{"id":42183,"date":"2024-11-27T10:51:42","date_gmt":"2024-11-27T09:51:42","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=42183"},"modified":"2024-11-28T22:19:57","modified_gmt":"2024-11-28T21:19:57","slug":"vilnius-jazz-festival-16-20-10-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/vilnius-jazz-festival-16-20-10-2024\/","title":{"rendered":"Vilnius Jazz Festival 16-20\/10\/2024"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><strong><span style=\"font-size: 14pt\">Vilnius Jazz en est \u00e0 sa 37<sup>i\u00e8me<\/sup> \u00e9dition, qui est pour moi la seconde puisque j\u2019y suis venu pour la premi\u00e8re fois l\u2019an dernier (<a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/vilnius-jazz-festival-12-16-10-2023\/\">voir l\u2019article sur couleursjazz.fr<\/a>)<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong><span style=\"color: #800000\">Premier soir<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et \u00e7a commence par une s\u00e9rie de duos tr\u00e8s vari\u00e9s puisque le premier r\u00e9unit deux figures historiques de la culture \u2014 et pas que \u2014 lituanienne\u00a0: le batteur-percussionniste septuag\u00e9naire <strong>Vladimir Tarasov<\/strong>, n\u00e9 en Russie mais \u00e9tabli \u00e0 Vilnius depuis plusieurs d\u00e9cennies et le po\u00e8te nonag\u00e9naire (il f\u00eatera son 92<sup>i\u00e8me<\/sup> anniversaire le surlendemain du concert de ce soir) <strong>Vytautas Landsbergis<\/strong>, sur lequel il me faut vous donner quelques renseignements :<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">musicologue, joueur d\u2019\u00e9checs, po\u00e8te et homme politique, <strong>Landsbergis<\/strong> a \u00e9t\u00e9 le premier pr\u00e9sident de la Lituanie lib\u00e9r\u00e9e du joug sovi\u00e9tique. C\u2019est donc une l\u00e9gende vivante, une figure tut\u00e9laire de p\u00e8re symbolique \u2014 un type d\u2019homme qu\u2019on ne trouve plus dans notre Hexagone exigu \u2014 qui s\u2019avance sur sc\u00e8ne en s\u2019appuyant sur sa cane. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et c\u2019est <strong>Tarasov<\/strong> qui d\u00e9marre le concert de fa\u00e7on hyper m\u00e9lodique et \u00e9conome sur son kit hypertrophi\u00e9. Il nous donne un avant-go\u00fbt de sa petite musique tandis que le po\u00e8te attend calmement son tour. Et quand sa voix s\u2019\u00e9l\u00e8ve quelques minutes plus tard, elle clame et chantonne en alternance avec un phras\u00e9 qui laisse de larges places au silence. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les mailloches de <strong>Tarasov<\/strong> r\u00e9sonnent sur ses toms accord\u00e9s et les clochettes tintinnabulent en acc\u00e9l\u00e9rant puis ralentissant le tempo. Je ne comprends \u00e9videmment rien \u00e0 ce que r\u00e9cite <strong>Landsbergis<\/strong> mais d\u2019une part je me dis que ce n\u2019est pas en France qu\u2019on pourrait entendre \u00e7a (sauf peut-\u00eatre dans quelques cercles ferm\u00e9s intello-\u00e9litistes) tant la po\u00e9sie, dans notre pays, est devenue un art confidentiel et \u00e9litaire\u2026 si l\u2019on excepte <em>my main Man<\/em> Jacques R\u00e9da, qui vient de nous quitter \u00e0 95 balais (<a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/je-me-souviens-de-jacques-reda\/\">voir hommage, sur couleursjazz.fr<\/a> itou). <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">D\u2019autre part, les sonorit\u00e9s de la langue lituanienne et le d\u00e9bit fluctuant de la parole du po\u00e8te sont fascinants et hautement musicaux. Les timbales d\u2019orchestre vrombissent ensuite puis un carillon \u00e9nonce tout en douceur une jolie petite m\u00e9lodie. Pas de doute \u2014 m\u00eame pas cart\u00e9sien, Ren\u00e9 \u2014\u00a0: ces deux hommes se connaissent et partagent une m\u00eame approche de la musique o\u00f9 la voix des tambours, des cymbales, des cloches et celle des cordes vocales se marient en un fascinant entrelacs d\u2019une beaut\u00e9 stup\u00e9fiante.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42178\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Vytautas-Landsberghis-Vladimir-Tarasov.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Vytautas-Landsberghis-Vladimir-Tarasov.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Vytautas-Landsberghis-Vladimir-Tarasov-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Vytautas-Landsberghis-Vladimir-Tarasov-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Vytautas Landsberghis &amp; Vladimir Tarasov<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Quand les toms et les cymbales se d\u00e9cha\u00eenent fa\u00e7on tonnerre, le po\u00e8te reste coi mais observe attentivement son percutant partenaire en attendant son tour. Et c\u2019est sur la voix de <strong>Landsbergis<\/strong> que <strong>Tarasov <\/strong>termine le concert par un <em>drumming <\/em>d\u2019une grande limpidit\u00e9 coloriste avant de laisser aux cloches tubulaires le soin de sonner le derni\u00e8res notes de ce fort beau concert initial.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Suivent deux petits (sic) Frenchies que je connais bien mais que je n\u2019ai jamais eu l\u2019occasion d\u2019entendre ensemble. Pourtant sax baryton et violoncelle, on entend \u00e7a \u00e0 tous les coins de rue dans notre beau pays. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Non, pas vous\u00a0?\u2026 Bizarre autant qu\u2019\u00e9trange\u00a0! <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">En tout cas deux voix graves qui peuvent monter dans l\u2019aigu si \u00e7a leur chante et qui multiplient les angles d\u2019attaque de leur instrument, \u00e7a le fait gravos. Archet sur toute la tessiture du violoncelle \u2014 legato ou staccato \u2014 pour l\u2019un ou jeu en accords guitaristiques, riffs dans les graves du baryton pour l\u2019autre et m\u00e9lodie dans les aigus. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Tous deux \u2014 <strong>Vincent Courtois<\/strong> (vcl) et <strong>Fran\u00e7ois Corneloup<\/strong> (bs) \u2014 sont de foutus maestros sur leur biniou. Un biniou \u00e0 quatre cordes\u00a0? Qu\u00e9num, tu d\u00e9railles, mon mec\u00a0! <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ben pas plus qu\u2019eux deux, en tout cas, qui slaloment et surfent all\u00e8grement entre raucit\u00e9 et cantabile, le tout sans la moindre partition (parties les partoches\u00a0!) tant ils se connaissent bien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42164\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Corneloup-Courtois.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Corneloup-Courtois.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Corneloup-Courtois-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Corneloup-Courtois-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Vincent Courtois &amp; Fran\u00e7ois Courneloup<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et c\u2019est un voyage o\u00f9 le bois des anches et de la caisse de r\u00e9sonance et le m\u00e9tal du corps du sax et des cordes du violoncelle vibrent \u00e0 l\u2019unisson en un chant gravement enchanteur, m\u00e9lodieux (\u00d4 dieux !) ou free-sonnant qui d\u00e9file tranquille ou \u00e0 perdre haleine et vous percute \u00e0 l\u2019aine, aux tripes, aux tympans et droit au c\u0153ur.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Suit un autre duo (oui, encore, mais je vous avais pr\u00e9venus, et en pluche <em>it takes two to tango<\/em>, comme disent les Argentins anglophones) et c\u2019est tr\u00e8s bien comme \u00e7a, et cochon (hallal, bien s\u00fbr) qui s\u2019en d\u00e9dit\u00a0! <\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Apr\u00e8s les Lituaniens puis les Franzouskys voici des Australiens. D\u00e9cid\u00e9ment, la programmation d\u2019Antanas Gustys, le boss et cr\u00e9ateur du festival, est cr\u00e9ative en diable et au fur et \u00e0 mesure que je vous la d\u00e9clinerai, vous vous direz\u00a0: \u00ab\u00a0Mais o\u00f9 d\u2019autre en Europe peut-on voir\/entendre une telle diversit\u00e9 de musiques\u00a0?