une abstraction. Elle devient presque visible gr\u00e2ce au r\u00e9cit du <strong>Prof. Dr. R\u00fcstem Asalan.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Une pierre qui fut un mur devient fondation. Une fondation devient ruine. Une ruine devient objet de mus\u00e9e. Et un jour, quelqu&rsquo;un vient regarder cette pierre en essayant d&rsquo;imaginer ceux qui l&rsquo;avaient pos\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Curieusement, ce n&rsquo;est pas \u00e0 Bozcaada que j&rsquo;ai ressenti le plus fortement cette id\u00e9e, pourtant choisie comme th\u00e8me de cette dixi\u00e8me \u00e9dition du festival. Ni dans l&rsquo;\u00eele, qui semble au contraire cultiver une forme de permanence tranquille, ni dans le festival, qui donne davantage le sentiment d&rsquo;une sc\u00e8ne vivante, en mouvement, que d&rsquo;un monde appel\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">C&rsquo;est \u00e0 Troie que cette id\u00e9e m&rsquo;est apparue avec le plus de force.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Il y a quelque chose de vertigineux \u00e0 penser que, pendant des mill\u00e9naires, les hommes ont racont\u00e9 Troie, l&rsquo;ont transform\u00e9e par leurs r\u00e9cits, leurs po\u00e8mes et leurs l\u00e9gendes, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le mythe finisse par devenir \u00e0 son tour une strate de cette histoire.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La ville a disparu, mais son r\u00e9cit demeure. Le r\u00e9cit, lui aussi, a chang\u00e9. Et nous voici aujourd&rsquo;hui \u00e0 marcher entre les pierres, guid\u00e9s autant par ce que nous savons que par ce que nous imaginons.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Peut-\u00eatre est-ce finalement l\u00e0 que se rejoignent Troie et Bozcaada : non pas dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un monde qui dispara\u00eet, mais dans celle d&rsquo;une forme qui ne cesse de se transformer.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00c0 Troie, les civilisations se succ\u00e8dent. \u00c0 Bozcaada, les musiques se rencontrent.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Une voix rencontre un saxophone. Un groupe de jazz devient musique crossover. Un concert s&rsquo;ach\u00e8ve. Le vent se l\u00e8ve. Les lumi\u00e8res s&rsquo;\u00e9teignent.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et, dans les deux cas, quelque chose demeure en changeant de forme.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Peut-\u00eatre est-ce cela que voulait dire <em>Ge\u00e7icilik<\/em>. Non pas que tout dispara\u00eet. Mais que rien ne demeure exactement comme nous l&rsquo;avons rencontr\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Remerciements\u00a0:<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Loane Pauty-Assi\u00e9 du bureau de presse Pascale Venot<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><a href=\"https:\/\/tga.gov.tr\/en\">L\u2019Agence turque de promotion et de d\u00e9veloppement du tourisme<\/a> (TGA)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019Agence <a href=\"https:\/\/goturkiye.com\/\">Go Turkie<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Vildan Elif Bozkurt &#8211; <a href=\"https:\/\/troiawineroute.com\/\">troiawineroute.com<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les fr\u00e8res Necati et Hayati Talay du <a href=\"https:\/\/troiawineroute.com\/mirasin-tasiyicilari\/talay-sarapcilik\/\">domaine viticole Talay<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Prof. Dr. R\u00dcSTEM ASLAN du <a href=\"https:\/\/whc.unesco.org\/fr\/list\/849\/\">Site arch\u00e9ologique de Troie<\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ozan Can Bahce \u2013 guide touristique<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Coucher-de-soleil.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"478\" \/><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000;font-size: 14pt\">Photo \u00a9 Christian Cascio<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bozcaada &#8211; Carnet de voyage Difficile de prendre la route de Bozcaada sans prendre une carte pour trouver cette \u00eele trop peu connue au nom myst\u00e9rieux. 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