{"id":43841,"date":"2025-05-25T22:27:53","date_gmt":"2025-05-25T21:27:53","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=43841"},"modified":"2025-08-13T17:03:43","modified_gmt":"2025-08-13T16:03:43","slug":"con-chapman-don-byas-sax-expat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/con-chapman-don-byas-sax-expat\/","title":{"rendered":"Con Chapman &#8211; Don Byas, Sax Expat"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Carlos Don Byas (1913-1972) figure parmi les grands saxophonistes de l&rsquo;histoire du jazz comme l&rsquo;attestent la qualit\u00e9 d&rsquo;ensemble et la vari\u00e9t\u00e9 de sa production discographique. <\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ses coll\u00e8gues le consid\u00e9raient comme une r\u00e9f\u00e9rence incontournable en mati\u00e8re de saxophone t\u00e9nor et son jeu virtuose a influenc\u00e9 des personnalit\u00e9s du calibre de Lucky Thompson, Johnny Griffin et Benny Golson.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pourtant sa popularit\u00e9 aupr\u00e8s du public, bien que r\u00e9elle, ne fut jamais \u00e0 la hauteur de son\u00a0 \u00a0talent qui en faisait un des jazzmen les plus \u00e9volu\u00e9s de son temps.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">S&rsquo;appuyant sur une bibliographie imposante et confrontant ses sources aux t\u00e9moignages des acteurs de l&rsquo;\u00e9poque, <strong>Con Chapman<\/strong> pr\u00e9sente ici, avec la comp\u00e9tence, l&rsquo;objectivit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9rudition qui avaient assur\u00e9 le succ\u00e8s de ses pr\u00e9c\u00e9dents ouvrages*, une mise en perspective objective de la trajectoire d&rsquo;un jazzman d&rsquo;exception.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les premiers chapitres du livre \u00e9voquent les d\u00e9buts de <strong>Don Byas<\/strong> lorsqu&rsquo;il jouait de l&rsquo;alto, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 20, au sein de l&rsquo;ensemble de Benny Moten, et son s\u00e9jour en Californie o\u00f9 il parfait son art au saxophone t\u00e9nor en compagnie des groupes de Lionel Hampton (1933), Eddie Barefield et Buck Clayton (1936).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Don Byas<\/strong> est donc un musicien exp\u00e9riment\u00e9 quand il d\u00e9barque vers 1937 \u00e0 New York pour accompagner Ethel Waters avec la formation d&rsquo;Eddie Mallory. S&rsquo;imposant tr\u00e8s vite sur la sc\u00e8ne locale, il fr\u00e9quente assidument les jam sessions du Minton et les clubs de la 52<sup>e<\/sup> rue et enregistre son premier disque \u00e0 l&rsquo;initiative du baron Timme Rosenkrantz qui jouera un r\u00f4le important dans sa carri\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Devenu un acteur appr\u00e9ci\u00e9 de la sc\u00e8ne locale, il int\u00e8gre, en 1941, l&rsquo;orchestre de Count Basie dont il devient l&rsquo;une des vedettes et signe, le 17 novembre, un solo d&rsquo;anthologie dans <em>Harvard Blues<\/em>. Tr\u00e8s sollicit\u00e9, <strong>Byas<\/strong> collabore alors avec des musiciens de toute ob\u00e9dience et produit pour des petits labels de nombreux disques de qualit\u00e9. On y trouve une superbe interpr\u00e9tation de <em>These Foolish Things<\/em> avec Hot Lips Page et une version magnifique de <em>Laura<\/em>, une ballade tir\u00e9e du film \u00e9ponyme d&rsquo;Otto Preminger qui lui est depuis associ\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" style=\"border-radius: 12px;\" src=\"https:\/\/open.spotify.com\/embed\/track\/0URX3SMSHiPBIedvvc1s9S?utm_source=generator\" width=\"100%\" height=\"352\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">L&rsquo;auteur analyse ensuite l&rsquo;influence de Coleman Hawkins sur le style de son h\u00e9ros, particuli\u00e8rement apparente dans sa mani\u00e8re voluptueuse de jouer les ballades et de swinguer avec fougue en tempo rapide, mais aussi dans sa fa\u00e7on de signer une improvisation sur une s\u00e9quence d&rsquo;accords sans relation apparente, du moins \u00e0 premi\u00e8re vue, avec la m\u00e9lodie initiale du morceau, le tout port\u00e9 par une technique de virtuose.