\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Piano (<strong>Alister Spence<\/strong>) et batterie (<strong>Tony Buck<\/strong>)<strong>, <\/strong>ce n\u2019est pas tr\u00e8s courant non plus. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le clavier est globalement lyrique, en accords affut\u00e9s, arp\u00e8ges inventifs, \u2014 soit percussifs, soit perl\u00e9s \u2014 et il d\u00e9roule une m\u00e9lodie chantante et attachante. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La batterie, quant \u00e0 elle, recourt \u00e0 une grande vari\u00e9t\u00e9 de frappes et de techniques \u2014 telles que le bord des cymbales frott\u00e9 \u00e0 l\u2019archet et ce en totale et attentive \u00e9coute des 88 touches de son partenaire. Ce dernier passe maintenant \u00e0 la vitesse et \u00e0 la puissance sup\u00e9rieure, souvent en accords, tout en maintenant la veine m\u00e9lodique et une certaine douceur, tandis que le batteur l\u2019\u00e9paule magnifiquement.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42162\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Alister-Spence-Tony-Buck.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Alister-Spence-Tony-Buck.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Alister-Spence-Tony-Buck-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Alister-Spence-Tony-Buck-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Alister Spence &amp; Tony Buck<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Puis retour aux notes piqu\u00e9es avec pas mal d\u2019espace laiss\u00e9 aux silences tandis que le batteur se met aux percussions manuelles sur les toms et des objets m\u00e9talliques, sans n\u00e9gliger une grosse caisse tr\u00e8s terrienne. Ce qui suit voit les deux hommes s\u2019embarquer dans un vaisseau fougueux navigant sur une mer sonore d\u00e9mont\u00e9e qui se calme en beaut\u00e9 au final, et o\u00f9 le pianiste abandonne momentan\u00e9ment son clavier pour des sonnailles. Le pianiste joue ensuite un petit air r\u00e9p\u00e9titif avec un objet m\u00e9tallique dans la table d\u2019harmonie du piano \u00e0 queue et la batterie l\u2019\u00e9paule aux mailloches avant que son comp\u00e8re ne passe aux percussions coloristes et al\u00e9atoires (en apparence) \u00e0 la fois dans la table d\u2019harmonie et sur le clavier.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Et le final est fort et furieux, dans la meilleure tradition (sic) post-free illustr\u00e9e aux USA par un Cecil Taylor ou un Matthew Shipp ou, en Europe, par la regrett\u00e9e Ir\u00e8ne Schweizer, tou(te)s pianistes qui ont explor\u00e9 le duo avec batteurs et percussionnistes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Mais le rappel est tout doux, tout court, presque silencieux et m\u00e9lodico-hymnique, pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 du Duke Ellington de Money Jungle. Tout bien consid\u00e9r\u00e9, le grand Hexagone \u00e9triqu\u00e9 ferait bien de regarder du c\u00f4t\u00e9 de la petite et inventive Lituanie pour programmer des artistes venus de l\u2019H\u00e9misph\u00e8re Sud, qu\u2019on ne voit \u2014 sauf erreur de ma part \u2014 quasiment jamais sur nos sc\u00e8nes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;color: #800000\">Deuxi\u00e8me soir<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Comme toujours, dans les festivals qui le permettent et o\u00f9 j\u2019ai mes habitudes, je passe une partie de l\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 assister aux balances-son. Aujourd\u2019hui il y a celle du trio <strong>Nout<\/strong>, que je ne connais que de nom et de r\u00e9putation et je tiens absolument \u00e0 voir ces trois filles tester le son de leurs instruments atypiques \u2014 ou plut\u00f4t dont la r\u00e9union est atypique\u00a0: fl\u00fbte et effets, harpe \u00e9lectrique et batterie et effets. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Certains diront que les deux tiers de cette instrumentarium sont des instruments de gonzesses. Et alors\u00a0? C\u2019est, comme souvent \u2014 voire toujours en jazz \u2014 la fa\u00e7on dont on en joue qui compte. Rien n\u2019emp\u00eache un colosse d\u2019un m\u00e8tre quatre-vingt-douze par 120 kgs de souffler dans un piccolo, un ocarina, un pipeau\u2026 <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et les meufs de <strong>Nout<\/strong> (il est toujours bon d\u2019avoir une particule\u2026) n\u2019ont rien \u00e0 envier \u00e0 aucun mec quand elles entonnent leur version de la BO du dessin anim\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Inspecteur Gadget<\/em>\u00a0\u00bb ou quand elles miaulent dans un micro. Ca s\u2019annonce donc Jazz\/m\u00e9tal\/free-sonnant\/fun en diable. Et c\u2019est \u00e7a qu\u2019on aime, puu\u2026r\u00e9\u00e9\u00e9e\u00a0! C\u2019est ce genre de m\u00e9langes qui vivifient le j\u00e2\u00e2\u00e2ze, bien mieux que la plupart des mixes world music. Non mais\u2026<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_42167\" style=\"width: 860px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-42167\" class=\"size-full wp-image-42167\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Nout-par-Gret-Skar-photo.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Nout-par-Gret-Skar-photo.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Nout-par-Gret-Skar-photo-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Nout-par-Gret-Skar-photo-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><p id=\"caption-attachment-42167\" class=\"wp-caption-text\">Nout \u00a9Photo: Greta Skaraitiene<\/p><\/div>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et c\u2019est <strong>Nout<\/strong> qui d\u00e9marre la soir\u00e9e de fa\u00e7on super m\u00e9lodique et swingante. Nous <strong>Nout<\/strong> nous pla\u00eet quand elles <em>play<\/em> sans nous causer la moindre plaie. Au contraire\u00a0: nos esgourdes se font rapidement \u00e0 ce son qui d\u2019un seul coup enfle et se pr\u00e9cipite vers une sorte de rock brusquement interrompu par une br\u00e8ve et jolie m\u00e9lodie tranquille avant que le <em>noise<\/em> (du vieux Fran\u00e7ais \u00ab\u00a0noise\u00a0\u00bb) ne reprenne (n\u2019heureux prenne\u00a0? Pas de prisonniers en tout cas\u00a0!). Et le morceau suivant est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment binaire et bruyant. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais comment allons-nous terminer la soir\u00e9e si \u00e7a d\u00e9marre si fort et si puissant (si puits sans fond font font les petites\u2026). <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais le <em>girl<\/em> <em>band<\/em> nomm\u00e9 <strong>Nout<\/strong> est tout sauf un gang de foutues marionnettes. Et le morceau suivant, amorc\u00e9 \u00e0 la harpe seule, est si tendrement cool qu\u2019on en chialerait de bonheur. Et quand la fl\u00fbte rejoint sa potesse harpiste on \u00e9touffe quelques sanglots longs qui, en automne, comme disait Verlaine\u2026 <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et en automne, \u00e0 Vilnius, les feuilles mortes se ramassent \u00e0 l\u2019appel (des 18 joints\u00a0?). <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais revenons \u00e0 <strong>Nout\u00a0<\/strong>! La harpe \u00e9lectrique est un instrument rare en jazz, et il ferait beau voir qu\u2019elle ne dev\u00eent point <em>asap<\/em> le second voire le premier instrument de tout(e)- jazzman\/woman qui se respecte et souhaiterait qu\u2019on la\/le respect\u00e2t fissa, comme on le fait ce soir avec <strong>Rafa\u00eblle Rinaudo<\/strong>(et a-t-on le choix\u00a0?). La fl\u00fbte, n\u2019en parlons pas\u00a0: de Yusef Lateef \u00e0 Sylvaine H\u00e9lary via Eric Dolphy, Hubert Laws, Lew Tabackin, James Newton, Magic Malik\u2026 elle a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse jazzistique et <strong>Delphine Joussein<\/strong> y injecte un souffle tant\u00f4t doux, tant\u00f4t puissant, avec l\u2019aide de moult p\u00e9dales hendrixiennes. