{"id":44626,"date":"2025-12-10T16:53:22","date_gmt":"2025-12-10T15:53:22","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=44626"},"modified":"2025-12-10T16:53:22","modified_gmt":"2025-12-10T15:53:22","slug":"ramon-lopez-40-springs-in-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/ramon-lopez-40-springs-in-paris\/","title":{"rendered":"Ramon Lopez &#8211; 40 Springs in Paris"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Les nouveaux printemps de Ramon Lopez.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Le batteur Ramon Lopez sort un disque en solo, <em>40 Springs in Paris<\/em>, qui f\u00eate ses 40 ans de jazz en France. Sa batterie aux couleurs vives et aux frappes d\u00e9licates scintille de mille feux.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Entretien avec Franck M\u00e9dioni.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La musique est entr\u00e9e dans ma vie comme une r\u00e9v\u00e9lation soudaine. Je n\u2019avais ni tradition musicale autour de moi ni h\u00e9ritage sonore \u00e0 suivre. J\u2019ai d\u00e9couvert la musique dans les ann\u00e9es 70 \u00e0 travers la batterie, et \u00e0 partir de l\u00e0, le jazz est venu \u00e0 moi naturellement.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00c0 l\u2019occasion d\u2019une f\u00eate au coll\u00e8ge j\u2019ai vu une batterie sur une petite sc\u00e8ne. Le simple fait de voir cet instrument m\u2019a profond\u00e9ment marqu\u00e9. D\u00e8s le lendemain, je me suis gliss\u00e9 discr\u00e8tement dans cette petite salle et j\u2019ai jou\u00e9 chaque f\u00fbt, chaque cymbale en collant l\u2019oreille pour entendre au-del\u00e0 de la derni\u00e8re vibration. J\u2019ai rapidement trouv\u00e9 d\u2019autres jeunes musiciens pour jouer du rock et des reprises des morceaux qu\u2019on \u00e9coutait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, jusqu\u2019au jour o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9couvert les premiers albums de Weather Report, les disque Blue Note avec Wayne Shorter, les albums Impulse de Coltrane, Miles Davis\u2026 L\u2019impact a \u00e9t\u00e9 si puissant qu\u2019il a compl\u00e8tement transform\u00e9 ma vie.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Batterie<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La batterie est un instrument fascinant et complexe. Un univers \u00e0 elle seule !\u00a0 Elle relie la pulsation du c\u0153ur humain au souffle du monde. Quand on s\u2019assoit derri\u00e8re un drumset, on n\u2019est plus seulement musicien, on devient architecte du rythme, sculpteur du temps. Chaque \u00e9l\u00e9ment forme un vocabulaire sonore infini, un langage que l\u2019on apprend \u00e0 \u00e9couter avant de parler. C\u2019est un d\u00e9fi passionnant de la maitriser. Mais il ne faut jamais oublier l\u2019essentiel\u00a0: la musique. En se concentrant sur la technique, on peut parfois perdre de vue l\u2019aspect musical et l\u2019\u00e9motion qu\u2019elle peut transmettre. Derri\u00e8re chaque frappe, il doit y avoir une intention, une \u00e9motion. C\u2019est ce qui me touche et que j\u2019essaie humblement de transmettre.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La fonction du batteur dans un orchestre, et particuli\u00e8rement dans un orchestre de jazz, d\u00e9passe le simple \u00ab maintien du tempo \u00bb. C\u2019est bien plus que \u00e7a ! Le batteur respire avec le groupe, il fa\u00e7onne l\u2019air autour de la musique.\u00a0C\u2019est un peu comme un pilote dans le cockpit. Devant lui, une multitude de commandes, de lumi\u00e8res, de leviers. Chaque geste peut modifier le climat du vol, l\u2019altitude de l\u2019\u00e9nergie, la direction du morceau. Parfois il stabilise, parfois il fait plonger ou d\u00e9coller tout l\u2019ensemble. Le batteur, c\u2019est celui qui fait voler la musique !