{"id":41922,"date":"2024-11-03T18:10:55","date_gmt":"2024-11-03T17:10:55","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=41922"},"modified":"2024-11-03T18:34:59","modified_gmt":"2024-11-03T17:34:59","slug":"michael-cuscuna-les-annees-blue-note","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/michael-cuscuna-les-annees-blue-note\/","title":{"rendered":"Michael Cuscuna &#8211; Les ann\u00e9es Blue Note"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"font-size: large;\">Le producteur Michael Cuscuna, cofondateur du label Mosaic Records en 1983 et responsable des r\u00e9\u00e9ditions Blue Note dans les ann\u00e9es 1990 et 2000, d\u00e9finitivement parti le 20 avril 2024, me racontait en 1999, \u00a0l\u2019\u00e9pop\u00e9e du label Blue Note.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Quand <strong>Blue Note<\/strong> commen\u00e7a en 1939, il \u00e9tait alors le troisi\u00e8me label de jazz ind\u00e9pendant aux Etats-Unis. Tous les enregistrements de toutes sortes de musiques \u00e9taient produits par trois majors compagnies. En 1938, <em>Commodore <\/em>d\u00e9buta, puis <em>Chess<\/em>, et enfin <em>Blue Note<\/em> qui fut donc le troisi\u00e8me label de jazz am\u00e9ricain ind\u00e9pendant.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Tout commen\u00e7a avec Alfred Lion, natif d\u2019Allemagne, qui s\u2019installa aux Etats-Unis \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17 ans. Il avait d\u00e9couvert le jazz \u00e0 Berlin et il en \u00e9tait tomb\u00e9 amoureux. Il \u00e9tait parti aux Etats-Unis pour essayer de trouver du travail. Il a travaill\u00e9 sur les docks, il dormait alors \u00e0 Central Park. Mais il n\u2019a pas voulu continuer. Il est retourn\u00e9 en Allemagne en 1930. Avec son ami et voisin Francis Wolff, il a fait de l\u2019import-export de bijoux avec l\u2019Espagne.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mais il a voulu retourner en Am\u00e9rique, il a s\u00e9journ\u00e9 plusieurs ann\u00e9es en Am\u00e9rique du Sud. Il travaillait sur les bateaux. Cela fait partie de l\u2019histoire romanesque de <strong>Blue Note<\/strong>. Alfred Lion \u00e9tant juif, il \u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 allemand en Am\u00e9rique. En fait, il avait quitt\u00e9 l\u2019Allemagne avant qu\u2019Hitler ne soit \u00e9lu. Finalement, il est parti d\u2019Am\u00e9rique du Sud pour les Etats-Unis en 1936. Il allait le plus souvent possible aux concerts de jazz et se constituait une collection de disques.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En 1938, John Hammond avait organis\u00e9 au Carnegie Hall un concert appel\u00e9 <em>From Spirituals to Swing<\/em>. Alfred Lion a \u00e9t\u00e9 tellement impressionn\u00e9 par le boogie-woogie jou\u00e9e par Albert Ammons, Meade \u201cLux\u201d Lewis et Pete Johnson que deux semaines plus tard, il a organis\u00e9 avec eux la premi\u00e8re session d\u2019enregistrement <strong>Blue Note<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ce qui s\u2019est pass\u00e9, c\u2019est que de nombreux musiciens qui jouaient en clubs n\u2019enregistraient pas de disques. La musique \u00e9tait de plus en plus sophistiqu\u00e9e avec notamment les grands orchestres swing. Alfred Lion \u00e9coutait le jazz qui se pratiquait dans les clubs comme au <em>Caf\u00e9 Society<\/em>. Il a mont\u00e9 son label afin d\u2019immortaliser ce qu\u2019il entendait en concert, dans les clubs.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La deuxi\u00e8me s\u00e9ance d\u2019enregistrement <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Blue_Note_Records\"><strong>Blue Note<\/strong><\/a> a donn\u00e9 lieu \u00e0 une innovation gr\u00e2ce \u00e0 un accident. Il voulait enregistrer un orchestre mais les musiciens n\u2019\u00e9taient pas disponibles. Il a alors eu l\u2019id\u00e9e de les faire enregistrer \u00e0 trois heures du matin quand les clubs \u00e9taient ferm\u00e9s et les musiciens libres.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">C\u2019\u00e9tait le seul moment o\u00f9 les musiciens pouvaient enregistrer ensemble.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Alfred Lion a ainsi invent\u00e9 la premi\u00e8re s\u00e9ance d\u2019enregistrement \u201cafter hours\u201d. Alfred Lion \u00e9tait surtout amateur du jazz traditionnel des ann\u00e9es 20. Il a ainsi commenc\u00e9 \u00e0 enregistrer les ma\u00eetres du boogie-woogie, et puis Sidney de Paris, Sidney Bechet et Edmond Hall, d\u2019excellents musiciens qui \u00e9taient issus de la sc\u00e8ne du style Nouvelle-Orl\u00e9ans.