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et la batterie, dans tout \u00e7a\u00a0? C\u2019est \u2014 comme par hasard \u2014 le troisi\u00e8me instrument de genre f\u00e9minin avec la harpe et la fl\u00fbte (la la la), mais ce n\u2019est pas pour cela que <strong>Blanche Lafuente<\/strong> l\u2019a choisie ni que ses deux comparses se sont associ\u00e9es \u00e0 elle (caisse vous croyez\u00a0?) et elle est tant\u00f4t cr\u00e9pitante sur les cymbales, tant\u00f4t terrienne sur les toms et la grosse caisse (c\u2019est clair\u00a0!) mais toujours (re)bondissante, tonique, lourdement binaire, finement ternaire\u2026 <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Bref, elle a tout compris et tout assimil\u00e9 de la fonction du seul instrument cr\u00e9\u00e9 par et pour le jazz il y a un peu plus d\u2019un si\u00e8cle. Les musicologues sentencieux qui se sont pench\u00e9s r\u00e9cemment sur la place des femmes dans le jazz feraient bien d\u2019aller \u00e9couter <strong>Nout<\/strong> pour r\u00e9viser leurs propos trop marqu\u00e9s, \u00e0 mon go\u00fbt, par la mode des <em>gender studies<\/em>, venue des States et qui contamine les facs europ\u00e9ennes. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">En attendant, <em>Vilnius Jazz<\/em> \u2014 sous l\u2019impulsion d\u2019Antanas Gustys qui, comme votre d\u00e9vou\u00e9 serviteur, n\u2019a procr\u00e9\u00e9 que des filles et s\u2019en r\u00e9jouit \u2014 a toujours accord\u00e9 une place importante aux meufs du jazz et il peut all\u00e8grement servir de mod\u00e8le \u00e0 plus d\u2019un m\u00e2le dominant de la tribu des programmateurs de festivals franchouillards. Suivez mon regard\u2026<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et c\u2019est la BO totalement d\u00e9construite\/reconstruite d\u2019\u00ab\u00a0<em>Inspecteur Gadget\u00a0<\/em>\u00bb qui vient ensuite, suivie par un dernier morceau bruitiste et atonal puis brut de d\u00e9coffrage genre fourre-tout m\u00e9lodico-foutraque. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et, pour nous achever, un rock sauvage (c\u2019est son nom) fa\u00e7on punk binaire puissamment ludique, conclut ce concert aussi initial que mo-nu-men-tal, que le public applaudit \u00e0 tout rompre. Encore une fois, a-t\u2019il le choix\u00a0? Oui\u00a0: celui de r\u00e9clamer ou non un rappel, qui sera soft et r\u00e9p\u00e9titif puis enflera lentement jusqu\u2019\u00e0 devenir une m\u00e9lop\u00e9e \u00e0 la scansion appuy\u00e9e, z\u00e9br\u00e9e de traits de fl\u00fbte et de harpe, soutenus par une batterie punchyssime. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Un tel trio, on n\u2019en voit\/entend pas deux dans l\u2019ann\u00e9e\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le groupe qui suit est si diff\u00e9rent qu\u2019il n\u2019aura aucun mal \u00e0 recueillir l\u2019approbation de l\u2019auditoire, plus nombreux qu\u2019hier puisqu\u2019on est vendredi soir. D\u2019autant qu\u2019il d\u00e9bute par un discours tr\u00e8s \u2014 et tr\u00e8s justement \u2014 politique de la leadeuse <strong>Amirtha Kidambi<\/strong> sur la place des Am\u00e9ricains d\u2019origine asiatique, comme elle, aux USA. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42168\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Amirtha-Kidambi-.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Amirtha-Kidambi-.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Amirtha-Kidambi--300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Amirtha-Kidambi--768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Amirtha \u00a0Kidambi<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La voix s\u2019enfle accompagn\u00e9e par l\u2019harmonium et le reste du quintet nous la joue free, mais de fa\u00e7on intelligente. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le morceau suivant est d\u00e9di\u00e9 aux paysans et plus g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 tous les travailleurs, y compris ceux de la musique. Une telle approche parle \u00e9videmment aux citoyens d\u2019un petit pays qui a subi la domination de la Russie sovi\u00e9tique pendant des d\u00e9cennies, m\u00eame si le public \u2014 assez jeune \u2014 ne conna\u00eet cette p\u00e9riode que par ou\u00efe dire. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">A Vilnius, \u00e0 ce que j\u2019ai vu, tous les jeunes parlent couramment anglais. Par contre les personnes plus \u00e2g\u00e9es, entre autres les employ\u00e9(e) des commerces, ne comprennent que le russe. Mais de mon c\u00f4t\u00e9 <em>ja ni\u00e9 gavariou pa-russky<\/em>. Alors je me d\u00e9brouille avec les mains, comme en Italie, sauf que <em>io parlo\u00a0abbastanza bene l\u2019italiano<\/em>. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais revenons \u00e0 notre band de m\u00e9t\u00e8ques ricains, si vous le voulez bien. Ce deuxi\u00e8me morceau est plus cantabile que le pr\u00e9c\u00e9dent et propose de fort beaux solos de t\u00e9nor, de soprano et de contrebasse avant ou apr\u00e8s que la vocaliste a chant\u00e9 d\u2019une belle voix au timbre somptueux. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ce groupe poss\u00e8de un son personnel totalement convaincant et d\u2019une grande richesse. Cela n\u2019a rien \u00e0 voir avec le <em>Brooklyn sound<\/em> dont on nous a bassin\u00e9 dans la mouvance Dave Binney-John Hollenbeck (pour faire court) et qui a connu de belles r\u00e9ussites mais a tendu \u00e0 devenir un brin h\u00e9g\u00e9monique \u00e0 mon go\u00fbt. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ici l\u2019engagement socio-politique n\u2019a rien de branchouille ni de bobo. Le morceau suivant, introduit par un petit discours vibrant applaudi par l\u2019auditoire, est d\u00e9di\u00e9 aux victimes de la justice raciste des USA, et c\u2019est une belle m\u00e9lop\u00e9e r\u00e9p\u00e9titive et enveloppante, soutenue par l\u2019harmonium et tout le groupe, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans le Th\u00e9\u00e2tre de Vilnius. Une m\u00e9lop\u00e9e intense qui se pr\u00eate au recueillement, surtout quand le soprano \u2014 l\u2019instrument le plus aigu \u2014 prend un magnifique solo lyrique \u00e0 souhait sur fond de basse continue du reste du quintet. Franchement c\u2019est \u00e0 chialer d\u2019\u00e9moi et d\u2019\u00e9motion sans retenue ni mod\u00e9ration. Et quand la voix d\u2019<strong>Amirtha Kidambi <\/strong>se remet \u00e0 chanter, des paroles cette fois-ci, elle apaise la tension et pousse le tout vers une sorte de swing r\u00e9dempteur. \u00ab\u00a0Salauds de Ricains\u00a0: ils viennent jusque dans nos bras faire pleurer nos fils, nos compagnes\u00a0\u00bb, doivent se dire in petto les Lituaniens, qui sont \u2014 para\u00eet-il les Italiens de la Baltique (ce que je confirme du haut de mon m\u00e8tre 78 chauss\u00e9 de 45 fillette).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Bon, \u00e7a commence \u00e0 bien faire ce mieux disant \u00e9motionnel. Ma parole on se croirait aux JO quand Teddy Riner ou le \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb L\u00e9on mettent la p\u00e2t\u00e9e \u00e0 des \u00e9trangers qui, comme chacun sait, ne sont pas des gens comme nous. \u00ab\u00a0Va donc, eh, motion\u00a0!\u00a0\u00bb a-t-on envie de clamer, en bon cart\u00e9sien qui ne m\u00e9lange pas l\u2019\u00e2me et le corps \u2014 lequel, au passage, commence \u00e0 avoir faim\u00a0: j\u2019y peux rien c\u2019est mon m\u00e9tabolisme de fou furieux qui me flanque en hypoglyc\u00e9mie toutes les 2 ou 3 heures. Ne le dites pas \u00e0 des confr\u00e8res jaloux mais, quoiqu\u2019ayant atteint un \u00e2ge v\u00e9n\u00e9rable, j\u2019ai gard\u00e9 le rythme (et le tempo) du biberon. On n\u2019se refait pas\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais dis, gars Qu\u00e9num, t\u2019es pas cens\u00e9 nous parler d\u2019un quintet de splendides Ricains m\u00e9tiss\u00e9s au lieu de raconter ta vie dont tout le monde se fout pas mal. Z\u2019avez raisons les gras, les filles. Je redescends \u00e0 la mine (de crayon) et je vous raconte la fin de ce tr\u00e8s beaucoup beau second concert du jeudi soir vilniusso\u00efde.