<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">On m\u2019a souvent coll\u00e9 des \u00e9tiquettes. Batteur coloriste, percussionniste, ou autre. Honn\u00eatement, \u00e7a me fait sourire. Je comprends que les gens cherchent \u00e0 mettre des mots, mais au fond, je suis batteur, tout simplement. C\u2019est l\u2019instrument que je pratique depuis toujours et c\u2019est \u00e0 travers lui que j\u2019ai construit ma relation \u00e0 la musique.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Si j\u2019explore d\u2019autres sons, d\u2019autres cultures, c\u2019est parce que la batterie m\u2019a toujours ouvert \u00e0 \u00e7a. \u00c0 la curiosit\u00e9, \u00e0 la couleur, \u00e0 la diversit\u00e9. Mais \u00e7a ne change pas ma nature profonde.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les batteurs contemporains, eux aussi, \u00e9coutent, dialoguent, peignent avec des sons. Ils gardent le c\u0153ur rythmique, bien s\u00fbr, mais ils ouvrent en m\u00eame temps la palette expressive de l\u2019instrument.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Papa Jo Jones, Max Roach, Elvin Jones\u2026<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les premiers \u00e9chos de ma batterie viennent des l\u00e9gendes : Papa Jo Jones, Max Roach, Tony Williams, Elvin Jones. Ces ma\u00eetres ont trac\u00e9 les lignes de mon langage d\u00e8s mes d\u00e9buts. Puis, avec le temps, d\u2019autres g\u00e9n\u00e9rations de batteurs sont venues \u00e9largir ma vision : Jack DeJohnette, Paul Motian, ainsi que des figures europ\u00e9enness comme Daniel Humair ou Paul Lovens. Au-del\u00e0 du jazz, ma curiosit\u00e9 m\u2019a plong\u00e9 profond\u00e9ment dans d\u2019autres mondes sonores. J\u2019ai pratiqu\u00e9 et enseign\u00e9 au C.N.S.M. la musique indienne, explor\u00e9 les rythmes du flamenco et int\u00e9gr\u00e9 des percussions traditionnelles dans mon set de batterie.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pourtant, au-del\u00e0 de toutes ces voix grav\u00e9es dans le temps, ce sont les musiciens avec qui je joue aujourd\u2019hui qui r\u00e9sonnent le plus fort en moi. Chaque sc\u00e8ne partag\u00e9e est une rencontre vivante, un \u00e9change o\u00f9 l\u2019on apprend autant des silences que des sons.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Max Roach a \u00e9t\u00e9 l\u2019une de mes premi\u00e8res d\u00e9couvertes et j\u2019\u00e9prouve pour lui un amour inconditionnel.\u00a0Dans les instants de doute, c\u2019est vers lui que je me tourne. Sa musique, tel un souffle, me redonne vie, m\u2019inspire \u00e0 nouveau et me rappelle pourquoi je continue.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En 1980, au Festival de Jazz de Madrid, Max Roach se produisait avec M\u2019Boom en premi\u00e8re partie, suivi de l\u2019Art Ensemble of Chicago. Mais ni ses musiciens ni son mat\u00e9riel n\u2019\u00e9taient arriv\u00e9s \u00e0 cause de la neige. Seul sur sc\u00e8ne, il a improvis\u00e9 un solo magistral. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai entendu pour la premi\u00e8re fois en <em>live<\/em> ce son unique !<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Je l\u2019ai ensuite vu r\u00e9guli\u00e8rement en solo \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es 80 et d\u00e9but 90. C\u2019est lui qui a sem\u00e9 en moi l\u2019id\u00e9e que je pourrais un jour jouer en solo de batterie. Mon troisi\u00e8me disque en solo <em>40 Springs in Paris<\/em>\u00a0 en t\u00e9moigne aujourd\u2019hui.