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41934\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1.png\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"849\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1.png 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-300x300.png 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-150x150.png 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-768x767.png 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-140x140.png 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-100x100.png 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-500x500.png 500w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-350x350.png 350w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/The-Amazing-Bud-Powell-1-800x800.png 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Thelonious Monk, Bud Powell, Fats Navarro, Art Blakey&#8230;<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Pendant la guerre, Alfred Lion a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Mais, heureusement, il n\u2019est pas all\u00e9 plus loin que le Texas. Alfred avec une arme est une id\u00e9e effrayante (rires).<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Son ami Francis Wolff \u00e9tait rest\u00e9 en Allemagne, il l\u2019a rejoint plus tard pour travailler avec lui pour <strong>Blue Note<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Quand la guerre a d\u00e9but\u00e9, Francis travaillait avec Milt Gibler dans le magasin de la maison de disques <em>Commodore<\/em>. Apr\u00e8s la guerre, le jazz a commenc\u00e9 \u00e0 changer. Il a alors enregistr\u00e9 des petits orchestres swing, des gens comme Tiny Grimes, Ike Quebec et John Handy. Ike Quebec a fait d\u00e9couvrir le jazz moderne \u00e0 Alfred Lion en 1947. Il lui a pr\u00e9sent\u00e9 Thelonious Monk, Art Blakey, Bud Powell et Fats Navarro. Alfred est vite tomb\u00e9 amoureux du jazz moderne.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41929\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"850\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-300x300.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-768x768.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-100x100.jpg 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-500x500.jpg 500w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-350x350.jpg 350w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Thelonius-Monk-Genius-of-modern-music-800x800.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Il a alors enregistr\u00e9 le plus de jazz moderne possible. A cette \u00e9poque, <strong>Blue Note <\/strong>\u00e9tait toujours un label ind\u00e9pendant qui connaissait un succ\u00e8s d\u2019estime. En fait, il vivait au jour le jour. Quand le 78 tours est apparu dans les ann\u00e9es 40, <strong>Blue Note <\/strong>vivotait parce qu\u2019il ne pouvait pas se permettre d\u2019investir dans cette nouvelle industrie du disque.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">M\u00eame aujourd\u2019hui, en 1999, enregistrer un disque co\u00fbte cher. Alfred Lion a lutt\u00e9 pour pouvoir enregistrer le jazz moderne. Le label enregistrait beaucoup de s\u00e9ances de qualit\u00e9 avec Thelonious Monk, Bud Powell, Miles Davis, mais, finalement, c\u2019\u00e9tait une lutte tr\u00e8s dure qu\u2019il avait \u00e0 mener. A ce moment-l\u00e0, quelque chose s\u2019est pass\u00e9 : Lou Donaldson devait enregistrer un disque. Mais il n\u2019a pas pu, il devait quitter New York. Alfred Lion a alors propos\u00e9 au pianiste de Lou Donaldson, Horace Silver, d\u2019\u00eatre le leader de la s\u00e9ance. Horace a \u00e9t\u00e9 d\u2019accord. Il a enregistr\u00e9 en trio.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Quelques mois plus tard, Alfred a demand\u00e9 \u00e0 Horace Silver s\u2019il voulait faire un enregistrement avec un saxophoniste. Horace a \u00e9t\u00e9 \u00e0 nouveau d\u2019accord.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41936\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"850\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-300x300.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-768x768.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-100x100.jpg 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-500x500.jpg 500w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-350x350.jpg 350w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Horace-SilverL80_-800x800.