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le dernier morceau est une sorte de <em>slam<\/em> d\u00e9clam\u00e9 sans harmonium accompagn\u00e9 par un quartet inspir\u00e9 (contrebasse \u00e0 l\u2019archet, batterie pointilliste, souffleurs soufflants) qui se poursuit en cris et ricanement pseudo-sataniques (un peu d\u2019humour aussi, donc). Puis l\u2019harmonium se rappelle \u00e0 notre bon souvenir, tandis que la voix chante \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e suivie par un sax t\u00e9nor rauque \u00e0 souhait qui alterne <em>honks<\/em> et <em>shrieks<\/em> suivi du soprano qui p\u00e9pie en souffle continue. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Bon, c\u2019est trop beau\u00a0: je vais soulager ma vessie prostatique et all\u00e9ger ma charge mentale\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;color: #800000\">Troisi\u00e8me soir<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le vendredi soir c\u2019est la foule et le Th\u00e9\u00e2tre est archi plein. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Par contre la musique du premier groupe, un trio lithuanio-nippon, est pleine de vide, ou plut\u00f4t de silences, ce qui est plut\u00f4t reposant pour ma pomme, puisque je viens de donner dans l\u2019apr\u00e8s-midi une conf\u00e9rence sur \u00ab L\u2019art des arrangeurs \u00bb \u00e0 un public clairsem\u00e9 mais attentif dans l\u2019auditorium d\u2019un beau mus\u00e9e tout neuf, \u00e0 deux pas du Th\u00e9\u00e2tre. Ne soyez pas jaloux, ami(e)s lecteurs\/trices : cette conf\u00e9rence, je la referai en tranches d\u2019une demi-heure sur <em>Couleurs Jzz Radio<\/em> avant peu. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Donc ces deux Japonais aux percussions et \u00e9lectronique et cette pianiste lithuanienne font une musique qui ressemble un peu \u00e0 du Federico Monpou : beaucoup de silences, quelques notes et un peu de bruit. Clairement pas ma tasse de th\u00e9 ni mon godet de sak\u00e9, je vais donc finir de fumer ma pipe dehors o\u00f9 une putain de pleine lune risque de faire sortir les loups garous des buissons parsem\u00e9s de feuilles mortes aux couleurs autrement chatoyantes que la musique du premier trio de ce soir.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le deuxi\u00e8me groupe, le <strong>Kondo Tatsuo K3<\/strong>, commence mieux \u2014 tout en restant tranquille \u2014 par le magnifique \u00ab\u00a0<em>Vashkar\u00a0<\/em>\u00bb de Carla Bley, jou\u00e9 par un piano lumineux, m\u00e9lodique et paisible. Ca fait du bien d\u2019entendre cette musique qui fait chaud au c\u0153ur, loin de l\u2019aridit\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents. Et quand le son enfle, tout en gardant le m\u00eame tempo moyennement lent, on entend un son de groupe fort int\u00e9ressant au sein duquel le tuba, au lieu de la basse, occupe une place in\u00e9dite et tout \u00e0 fait pertinente. Dans le morceau plus abstrait qui suit, le batteur-percussionniste donne la mesure de son art coloriste tandis que le tuba gronde et que le piano plaque des accords dans les graves du clavier.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42170\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/DSC_6420_Kondo-Tatsuo-K3_Vilnius-Jazz-2024-10-18_DK-foto.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/DSC_6420_Kondo-Tatsuo-K3_Vilnius-Jazz-2024-10-18_DK-foto.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/DSC_6420_Kondo-Tatsuo-K3_Vilnius-Jazz-2024-10-18_DK-foto-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/DSC_6420_Kondo-Tatsuo-K3_Vilnius-Jazz-2024-10-18_DK-foto-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Kondo Tatsuo \u00a0\u00a9DK foto<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019\u00e9norme \u00ab\u00a0<em>Special Big Band<\/em>\u00a0\u00bb japonais qui termine la soir\u00e9e est tout \u00e0 fait passionnant car il puise son inspiration dans le rock, la pop, la musique classique et le free jazz. Un mix assez bluffant o\u00f9 les effets de masse dominent par rapport aux soli. De belles textures et dynamiques sonores, une p\u00e2te et une patte tr\u00e8s originale, un instrumentarium vari\u00e9 et \u00e9clectique o\u00f9 voisinent l\u2019accord\u00e9on, le vibraphone, le tuba, la basse \u00e9lectrique, deux batteurs et un percussionniste, sans parler des soufflants, etc.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Comment <strong>Vilnius Jazz<\/strong> peut-il programmer une phalange si nombreuse\u00a0et venant de si loin ? Je vais le demander \u00e0 Antanas, mais ces Nippons sont en tourn\u00e9e europ\u00e9enne et les lieux qui les accueillent doivent se partager les frais de transport. Par ailleurs ces Asiatiques sont \u00e0 Vilnius depuis quelques jours avec leurs familles dans le m\u00eame h\u00f4tel que moi et cette vir\u00e9e doit \u00eatre pour eux en partie touristique. En tout cas, quel autre festival europ\u00e9en propose-t\u2019il \u00e0 la fois des Japonais et des Australiens\u00a0? Allez, donnez-moi des noms. J\u2019attends\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Dans la petite capitale d\u2019un petit pays balte, la programmation est plus inventive, curieuse et audacieuse que dans maints grands raouts fran\u00e7ais, et le <em>Th\u00e9\u00e2tre de Vilnius<\/em> est plein \u00e0 craquer d\u2019un public dont la moyenne d\u2019\u00e2ge est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de nos festivals hexagonaux. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et le concert se termine par un air de fanfare suivi d\u2019un hymne profond comme la mer de Chine peupl\u00e9e d\u2019\u00eeles elles-m\u00eames sem\u00e9es de temples zen.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ces foutus Nippons m\u2019ont rappel\u00e9 les glorieuses heures du Willem Breuker Kollektief, des orchestres de <em>my main Man<\/em> Mike Westbrook, du Globe Unity Orchestra, des orchestres d\u2019Alexander von Schlippenbach, ce qui ne nous rajeunit gu\u00e8re mais qu\u2019importe\u00a0! Ca fait grand bien de savoir qu\u2019au pays du soleil levant on continue et prolonge cette tradition \u00e0 la fois rigoureuse et libertaire qui n\u2019a pas pris la moindre ride, le tout avec le sourire, pas mal d\u2019humour et un plaisir de jouer contagieux qui pousse le public \u00e0 hurler sa joie et \u00e0 se lever comme un(e) seul(e) homme\/femme pour une ovation debout plus que m\u00e9rit\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42180\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Otomo-Yoshihide.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Otomo-Yoshihide.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Otomo-Yoshihide-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Otomo-Yoshihide-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Otomo Yoshihide<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Retenez bien le nom (<strong>Otomo Yoshihide<\/strong>) du leader de cette troupe inventivo-ludique, et ne tardez pas \u00e0 prendre votre billet pour Tokyo. Mais qu\u2019attendez-vous\u00a0? Vous devriez d\u00e9j\u00e0 \u00eatre \u00e0 la porte d\u2019embarquement de CDG\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"color: #800000\"><strong><span style=\"font-size: 14pt\">Quatri\u00e8me soir<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">\u00a0Un peu moins de monde en ce samedi soir o\u00f9 le style jou\u00e9 est plut\u00f4t le free\/post free europ\u00e9en, ce qui suscite moins de curiosit\u00e9 que les Asiatiques si jeunes et d\u00e9j\u00e0\u2026ponais (Hi\u00a0!Hi\u00a0!Hi\u00a0! Qu\u2019il est con ce Qu\u00e9num\u00a0! Mais o\u00f9, par tous les diables, va-t\u2019il chercher cet humour aussi niaiseux que d\u00e9sopilant, on s\u2019le d\u2019mande.)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le quartet qui d\u00e9bute est anglo-lituanien et propose un jazz mi-p\u00eachu mi-abstrait qu\u2019on a beaucoup entendu ces trente derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0: piano\/sax alto\/batterie\/\u00e9lectronique.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Je ne suis pas grand fan des bidouillages sur laptop mais c\u2019est supportable et le manipulateur de Mac reste assez discret. Le plus int\u00e9ressant des quatre est, selon moi, le batteur dont le kit est enrichi de timbales d\u2019orchestre et de diverses percussions m\u00e9lodiques, ce qui conf\u00e8re \u00e0 son jeu une couleur bienvenue en sus d\u2019une \u00e9vidente polyrythmie. