{"id":46318,"date":"2026-06-14T17:42:22","date_gmt":"2026-06-14T16:42:22","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=46318"},"modified":"2026-06-14T17:57:36","modified_gmt":"2026-06-14T16:57:36","slug":"morgenland-festival-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/morgenland-festival-2026\/","title":{"rendered":"Morgenland Festival 2026"},"content":{"rendered":"<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><b><span lang=\"FR-BE\">Soyons clairs : le Morgenland Festival n\u2019est heureusement pas la version allemande de Tomorrowland. <\/span><\/b><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Osnabr\u00fcck, dans le nord de l\u2019Allemagne, en 2005, le festival s\u2019est donn\u00e9 pour mission de faire d\u00e9couvrir toute la richesse des cultures musicales orientales. Dans un contexte de guerre inutile men\u00e9e par un despote narcissique, ce festival nous fait oublier pour quelques jours le monde dystopique dans lequel nous sommes plong\u00e9s malgr\u00e9 nous. \u00c0 raison de deux \u00e0 trois concerts par soir\u00e9e, l\u2019\u00e9dition 2026 s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e du 29 mai au 6 juin.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">D\u00e9passant largement le cadre des musiques orientales traditionnelles, le festival s\u2019ouvre \u00e0 de multiples esth\u00e9tiques, dont le jazz, et agit comme un v\u00e9ritable pont entre les cultures \u2014 \u00ab <i>Al Qantara<\/i> \u00bb en arabe, titre d\u2019un album du musicien marocain <b>Majid Bekkas<\/b>. Cette vocation s\u2019incarne notamment dans des rencontres artistiques telles que celle r\u00e9unissant la chanteuse ukrainienne <b>Ganna Gryniva<\/b> et la percussionniste <b>Laura Robles<\/b>, n\u00e9e en Eswatini et \u00e9lev\u00e9e au P\u00e9rou.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">Le 2 juin, c\u2019est dans le cadre intimiste de la <i>Bergkirche<\/i> qu\u2019un autre duo prenait place. La contrebassiste fran\u00e7aise <b>Sarah Murcia<\/b>, qui vient de f\u00eater ses 50 ans, figure parmi les personnalit\u00e9s les plus cr\u00e9atives du jazz europ\u00e9en actuel. Sa pr\u00e9sence au <b><i>Morgenland Festival<\/i><\/b> s\u2019inscrivait parfaitement dans la volont\u00e9 de la manifestation de mettre en lumi\u00e8re les musiques de demain. Rejointe sur sc\u00e8ne par la chanteuse et oudiste palestinienne <b>Kamilya Jubran<\/b>, , les deux amatrices de billard (elles devaient passer le reste de la soir\u00e9e autour d&rsquo;une table de leur jeu favori) ont montr\u00e9 leur grande connivence tout au long d&rsquo;un concert marqu\u00e9 par des sonorit\u00e9s clairement orientales. Au fil de ses compositions, <b>Kamilya Jubran<\/b> a entra\u00een\u00e9 le public dans un voyage musical o\u00f9 les cordes de son oud semblaient prolonger naturellement les inflexions de sa voix. Face \u00e0 elle, la contrebasse de <b>Sarah Murcia<\/b> profitait pleinement de l\u2019acoustique quasi parfaite de l\u2019\u00e9glise r\u00e9form\u00e9e. Seule la pluie, martelant parfois le toit du b\u00e2timent, venait distraire momentan\u00e9ment l\u2019attention d\u2019un auditoire manifestement conquis.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">Plus tard dans la soir\u00e9e, \u00e0 la <i>Lagerhalle<\/i>, salle principale et quartier g\u00e9n\u00e9ral du festival, le guitariste iranien <b>Mahan Mirarab<\/b> pr\u00e9sentait <em>UNSPOKEN<\/em>, son premier album publi\u00e9 chez ACT Music. Plusieurs pi\u00e8ces du disque \u00e9tant interpr\u00e9t\u00e9es en solo, c\u2019est naturellement seul, muni de sa guitare \u00e0 double manche, qu\u2019il entama son concert. Son langage musical singulier, \u00e0 la crois\u00e9e des traditions persanes et du jazz contemporain, est le fruit de longues ann\u00e9es de recherche et d\u2019exp\u00e9rimentation. Il a \u00e9galement pris son temps pour \u00e9crire et enregistrer des th\u00e8mes parfois tr\u00e8s personnels tels que ceux d\u00e9di\u00e9s \u00e0 sa grand-m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e durant l&rsquo;enregistrement de l&rsquo;album. Apr\u00e8s deux pi\u00e8ces en solo, le guitariste fut rejoint par le percussionniste autrichien <b>Bernhard Schimpelsberger<\/b>. <\/span><\/p>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-46325\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_351.