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Et puis, un jour au Festival de La Havane, en 1998, o\u00f9 j\u2019ai jou\u00e9 avec Chano Dominguez, j\u2019ai v\u00e9cu une rencontre d\u00e9cisive avec lui. Au programme, Jack DeJohnette et Max Roach en solo. Je l\u2019ai vu en coulisses, observant DeJohnette avec attention. Impossible de r\u00e9sister, je me suis approch\u00e9, je lui ai dit combien toute son \u0153uvre comptait pour moi, pour la musique. J\u2019avais l\u2019impression de parler \u00e0 un grand-p\u00e8re. Il a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9. Puis il est sorti faire son solo, accueilli par une ovation extraordinaire. Pendant son concert, je l\u2019ai vu en train de me regarder en coulisses, du coin de l\u2019\u0153il. Ce fut un instant d\u2019\u00e9motion pure.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Alicante &#8211; Paris<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">J\u2019ai quitt\u00e9 Alicante parce que dans les ann\u00e9es 80, la sc\u00e8ne jazz en Espagne \u00e9tait encore en d\u00e9veloppement, avec quelques rares musiciens \u00e9parpill\u00e9s, principalement \u00e0 Madrid et Barcelone. Il est important de se rendre compte de l\u2019isolement culturel et l\u2019impact du franquisme sur la musique, afin de comprendre comment l\u2019Espagne a \u00e9volu\u00e9 musicalement, apr\u00e8s des d\u00e9cennies d\u2019isolement.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Je jouais d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Alicante depuis une bonne dizaine d\u2019ann\u00e9es et j\u2019\u00e9tais conscient des possibilit\u00e9s en France. J\u2019avais eu entre mes mains des revues de jazz publi\u00e9es en France,\u00a0je savais qu\u2019il y avait beaucoup de musiciens, et notamment des musiciens am\u00e9ricains qui \u00e9tait install\u00e9s \u00e0 Paris, de nombreux festivals. C\u2019\u00e9tait donc le moment id\u00e9al pour tenter l\u2019aventure.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En tant que jeune musicien arriv\u00e9 \u00e0 Paris en 1985, j\u2019ai vu la ville comme une vaste sc\u00e8ne o\u00f9 chaque coin de rue r\u00e9sonnait d\u2019opportunit\u00e9s et de rencontres. Pour le jeune Alicantino qui avait quitt\u00e9 son pays et sa famille, Paris \u00e9tait un m\u00e9lange de myst\u00e8re et de promesses.\u00a0\u00c0 mon arriv\u00e9, j\u2019\u00e9tais plein d\u2019espoir et d\u2019enthousiasme. Cependant, j\u2019ai d\u00e9couvert que le chemin \u00e9tait plus complexe et sem\u00e9 d\u2019obstacles que ce \u00e0 quoi je m\u2019attendais, particuli\u00e8rement au d\u00e9but de mon parcours. Pourtant, les sentiers de la musique, tout comme ceux de l\u2019art, n\u2019offrent aucun chemin trac\u00e9 d\u2019avance.\u00a0Le succ\u00e8s ne r\u00e9side pas seulement dans l\u2019accomplissement d\u2019un r\u00eave, mais dans la profondeur du voyage.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En cinquante ans de musique, je pourrais \u00e9voquer mille rencontres, des sc\u00e8nes partag\u00e9es, des moments rares v\u00e9cus avec de nombreux musiciens remarquables, mais ce qui me touche, ce sont ces instants suspendus o\u00f9 tout s\u2019accorde : une respiration commune, un regard, un silence charg\u00e9 d\u2019\u00e9coute.\u00a0La musique n\u2019est pas un palmar\u00e8s, c\u2019est un dialogue \u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui, parfois, relie les \u00eatres d\u2019une mani\u00e8re qu\u2019aucune parole ne saurait d\u00e9crire.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>L\u2019O.N.J. &amp; Barry Guy<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il y a eu, au cours des ann\u00e9es 1997- 2000, mon exp\u00e9rience au sein de l\u2019<em>Orchestre National de Jazz<\/em>. L\u2019orchestre du passage au XXI\u00e8me si\u00e8cle ! Quelle aventure !