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Il est d\u2019ailleurs le seul \u00e0 bouger et \u00e0 investir l\u2019espace, se d\u00e9pla\u00e7ant de droite \u00e0 gauche selon les instruments dont il se sert tandis que ses comp\u00e8res restent droits dans leurs bottes au piano, au sax, au Mac. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Leur musique, quoique bien jou\u00e9e, n\u2019a pas grand charme et on sent trop, \u00e0 mon go\u00fbt une volont\u00e9 de recherche partiellement intellectuelle. Bref \u00e7a manque un peu de chair, fra\u00eeche ou non.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ce qui suit, je l\u2019attends avec impatience car j\u2019aime beaucoup <strong>John Butcher<\/strong>, le leader du projet, et il inclut <em>my main Man, <\/em><strong>Liudas Mockunas<\/strong> (que je connais depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es) aux saxes et clarinette, que j\u2019ai vu il y a quelques jours au Triton des Lilas, en duo avec <em>my main Man<\/em> <strong>Marc Ducret<\/strong>, le seul guitariste fran\u00e7ais \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 adoub\u00e9 par des musiciens \u00e9tatsuniens tels que Tim Berne.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42172\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/John-Butchers-Vilnius-Fixations3_Vygintas-Skaraitis.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/John-Butchers-Vilnius-Fixations3_Vygintas-Skaraitis.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/John-Butchers-Vilnius-Fixations3_Vygintas-Skaraitis-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/John-Butchers-Vilnius-Fixations3_Vygintas-Skaraitis-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>John Butcher \u00a9Vygintas Skaraitis<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le concert du <strong>Lithaian Project<\/strong> commence par un bruitage assez confus mais plein de petites bribes de semi-m\u00e9lodies, dont on sent qu\u2019il va produire moult p\u00e9pites sonores d\u2019ici peu. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Une plage de quasi-silence est suivie d\u2019une sonorit\u00e9 stridente en partie due aux effets \u00e9lectroniques et d\u2019o\u00f9 se d\u00e9tache la voix grin\u00e7ante de la vocaliste fran\u00e7aise. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Tout ceci produit un effet de suspense car on attend que l\u2019ensemble du groupe ait l\u2019occasion de s\u2019exprimer. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">C\u2019est maintenant le violon qui se d\u00e9tache, par de petits traits d\u2019archet, de cette bouillie sonore assez int\u00e9ressante. Puis le tuba entre en sc\u00e8ne tout en douceur tandis que le son enfle et que quelques autres soufflants le rejoignent. Il semble clair qu\u2019il n\u2019y aura pas de v\u00e9ritables solos. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Mais peu importe car on est emport\u00e9 par cette sonorit\u00e9 d\u2019ensemble \u00e0 la fois dense et fluide, touffue et ductile que le public \u00e9coute avec une attention intense et un total recueillement. Mais je m\u2019es gour\u00e9 : voil\u00e0 que le sax t\u00e9nor prend un chorus ! <em>Interesting, niet<\/em>\u00a0? <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">D\u2019autant qu\u2019il module avec tendresse avant de passer aux <em>growls<\/em> r\u00e9p\u00e9titifs puis aux <em>slaps<\/em>. Apr\u00e8s une courte plage de silence, l\u2019ensemble tout entier entonne une sorte d\u2019hymne bruitiste qui se gonfle en puissance. Suit un mini solo de tuba puis de nouveau de t\u00e9nor par <strong>Liudas<\/strong> \u2014 que j\u2019aurais aim\u00e9 entendre plus longtemps. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La contrebasse a aussi son mot \u00e0 dire et le fait bien, tout en douceur, et le sax sopranino de <strong>Liudas <\/strong>lui r\u00e9pond en jolis petits traits aigus, mais pas trop. C\u2019est tout \u00e0 fait ce que je voulais entendre de ce saxophoniste majeur, pas encore assez connu dans l\u2019Hexagone. Et quand le soprano du t\u00e9nor de tout \u00e0 l\u2019heure lui r\u00e9pond on voit (entend) qu\u2019ils partagent la m\u00eame esth\u00e9tique free-lyrique. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019ensemble reprend ensuite en entier avec <strong>Liudas<\/strong> de nouveau au t\u00e9nor. Bon, <strong>John Butcher<\/strong> a bien eu raison de mettre ce souffleur en vedette. Il est \u00e0 mes oreilles le plus int\u00e9ressant du lot, sans toutefois tirer exag\u00e9r\u00e9ment la couverture \u00e0 lui car il est entour\u00e9 de partenaires de premier ordre.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le public, pourtant se clairseme peu \u00e0 peu et ce sont surtout des jeunes qui partent. Sans doute ce type de free jazz est-il trop trop pour eux.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Il y a des chances par contre qu\u2019on les retrouve plus tard dans la soir\u00e9e au club o\u00f9 une jeune sc\u00e8ne peut s\u2019exprimer, mais o\u00f9 la qualit\u00e9 de la musique, \u00e0 ce que j\u2019ai pu entendre avant-hier, est nettement plus faible, quoique conviviale. Je m\u2019y rendrai n\u00e9anmoins plus tard ce soir car dans le premier groupe joue une jeune bassiste allemande que j\u2019ai rencontr\u00e9e hier et que je n\u2019ai \u00e9videmment jamais entendue.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Certain(e)s se demanderont sans doute : \u201cMais que fout ce FFJJ (F\u2026in\u2019 French Jazz Journalist \u00e0 Vilnius\u00a0?\u00a0\u00bb Ben la r\u00e9ponse est simple\u00a0: la ville est magnifique (il ne manque que la mer), la population est grave cool et accueillante, le festival est un des meilleurs d\u2019Europe dans le genre <em>modern to free<\/em> pas chiant pour 1 sou, Antanas Gustys \u2014 le boss et cr\u00e9ateur de l\u2019\u00e9v\u00e8nement (tiens, le correcteur de mon MacBookPro ne sait pas encore que maintenant on a le droit d\u2019orthographier ce mot comme il se prononce, et plus avec la graphie d\u00e9bile avec 2 accents aigus) \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la Lituanie \u00e9tait encore sous domination russkoff est un des directeurs de festivals les plus sympas et comp\u00e9tents que je connaisse et je vais bient\u00f4t prendre un bagage en soute sur Air Baltic pour lui apporter une caisse de Morgon et de Moulin \u00e0 Vent, au lieu de la simple bouteille de bon rouge que j\u2019ai p\u00e9cho dans la zone <em>duty<\/em> <em>free<\/em> de CDG accompagn\u00e9e de quelque petits macarons. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et de ce fait (je parle l\u00e0 de la comp\u00e9tence d\u2019Antanas et pas de mes cadeaux aussi franchouillards que d\u00e9licieux) la musique est constamment vari\u00e9e et la plupart du temps super int\u00e9ressante, voire \u00e9mouvante. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ca vous suffit comme raisons\u00a0? Non\u00a0? Alors j\u2019ajoute que cette petite capitale propose une vari\u00e9t\u00e9 impressionnante de restos de tous bords (Arm\u00e9nien, Ouzbek, Ritals \u2014 bien s\u00fbr \u2014 etc. et Lituaniens \u00e9videmment, chez qui la soupe est populaire sans \u00eatre prolo et hachement vari\u00e9e. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et maintenant, je vous prie, laissez-moi \u00e9couter en paix la zik du jeune groupe assez free et excellent, <em>featuring <\/em>ma nouvelle potesse bassiste berlinoise.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Ces jeunes ont tout compris du free historique plut\u00f4t US qu\u2019Europ\u00e9en et ils\/elle se l\u2019approprient de fa\u00e7on intelligente et sensible. Je ne suis pas s\u00fbr que j\u2019ach\u00e8terais un de leurs CDs, s\u2019ils en avaient et encore moins que je l\u2019\u00e9couterais en buvant mon pamplemousse press\u00e9 matinal suivi d\u2019un triple <em>espresso<\/em> <em>ristrettissimo<\/em>, mais l\u00e0, en live avec une bonne bi\u00e8re locale, c\u2019est tout \u00e0 fait \u00e9coutable et \u00e7a ne demande qu\u2019\u00e0 m\u00fbrir. Seul leur manque peut-\u00eatre la petite dose d\u2019humour que certains de leurs a\u00een\u00e9s europ\u00e9ens savaient injecter dans leurs d\u00e9rives. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et <strong>Izzy<\/strong>, la bassiste est vraiment excellente \u2014 et je ne dis pas \u00e7a par complaisance copinarde. Vous me connaissez un peu, non\u00a0? Ce n\u2019est clairement pas mon genre et mon impartialit\u00e9 \u2014 que le monde m\u2019envie \u2014 m\u2019interdit de me laisser aller \u00e0 un sentimentalisme de bas \u00e9tage. D\u2019ailleurs les deux saxes (soprano et t\u00e9nor) ne sont pas mauvais non plus et le batteur est vraiment bon. Allez, un petit test, les gamins\u00a0: terminez votre set par une bonne vieille ballade de derri\u00e8re les fagots qui nous mettra la larme \u00e0 l\u2019\u0153il, qu\u2019on rigole un peu\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><em>Wishful thinking<\/em>, comme disent les Rosbif\/Hamburger : je prends mes d\u00e9sirs pour des r\u00e9alit\u00e9s, en Fran\u00e7ais, et mes d\u00e9sirs font d\u00e9sordre dans le d\u00e9sordre sonore organis\u00e9 de ce quartet lituano-germain. Patience et longueur de temps\u2026 disait Jean de La Fontaine. Or j\u2019ai tout mon temps, et je les attends au tournant 1 2 C 4 voir plus tard.<\/span><br \/>\n<span style=\"font-size: 14pt\">Mais justement il se fait tard et mon corps comme mes oreilles aspirent au repos, d\u2019autant plus que \u2014 comme souvent \u2014 le concert est \u00e0 peine termin\u00e9 qu\u2019on nous balance une musique merdique et forte qui ne permet pas de savourer les relents et les bribes de ce qui s\u2019est jou\u00e9 <em>live on stage<\/em>. Faich\u2019 cette manie de ne pas supporter le silence apr\u00e8s la zik. Bref, partons\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"color: #800000\"><strong><span style=\"font-size: 14pt\">Cinqui\u00e8me soir<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Pour le final de <em>Vilnius Jazz<\/em>, Antanas a programm\u00e9 en premi\u00e8re partie le pianiste cubain <strong>Aruan<\/strong> <strong>Ortiz<\/strong>, que je ne connaissais que par les disques qu\u2019il a enregistr\u00e9s en trio ou au sein du quartet du saxophoniste \u00e9tatsunien James Brandon Lewis, mais que je n\u2019ai jamais entendu live, et donc jamais en solo. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42176\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Aruan-Ortiz_Vygintas-Skaraitis.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Aruan-Ortiz_Vygintas-Skaraitis.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Aruan-Ortiz_Vygintas-Skaraitis-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Aruan-Ortiz_Vygintas-Skaraitis-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Aru\u00e1n Ortiz \u00a9Photo Vygintas Skaraitis<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ce sera donc le seul concert de piano solo du festival, et <strong>Ortiz<\/strong> le d\u00e9bute tout en douceur et sans la moindre allusion \u00e0 ses origines cubaines. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Car apr\u00e8s tout on n\u2019est pas oblig\u00e9 de jouer des airs celtiques \u00e0 la bombarde parce qu\u2019on est <em>born &amp; raised<\/em> en Bretagne ou de la cabrette parce qu\u2019on est natif du Puy de D\u00f4me o\u00f9 on a pass\u00e9 ses loisirs \u00e0 faire pa\u00eetre les b\u0153ufs Salers et \u00e0 traire leurs s\u0153urs, m\u00e8res et cousines avant de d\u00e9guster leurs steaks saignants avec de l\u2019aligot \u00e0 gogo, non\u00a0? <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"><strong>Aruan<\/strong>, donc \u2014 que je suis all\u00e9 saluer en loge avant son concert et qui en a profit\u00e9 pour m\u2019emprunter une de mes baguettes de batterie-percussion (car quand on veut essayer d\u2019\u00eatre un batteur-percu pas trop mauvais on ne se s\u00e9pare gu\u00e8re de ces bouts de bois termin\u00e9s par une olive non comestible).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Tous les pianistes cubains que je connais ont commenc\u00e9 leur apprentissage par les percussions \u2014 et, si vous ne le saviez pas, le piano est aussi un instrument de percussion et il fait partie de l\u2019attirail des percussionnistes d\u2019orchestres symphoniques avec les timbales d\u2019orchestre, le triangle et autres clochettes \u2014 et voil\u00e0 que le piano d\u2019<strong>Ortiz<\/strong> gonfle en accords plaqu\u00e9s des deux mains sur un rythme de plus en plus rapide mais toujours pas cubain. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ce pianiste est avant tout un musicien de jazz et il a entre autres \u00e9tudi\u00e9 avec feu Muhal Richard Abrams, l\u2019un des plus \u00e9minents membres de la fameuse AACM de Chicago. Et voil\u00e0 qu\u2019il encha\u00eene maintenant des notes perl\u00e9es tr\u00e8s percussives dans les aigus du clavier\u00a0: une v\u00e9ritable averse de petites perles sonores qui se rar\u00e9fient bient\u00f4t en laissant entre elles des silences qui, comme chacun sait, sont toujours de la musique. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et le concert progresse sans solution de continuit\u00e9 en introduisant de jolies petites m\u00e9lodies d\u2019une main droite alerte et syncop\u00e9e tandis que la gauche plaque des accords puissants mais jamais lourds avec un sens de l\u2019inattendu qui frise l\u2019al\u00e9atoire tout en d\u00e9notant un sens aigu de l\u2019harmonie.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Ce n\u2019est pas du tout cubain mais en m\u00eame temps qui d\u2019autre que ces insulaires cara\u00efbes hispanophones est capable d\u2019un placement rythmique aussi aiguis\u00e9 et bluffant\u00a0? <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Allez, j\u2019attends une r\u00e9ponse\u00a0! <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Vous pr\u00e9f\u00e9rez une interro \u00e9crite dans quinze jours, le temps de pr\u00e9parer vos antis\u00e8ches\u00a0? Pas moi\u00a0! Autre chose \u00e0 faire. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et maintenant <strong>Ortiz<\/strong> sollicite l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 de ses 88 touches pour alterner accords graves somptueux plaqu\u00e9s d\u2019une main gauche de fer et bribes m\u00e9lodiques r\u00e9p\u00e9titives dans le medium \u00e0 la main droite. C\u2019est une v\u00e9ritable coul\u00e9e torrentielle d\u2019une densit\u00e9 harmonico-m\u00e9lodique impressionnante, et le piano r\u00e9sonne puissamment dans un Th\u00e9\u00e2tre quasi-comble.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Ah, voil\u00e0 qu\u2019il se sert de ses mains et de ma baguette dans la table d\u2019harmonie. J\u2019aurai donc au moins servi \u00e0 autre chose qu\u2019\u00e0 boire des bi\u00e8res et \u00e0 \u00e9couter de la zik pour \u00e9crire dessus pendant ce foutu festival festif et enchanteur\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\"> Et voici qu\u2019apparaissent des bribes d\u2019un th\u00e8me de Thelonious Monk sous les doigts du Cubain, qui ne fera qu\u2019esquisser la m\u00e9lodie pour en explorer les harmonies et les transcender \u00e0 sa sauce (piquante\u00a0?), une sauce savoureuse, \u00e9paisse et baign\u00e9e de la tradition monkienne sans \u00eatre, m\u00eame \u00e0 peine, traditionnaliste, tant le r\u00e9pertoire de l\u2019Ermite harl\u00e9mite est riche de potentialit\u00e9s au sein desquelles les musiciens modernes et contemporains peuvent puiser sans mod\u00e9ration. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et c\u2019est en revenant \u00e0 sa douceur initiale qu\u2019<strong>Aruan Ortiz<\/strong>, du bout des doigts, ach\u00e8ve avec une tranquille s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 un r\u00e9cital magistral que le public Lituanien a suivi avec recueillement, et qui a sans doute clou\u00e9 de plaisir et de ravissement tous ceux et celles, pr\u00e9sents dans le Th\u00e9\u00e2tre, qui ont un jour, de pr\u00e8s ou de loin, touch\u00e9 les 88 touches d\u2019un piano acoustique, votre serviteur compris.