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_351.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_351-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_351-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Ensemble, les deux musiciens entra\u00een\u00e8rent parfois l\u2019auditoire vers des horizons indiens gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9changes de chant carnatique. Le duo devint ensuite trio avec l\u2019arriv\u00e9e de la tromboniste australienne Shannon Barnett, figure incontournable de la sc\u00e8ne jazz de Cologne. Si ni Schimpelsberger ni Barnett ne participent \u00e0 l\u2019album, la chanteuse Golan Shayar, compagne de Mahan Mirarab, fit une apparition surprise en fin de concert, notamment sur <em>Lars in Isfahan<\/em>, une composition d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Lars Danielsson et enregistr\u00e9e dans le studio du violoncelliste \u00e0 G\u00f6teborg.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">Le lendemain, la sc\u00e8ne jazz britannique occupait la Lagerhalle avec la venue de <b>Yazz Ahmed<\/b>. Britannique par son p\u00e8re et bahre\u00efnienne par sa m\u00e8re, la trompettiste cultive ses multiples racines \u00e0 travers un jazz contemporain aux accents orientaux et aux atmosph\u00e8res parfois contemplatives. Arriv\u00e9e de Londres la veille sans ses bagages, elle \u00e9tait accompagn\u00e9e de ses compatriotes <b>Ralph Wyld<\/b> au vibraphone, <b>Dave Manington<\/b> \u00e0 la basse et <b>Rod Young<\/b> \u00e0 la batterie, qui a succ\u00e9d\u00e9 au regrett\u00e9 Martin France, disparu en 2024.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-46323\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_414.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_414.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_414-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/insta_WB_414-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 juste titre comme l\u2019un des meilleurs batteurs de sa g\u00e9n\u00e9ration, Martin France a largement contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement artistique de <b>Yazz Ahmed<\/b>. Son absence demeure aujourd\u2019hui encore perceptible au sein de cette formation.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"isselectedend\"><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">Pr\u00e9sente \u00e0 chaque concert, la nouvelle et enthousiaste directrice artistique du <i>Morgenland Festival,<\/i> <b>Shabnam Parvaresh<\/b>, a propos\u00e9 une programmation particuli\u00e8rement \u00e9clectique, reflet fid\u00e8le des musiques d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. Clarinettiste et ancienne membre de l\u2019Orchestre symphonique de T\u00e9h\u00e9ran, elle avait d\u00e9couvert l\u2019Allemagne \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une pr\u00e9c\u00e9dente \u00e9dition du festival \u00e0 Osnabr\u00fcck.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">L\u2019occasion de rappeler qu\u2019\u00e0 la suite des trait\u00e9s de paix de 1648 mettant fin \u00e0 la guerre de Trente Ans, Osnabr\u00fcck et M\u00fcnster re\u00e7urent le titre honorifique de \u00ab villes de la paix \u00bb. Une r\u00e9f\u00e9rence qui r\u00e9sonne particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 de nombreux conflits continuent de marquer l\u2019actualit\u00e9 internationale. Si la guerre reprend parfois lorsque la musique s\u2019arr\u00eate, le <a href=\"https:\/\/morgenland-festival.com\/en\/\"><i>Morgenland Festival<\/i><\/a> rappelle, le temps d\u2019une semaine, combien celle-ci demeure l\u2019un des plus puissants langages de dialogue entre les peuples.<\/span><\/p>\n<p><span lang=\"FR-BE\" style=\"font-size: 14pt;\">\u00a9Photos Morgenland Jazz Festival.<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soyons clairs : le Morgenland Festival n\u2019est heureusement pas la version allemande de Tomorrowland. 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