\u00a0Trois ans avec l\u2019<em>Orchestre National de Jazz<\/em> de mon Ami Didier Levallet. Trois disques, des concerts aux quatre coins du monde, et une aventure humaine d\u2019une intensit\u00e9 rare avec de musiciens formidables. Un vrai labyrinthe de sons, d\u2019\u00e9motions et de rencontres. Une aventure qui m\u2019habite encore. Merci \u00e0 Didier de m\u2019avoir ouvert cette porte.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Une autre rencontre importante, c\u2019est celle avec le conhtrebassiste Barry Guy. Avec Barry Guy, et depuis notre premier enregistrement en trio avec Agusti Fernandez, <em>Aurora,<\/em> en \u00a02006, on n\u2019a pas cess\u00e9 de jouer ensemble dans toute sortes de formations, du duo au grand orchestre \u00ab <em>The Blue Shroud<\/em> \u00bb. On a enregistr\u00e9 une bonne vingtaine de CDs, c\u2019est le musicien avec lequel j\u2019ai le plus enregistr\u00e9 dans ma vie. Un parcours rare, et au fil de ann\u00e9es notre complicit\u00e9 s\u2019est profond\u00e9ment renforc\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">C&rsquo;est fabuleux de pouvoir \u00e9galement faire partie des grandes formations de Barry ! La musique est magnifique et l\u2019\u00e9quilibre entre une \u00e9criture tr\u00e8s exigeante et l\u2019improvisation est vraiment rare et pr\u00e9cieux. Et en ce qui concerne les musiciens, nous sommes quatorze membres venus d\u2019une dizaine de nationalit\u00e9s diff\u00e9rentes, et nous formons v\u00e9ritablement une grande famille, pleine de bienveillance. C\u2019est sans doute l\u2019une des exp\u00e9riences les plus enrichissantes et les plus gratifiantes de ma carri\u00e8re.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Barry est vraiment extraordinaire, un musicien unique et un ami pr\u00e9cieux.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il y a eu aussi le trio avec Joachim K\u00fchn et Majjid Bekkas. C\u2019est une histoire de musique, bien s\u00fbr, mais avant tout une histoire humaine. On venait de mondes tr\u00e8s diff\u00e9rents. Trois univers, trois histoires, trois cultures.\u00a0Un ovni-entour\u00e9-de-nuages-de-fum\u00e9e\/l\u00e9gende vivante du jazz europ\u00e9en, un gnaoua transe\/terre\/sagesse et un alicantino camaronero\/lorquiano. Pourtant, une seule respiration. Une conversation entre les continents. Pendant vingt ans, on a tout partag\u00e9. Les sc\u00e8nes, les voyages, l\u2019amiti\u00e9. Cinq disques, un film \u00e0 travers le Sahara, et surtout des centaines de concerts partout dans le monde. C\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un trio. Une folie magnifique, une aventure humaine et sonore qui nous a d\u00e9pass\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 18pt;\"><strong><em>40 Springs in Paris<\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pour moi, les solos sont de moments d\u2019intimit\u00e9 profonde avec ma batterie. C\u2019est un espace o\u00f9 je peux explorer librement la r\u00e9sonance et la texture de la batterie, une qu\u00eate d&rsquo;expression pure et authentique.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En comparaison avec mes deux premiers solos, (<em>Eleven Drums Songs<\/em>1998 et <em>Swinging with Doors<\/em> 2007, tous les deux apparus sur le label Leo Records), le dernier <em>40 Springs in Paris<\/em> chez RogueArt, refl\u00e8te \u00e0 la fois une \u00e9volution naturelle de ma technique et de ma musique sur les vingt ans qui s\u00e9parent les deux enregistrements, mais \u00e9galement, une qu\u00eate de simplicit\u00e9 et d\u2019authenticit\u00e9 pour toucher l\u2019auditeur de mani\u00e8re plus profonde et sinc\u00e8re. En fin de compte, cette qu\u00eate n\u2019\u00e9tait pas consciemment planifi\u00e9e. L\u2019enregistrement \u00e9tait avant tout un instant d\u2019improvisation.