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">L\u2019ensemble qui suit, le <strong>LEN Ensemble<\/strong>, dont le projet se nomme \u00ab\u00a0<em>Louis Andriessen-M is for Man<\/em>\u00a0\u00bb, est en partie classique-contemporain et les musiciens entrent en sc\u00e8ne un par un en s\u2019ajoutant \u00e0 une rythmique r\u00e9p\u00e9titive du piano et de la contrebasse qu\u2019ils enrichissent timbriquement en gardant le m\u00eame rythme et tempo. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">C\u2019est tr\u00e8s impressionnant sur le plan sonore et le chef d\u2019orchestre les dirige d\u2019une battue syncop\u00e9e fort agr\u00e9able \u00e0 suivre visuellement. En fait l\u2019Ensemble \u2014 \u00e0 part la paire piano\/contrebasse \u2014 est uniquement compos\u00e9 de souffleurs\u00a0: anches, fl\u00fbte et embouchures. Onze en tout qui jouent avec la rigueur habituelle des musiciens habitu\u00e9s \u00e0 ce genre de musique si exigeante en termes de justesse et de mise en place.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-size: 14pt\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-42174\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/LEN-Ensemble-copie.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"567\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/LEN-Ensemble-copie.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/LEN-Ensemble-copie-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/LEN-Ensemble-copie-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/span><\/p>\n<p>Lens Ensemble<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">M\u00e9lodiquement parlant c\u2019est assez beau et bluffant de pr\u00e9cision et de couleurs sonores. Et quand ils se mettent tous \u00e0 chanter des la la la rythmiques on commence \u00e0 remarquer qu\u2019une dose d\u2019humour s\u2019est infiltr\u00e9e dans cette musique si rigoureuse par ailleurs. Bon d\u2019accord\u00a0: ce n\u2019est pas du jazz, et m\u00eame pas du tout \u2014 bien que rythmiquement \u00e7a puisse s\u2019en rapprocher un peu. Mais c\u2019est quand m\u00eame mieux que certaines excursions vers la world music ou la vari\u00e9toche que moult festivals de jazz fran\u00e7ais se permettent pour remplir leurs salles.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ce qui suit est un petit extrait d\u2019images d\u2019archives en noir et blanc montrant, en s\u2019en moquant, Mussolini en plein discours. C\u2019est un peu long d\u2019autant qu\u2019une des phrases du Duce est r\u00e9p\u00e9t\u00e9e en boucle pendant plusieurs minutes sur une image fixe de son visage, jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019image se brouille puis disparaisse tandis que la phrase r\u00e9p\u00e9titive est remplac\u00e9e par un long \u2014 trop long\u00a0! \u2014 grondement sourd. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">C\u2019est bon\u00a0: on a compris que le Duce \u00e9tait un bouffon et le fascisme une triste et tragique pantalonnade sanglante. Mais on nous prend un peu pour des cons \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter \u00e7a en boucle et si longtemps, pour finir par le d\u00e9but de la musique du \u00ab\u00a0<em>Ainsi parlait Zarathoustra<\/em>\u00a0\u00bb de Richard Strauss. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Entre-temps les zicos sont revenus sur sc\u00e8ne avec en bonus une chanteuse au timbre aigu et crissant qui psalmodie dans une langue que je n\u2019ai pas identifi\u00e9e tandis que sur l\u2019\u00e9cran g\u00e9ant d\u00e9filent des images muettes de danseuses nues puis d\u2019une sorte de soupe populaire. Pendant cela les musiciens parodient du Mozart de fa\u00e7on assez convaincante avec des sonorit\u00e9s claironnantes de fanfare. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Sur l\u2019\u00e9cran ce sont maintenant des images d\u2019ouvriers au travail, puis appara\u00eet une sorte de cadavre puis l\u2019image d\u2019une chanteuse muette tandis que la chanteuse <em>live<\/em> de tout \u00e0 l\u2019heure est revenue avec une voix plus claire et nuanc\u00e9e. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Les ouvriers, sur l\u2019\u00e9cran, sont devenus des sortes d\u2019ilotes nus qui malaxent et maltraitent un corps nu allong\u00e9 qui s\u2019anime peu \u00e0 peu jusqu\u2019\u00e0 s\u2019asseoir puis se lever et danser doucement. L\u2019esth\u00e9tique ressemble pas mal \u00e0 celle de l\u2019Egypte ancienne et, quoiqu\u2019un peu morbide, c\u2019est visuellement assez beau et devient rapidement une esp\u00e8ce de com\u00e9die musicale muette tandis que la voix <em>live<\/em> et les musiciens adoptent un ton de fanfare cubiste puis chantent une comptine enfantine enjou\u00e9e. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et maintenant ils entonnent un air \u00e0 la Nino Rota sur des images mouvantes qui ressembleraient un peu \u00e0 du Fellini en noir et blanc. <\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Fin de la projection sur \u00e9cran g\u00e9ant. Seule reste sur sc\u00e8ne la musique qui est devenue \u00e9l\u00e9giaque et magnifique de nuances m\u00e9lodiques. Et quand la voix soliste reprend son chant, d\u2019une douceur extr\u00eame, c\u2019est comme un baume bienfaisant apr\u00e8s le d\u00e9luge d\u2019images brutales et assez \u00e9prouvantes. \u00ab\u00a0<em>De la musique avant toute chose\u2026<\/em>\u00a0\u00bb disait Verlaine. Apr\u00e8s c\u2019est bien aussi\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Et ainsi se termine la 37<sup>i\u00e8me<\/sup> \u00e9dition de Vilnius Jazz qui aura \u00e9t\u00e9 encore plus int\u00e9ressante et vari\u00e9e que celle de l\u2019an pass\u00e9. Et l\u2019automne prochain\u2026 devinez\u2026 Antanas me confie que, dans la foul\u00e9e de la saison culturelle franco-lituanienne de 2024, <em>Vilnius Jazz 2025<\/em> fera un bon gros focus sur la sc\u00e8ne jazz fran\u00e7aise contemporaine. Alors, chers lectrices &amp; lecteurs, vous savez ce qu\u2019il vous reste \u00e0 faire\u2026 A ch\u2019val\u00a0? Ben non, pardi\u00a0:<\/span><\/p>\n<ul>\n<li><span style=\"font-size: 14pt\">demander \u00e0 votre larfeuille de mettre des sous de c\u00f4t\u00e9 \u00e0 partir de toot sweet<\/span><\/li>\n<li><span style=\"font-size: 14pt\">investir dans un A\/R Vilnius et dans un B&amp;B ou un h\u00f4tel du m\u00eame m\u00e9tal, et vous pr\u00e9parer spychologiquement \u00e0 kiffer grave en ou\u00efssant des groupes bien d\u2019chez nous en partie m\u00e9tiss\u00e9s de zicos lituaniens.<\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ceci n\u2019est pas un conseil mais un ordre. Comme d\u2019hab\u2019.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Quelques semaines apr\u00e8s Vilnius Jazz avait lieu \u00e0 Strasbourg, dans le cadre de la saison culturelle franco-lituanienne, un concert\u2026 franco-lituanien\u00a0: un avant-go\u00fbt de Vilnius jazz 2025.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Blaser\/Ducret\/Mockunas + Improdimensia Orchestra feat. Marc Ducret &amp; Liudas Mockunas @ Strasbourg, Cit\u00e9 de la Musique 09\/11\/2024.