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Viennent ensuite l&rsquo;invention m\u00e9lodique h\u00e9rit\u00e9e d&rsquo;Art Tatum dont il reproduisait au saxophone les solos de piano, et l&rsquo;importance du son fort justement soulign\u00e9e par Pierre Voran : \u00ab\u00a0<em>Don Byas privil\u00e9giait \u00e0 toute chose le son : il soufflait une seule note, il la tenait, il la gonflait, ample et magnifique. Chaque note \u00e9tait belle comme une cath\u00e9drale<\/em>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cependant, le fait d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le disciple le plus dou\u00e9 de Coleman Hawkins fait que <strong>Don Byas<\/strong> restera toujours dans son ombre, ce qui entra\u00eenera une sentiment de frustration qui ne le quittera plus. Ne s&rsquo;estimant pas reconnu \u00e0 sa juste valeur dans son pays, il part en 1946 pour l&rsquo;Europe avec Don Redman et son orchestre. S\u00e9duit par l&rsquo;accueil qui lui fut r\u00e9serv\u00e9, il y restera.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Apr\u00e8s un s\u00e9jour en Espagne, <strong>Don Byas<\/strong> s&rsquo;installe \u00e0 Paris o\u00f9 il se sent comme chez lui. Boris Vian lui a d&rsquo;ailleurs consacr\u00e9 un chapitre plein d&rsquo;humour dans son manuel de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s o\u00f9 l&rsquo;on lit : \u00ab\u00a0&#8230;<em>coureur imp\u00e9nitent est facilement la proie du sexe faible pour lequel il a trop de faiblesse..<\/em>.\u00a0\u00bb.\u00a0 L&rsquo;\u00e9t\u00e9, il est \u00e0 Saint-Tropez o\u00f9 il pratique la chasse sous-marine. On le voit aussi beaucoup dans les studios d&rsquo;enregistrement avec la fine fleur des musiciens fran\u00e7ais et en compagnie de compatriotes de passage sur le Vieux Continent comme la grande Mary Lou Williams rencontr\u00e9e chez Andy Kirk et la s\u00e9duisante pianiste-chanteuse Beryl Booker.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En 1955, il vit \u00e0 Amsterdam avec Johanna \u00ab\u00a0Jopie\u00a0\u00bb Eksteen, son \u00e9pouse, et participe \u00e0 la tourn\u00e9e Jazz at The Philharmonic de 1960 qui fait salle comble \u00e0 Pleyel. La suite est moins heureuse. En 1970, un retour dans son pays natal se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9cevant. Celui que Johnny Griffin surnommait l&rsquo;Art Tatum du saxophone t\u00e9nor, s&rsquo;\u00e9teindra le 24 ao\u00fbt 1972 d&rsquo;un cancer du poumon. R\u00e9dig\u00e9 avec soin, cet ouvrage comble une lacune de la litt\u00e9rature jazzistique en rendant un juste hommage \u00e0 un grand musicien. Il est donc indispensable.<\/span><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/youtu.be\/97GPrX-KtBw?si=nXYsT4_PTrR0KROY\">Voir Vid\u00e9o <\/a><\/strong><span style=\"font-size: 14pt;\">&lsquo;<em>I Remember Clifford&rsquo; Live at the Village Vanguard &#8211; 1970<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Con Chapman &#8211; Don Byas, Sax Expat<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">University Press of Mississippi, 15 avril 2025<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">258 pages, 25 illustrations<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">* \u00ab\u00a0Rabbit&rsquo;s Blues: The Life and Music of Johnny Hodges\u00a0\u00bb, Oxford University Press Inc (2019), et \u00ab\u00a0Kansas City Jazz: A Little Evil Will Do You Good\u00a0\u00bb, Equinox Publishing Ltd (2023) de Con Chapman.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carlos Don Byas (1913-1972) figure parmi les grands saxophonistes de l&rsquo;histoire du jazz comme l&rsquo;attestent la qualit\u00e9 d&rsquo;ensemble et la vari\u00e9t\u00e9 de sa production discographique. 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