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Je me suis retrouv\u00e9 en studio \u00e0 Barcelone pour l\u2019enregistrement du trio \u00ab Ephemeral Shapes \u00bb 2024, sur le label polonais Fundacja Sluchaj, avec Ivo Perelman et Aruan Ortiz. Le lendemain de cette s\u00e9ance, j\u2019ai r\u00e9serv\u00e9 le studio trois heures, vu que la batterie \u00e9tait install\u00e9e et le merveilleux ing\u00e9nieur du son Ferran Conangla \u00e9tait disponible. Le disque, totalement improvis\u00e9, a ainsi vu le jour.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le solo de batterie ne se limite pas \u00e0 une simple photo d\u2019un instant.\u00a0C\u2019est le miroir d\u2019une longue aventure musicale, marqu\u00e9e par des d\u00e9cennies de passion. En pr\u00e8s de cinquante ans de carri\u00e8re, je n\u2019ai enregistr\u00e9 que trois solos, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 une prise de parole tous les quinze ans. Chaque nouvelle \u0153uvre traduit un besoin profond, une \u00e9tape de ma d\u00e9marche artistique, une qu\u00eate de sens qui m\u2019habite. Peut-\u00eatre est-ce le dernier.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avec le temps, je cherche \u00e0 mettre plus de lumi\u00e8re, plus de transparence dans mon jeu. J\u2019\u00e9coute mes anciens enregistrements avec exigence, mais aussi avec bienveillance. Le son change, la respiration s\u2019ouvre, et j\u2019ai le sentiment d\u2019avancer dans la bonne direction.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Musique et peinture <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Dans mon parcours artistique, la peinture n\u2019est pas une nouveaut\u00e9, mais plut\u00f4t une extension naturelle de mes exp\u00e9riences artistiques. Ayant \u00e9t\u00e9 immerg\u00e9 dans l\u2019univers de la photographie d\u00e8s mon enfance, gr\u00e2ce \u00e0 mon p\u00e8re et \u00e0 mon grand-p\u00e8re qui \u00e9taient photographes, j\u2019ai toujours nourri un profond respect et une curiosit\u00e9 pour les arts visuels. Contrairement \u00e0 la musique, partag\u00e9e avec d\u2019autres musiciens et nourrie par l\u2019\u00e9coute r\u00e9ciproque, la peinture m\u2019offre une solitude plus introspective. Elle demande patience, observation, un rapport presque m\u00e9ditatif au temps. Pourtant, dans les deux cas, il s\u2019agit d\u2019un m\u00eame \u00e9lan cr\u00e9atif. Chercher l\u2019\u00e9quilibre, capter l\u2019\u00e9nergie du moment, faire vibrer ce que l\u2019on ressent pour le rendre visible ou audible. Autrefois, ma vie \u00e9tait enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la musique, mais depuis vingt ans j\u2019ai trouv\u00e9 un \u00e9quilibre. Quand je ne suis pas sur sc\u00e8ne, je consacre tout mon temps \u00e0 l\u2019atelier. La peinture est devenu ma deuxi\u00e8me vie !<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Disque <em>40 Springs in Paris<\/em> de Ramon Lopez <\/span><\/strong><span style=\"font-size: 14pt;\">est sorti sous le label <\/span><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00a0Rogueart.<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a9Photo Header Ivan Mahieu<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les nouveaux printemps de Ramon Lopez. Le batteur Ramon Lopez sort un disque en solo, 40 Springs in Paris, qui f\u00eate ses 40 ans de jazz en France. 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