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">La grande salle de l\u2019Auditorium de la Cit\u00e9 de la Musique de Strasbourg est \u00e0 peine \u00e0 moiti\u00e9 pleine pour cette soir\u00e9e franco-lituanienne, ou lituanio-fran\u00e7aise si vous pr\u00e9f\u00e9rez (Ah, vous pr\u00e9f\u00e9rez. Alors d\u2019acodac\u00a0!). Ce n\u2019est pas \u00e7a qui va emp\u00eacher le trio lituanio-helv\u00e9to-frenchy de <strong>Liudas Mockunas<\/strong> (s\/cl), <strong>Samuel Blaser<\/strong> (tb) et <strong>Marc Ducret<\/strong> (elg) d\u2019envoyer d\u00e8s le premier th\u00e8me une pur\u00e9e \u00e9paisse (Oh, puuuur\u00e9e de nous autres\u00a0! A quelle(s) sauce(s) vont-ils nous bouffer ces mthrfckrs de leur m\u00e8re\u00a0?). Comme toujours avec ces trois-l\u00e0, c\u2019est compl\u00e8tement m\u00e9lodico-free car \u2014 je l\u2019ai dit moult fois et je le re-serine sans le moindre complexe ni vaine pudeur \u2014 ce sont des CHANTEURS de FREE\u00a0! (Putain \u2014 j\u2019veux dire fichtre-foutre-chiasse de bordel aqueux \u2014, vous allez m\u2019\u00e9couter un peu ou faut que je vous le gueule au creux des tympans (Tiens, pan\u00a0! pan\u00a0! t\u2019es dead mon gras, ma fille\u00a0!). Alors ce qu\u2019on \u00e9coute, outre les jolies petites\u00a0(pas si petites, en fait) m\u00e9lodies, c\u2019est leur foutu son de band. D\u2019autant que ce sacr\u00e9 <strong>Liudas<\/strong> a apport\u00e9 plusieurs saxes (pas des vases de Saxe, ni la vase espagnole du sud qui semble avoir \u00e9pargn\u00e9 le Guadalquivir \u2014 le grand fleuve dont le nom originel est oued el k\u2019bir\u00a0: en Arabe fleuve le grand \u2014 ni en cristal de Boh\u00e8me ou en porc ce laine de Limoges\u2026) dont un sax sopranino et un sax basse\u00a0: ce magicien des anches ma\u00eetrise toutes les anches de sax et de clarinette, c\u2019est clair et net. Et l\u00e0 il d\u00e9roule la m\u00e9lodie au soprano tandis que ses deux sbires patibulaires lui tressent un filet d\u2019accompagnement super soft et tr\u00e8s beaucoup subtil. Un filet, j\u2019ai dit, pas un gilet pare-balle parce qu\u2019il n\u2019en a pas besoin vu que c\u2019est un tueur doux-dur et que ses gardes du corps dont il n\u2019a pas besoin puisqu\u2019ils n\u2019en sont pas, sont eux-m\u00eames des tireurs d\u2019\u00e9lite qui vous sortent du lit, du lithium et des d\u00e9lits \u2014 dont vous \u00eates \u00e9videmment coupables. Allez, je vous connais et on ne me la fait pas \u00e0 moi\u00a0! L\u00e0 ils jouent trois lignes m\u00e9lodiques parall\u00e8les, <strong>Liudas<\/strong> \u00e0 la clarinette et c\u2019est tellement beau que j\u2019ai la gorge qui se noue et des tears qui me picotent les noeils. <strong>Liudas<\/strong>, seul au t\u00e9nor rageur bient\u00f4t rejoint par les deux autres en lignes m\u00e9lodiques \u00e0 l\u2019unisson. Puis <strong>Samuel <\/strong>sort la sourdine en solo et c\u2019est une s\u00e9rie de wah wah wah graves puis plus aigus pour continuer sans sourdine en affirmant qu\u2019il est le plus grand tb de sa g\u00e9n\u00e9ration au Monde, et pluche si affinit\u00e9s. Les deux autres l\u2019ont rejoint puis c\u2019est au tour de <strong>Marc<\/strong> de soloter en solo avec sa foutue gratte customis\u00e9e par son luthier qui lui en a offert 5 ou 6 et pas pour jouer en 5\/4 ou en 6\/8. La guitare miaule tendrement et tout doux et par instants j\u2019ai entendu le \u00ab\u00a0O Gelsomina\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0La Strada\u00a0\u00bb de Nino Rota, mais peut-\u00eatre me suis-je fourvoy\u00e9 tant mes esgourdes sont satur\u00e9es de beau son (et pas de boxon, car s\u2019il y a 1 bordel quelque part ici c\u2019est uniquement dans ma grande gueule qui jure \u00e0 too boo d\u2019champ. <strong>Liudas<\/strong> est maintenant au t\u00e9nor et il chante une m\u00e9lodie r\u00e9p\u00e9titive enchanteresse et les deux autres lui foutent une paix royale et l\u2019\u00e9coutent attentivement avant de le rejoindre en lignes parall\u00e8les et quasiment contrapuntiques. Des TUEURS, je vous le disais et comme ils composent tous les trois je sais plus de qui est tel ou tel morceau. Si, l\u00e0 c\u2019est un th\u00e8me de <strong>Marc<\/strong> o\u00f9 affleure bri\u00e8vement le 2\/5\/1 du \u00ab\u00a0Giant Steps\u00a0\u00bb de Coltrane. Et c\u2019est <strong>Ducret<\/strong>qui prend le premier\u00a0 solo (\u00e0 tout saigneur\u2026) Oh Seigneur (en qui je ne crois point) prends-nous en piti\u00e9 car ta mansu\u00e9tude est grande et nous, pauvres p\u00eacheurs de sons, sommes l\u00e0, clou\u00e9s sur nos putains de si\u00e8ges \u00e0 laisser la bave nous couler au coin des l\u00e8vres et on n\u2019a m\u00eame pas de couches-culottes faciales. Au secouuuuurs\u00a0! A l\u2019aide\u00a0! Ils vont nous tuer et nous incin\u00e9rer dans le chaudron en fusion de leur free-sonnant. Ils n\u2019ont aucune piti\u00e9. L\u2019arm\u00e9e russe + isra\u00e9lienne, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux, ce sont des amateurs gentillets et petitement burn\u00e9s. Mais que fait la police\u00a0? Ben elle r\u00e9colte les prunes des radars et laisse les SUV squatter les pistes cyclables, comme d\u2019hab\u2019, caisse tu crois, Qu\u00e9num\u00a0? T\u2019es vraiment un gros na\u00eff, parole donneur (d\u2019organes post-mortem, mais on t\u2019M bien Kant m\u2019aime \u2014 et Nietzsche, Spinoza, Stirner et Morin encore pluche, par tous les Kropotkines dont \u00ab\u00a0La morale anarchiste\u00a0\u00bb co\u00fbte 4\u20ac). Bon ils ont dit que l\u2019esp\u00e8ce d\u2019hymne qu\u2019il entonnent \u00e0 gorge d\u00e9ploy\u00e9e \u00e9tait le dernier morceau. Mais ce sont de fieff\u00e9s menteurs et y\u2019aura un rappel, s\u00fbr de chez\u2026 Sinon je ne donne pas cher de leurs peaux de b\u00eates en appel au Tribunal de Grande Instance (chat, vir\u00e9\u00a0!).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Ensuite, c\u2019est un petit Grand Orchestre (12 instrumentistes, dont les deux co-leaders\/co-compositeurs <strong>Marc<\/strong> et <strong>Liudas<\/strong>) nomm\u00e9 Improdimensia Orchestra qui occupe la sc\u00e8ne. Ils commencent par des effets de souffle dans les anches et embouchures sur un rythme syncop\u00e9 assez al\u00e9atoire. Puis la contrebasse de <strong>Bruno Chevillon<\/strong>, le piano d\u2019<strong>Arnas Mikalk\u00e9nas<\/strong> et la batterie de <strong>Peter Bruun<\/strong> entament une tr\u00e8s belle m\u00e9lodie en trio qui s\u2019enfle, s\u2019enfle pour devenir un hymne jou\u00e9 par l\u2019ensemble o\u00f9 je crois (de nouveau) entendre le 2\/5\/1 de Coltrane et o\u00f9 le sax baryton puis l\u2019alto chorussent free l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre avant de laisser place \u00e0 la guitare fureteuse de<strong> Marc <\/strong>et au t\u00e9nor g\u00e9n\u00e9reux de <strong>Liudas<\/strong>. Quand \u00e7a se calme un peu, c\u2019est la fl\u00fbte qui prend le relais, accompagn\u00e9e par la contrebasse, la guitare, la batterie et le tuba. Puis l\u2019ensemble entame une sorte de rock d\u00e9jant\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Le rappel est \u00e9videmment tr\u00e8s doux : guitare et piano puis fl\u00fbtes et autres souffleurs tr\u00e8s m\u00e9lodiques.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400\"><span style=\"font-size: 14pt\">Bon, ben z\u2019avez compris\u00a0: la Lituanie est un petit grand pays du jazz europ\u00e9en, et si vous ne venez pas \u00e0 Vilnius en octobre prochain, je le saurai et je vous gronderai tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8rement, ce qui vous sera \u00e9videmment insupportable et vous minera le moral ad vitam.<\/span><\/p>\n<div class=\"mceTemp\"><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00a9All Photos<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vilnius Jazz en est \u00e0 sa 37i\u00e8me \u00e9dition, qui est pour moi la seconde puisque j\u2019y suis venu pour la premi\u00e8re fois l\u2019an dernier (voir l\u2019article sur couleursjazz.fr) Premier soir&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":178,"featured_media":42161,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[70,13,2526],"tags":[8698,8323,7556,8276,8209,7192],"class_list":{"0":"post-42183","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-a-la-une","8":"category-actualite","9":"category-place-du-jazz","10":"tag-aruan-ortiz-fr","11":"tag-liudas-mockunas-fr","12":"tag-marc-ducret-fr","13":"tag-nout-fr","14":"tag-samuel-blaser-fr","15":"tag-vincent-courtois"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42183","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/178"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=42183"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42183\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":42192,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/42183\/revisions\/42192"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/42161"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=42183"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=42183"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=42183"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}