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Un orchestre s\u2019est form\u00e9 avec Art Blakey, Doug Watkins, Horace Silver, Hank Mobley et Kenny Dorham. A cette \u00e9poque, \u00e0 la fin de 1954, la sc\u00e8ne du jazz commen\u00e7ait \u00e0 devenir ennuyeuse. De nombreux musiciens imitaient Charlie Parker. Horace Silver et Art Blakey ont ressenti le besoin de vraiment faire revenir le public de jazz. Ils ont alors compos\u00e9 de nombreux titres avec des blues, des gospels, des choses que le public pourrait lier ou pas au jazz moderne.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Ce fut le d\u00e9but des Jazz Messengers. Et ce fut aussi le d\u00e9but du succ\u00e8s des disques <strong>Blue Note<\/strong>. Ce qu\u2019Horace Silver et Art Blakey ont fait en se lan\u00e7ant dans l\u2019aventure du hard-bop, c\u2019est cr\u00e9er le son <strong>Blue Note<\/strong>. Ils ont con\u00e7u les standards des vingt ann\u00e9es suivantes, ce que j\u2019appellerais l\u2019\u00e2ge d\u2019or des disques <strong>Blue Note.<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Le son Blue Note<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avec l\u2019invention du 78 tours et le succ\u00e8s des Jazz Messengers, <strong>Blue Note<\/strong> est vraiment devenu un label identifiable. <strong>Blue Note<\/strong> a permis d\u2019enregistrer des disques uniques. Pour cela, il faut remercier un saxophoniste, Gil Malley, qui a pr\u00e9sent\u00e9 Rudy Van Gelder \u00e0 Alfred Lion en 1953. Rudy Van Gelder \u00e9tait un \u00a0\u00a0ing\u00e9nieur du son qui poss\u00e9dait son propre studio d\u2019enregistrement dans le salon de ses parents. Il a vraiment \u00e9t\u00e9 l\u2019ing\u00e9nieur du son qui a \u00e9t\u00e9 capable d\u2019enregistrer le gros son d\u2019un saxophone ou bien le son d\u2019un set de batterie. Le son d\u2019ensemble \u00e9tait tr\u00e8s clair. Vous pouviez entendre tr\u00e8s clairement le piano, vous pouviez entendre la basse, et vous pouviez entendre toute la musique en une m\u00eame perspective. C\u2019\u00e9tait aussi un son tr\u00e8s large. Chose importante, il n\u2019avait pas besoin de cent micros pour enregistrer, deux suffisaient pour capter le son d\u2019un set de batterie. Vous pouviez entendre chaque cymbale distinctement, chaque nuance. Le son qu\u2019il obtenait \u00e9tait extraordinaire. Rudy a illumin\u00e9 la musique. Le son de Rudy Van Gelder et la musique d\u2019Art Blakey et d\u2019Horace Silver et des autres, ainsi que les pochettes de disque qui mettaient en valeur les belles photos de Francis Wolff, avec le graphisme de Reid Miles, a vraiment fait de <strong>Blue Note<\/strong> un label original.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Le style Blue Note<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Reid Miles a con\u00e7u entre 300 et 400 pochettes de disque. Il n\u2019\u00e9tait pas amateur de jazz, il n\u2019y comprenait rien. Il concevait les pochettes de disque en fonction des photos de Francis Wolff prises durant les s\u00e9ances d\u2019enregistrement. Francis Wolff \u00e9tait rest\u00e9 \u00e0 Berlin apr\u00e8s qu\u2019Alfred Lion se soit install\u00e9 \u00e0 New York. En Allemagne, il avait \u00e9tudi\u00e9 la photographie. Il est ainsi devenu photographe professionnel. Etant juif, il a d\u00fb quitter Berlin pour New York. Quand il a commenc\u00e9 \u00e0 travailler pour <strong>Blue Note<\/strong> aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Alfred Lion, il a pris l\u2019habitude de photographier toutes les s\u00e9ances d\u2019enregistrement.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Durant ces ann\u00e9es, on mettait surtout les photos en avant. Alfred voulait que les s\u00e9ances d\u2019enregistrement soient document\u00e9es. Francis faisait des portraits des musiciens. Cela aurait du prendre cinq heures, lui les faisait en un instant.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">La qualit\u00e9 de ses photos \u00e9tait de tout premier ordre. Ce qui est le plus \u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019en photographiant toutes les s\u00e9ances, cela a \u00e9t\u00e9 la toute premi\u00e8re fois que la musique enregistr\u00e9e a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement document\u00e9e photographiquement. Je ne pense pas que cela ait \u00e9t\u00e9 fait auparavant, et je ne pense pas que cela puisse se reproduire.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41938\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Miles-Davis-Vol.1.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"835\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Miles-Davis-Vol.1.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Miles-Davis-Vol.1-300x295.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Miles-Davis-Vol.1-768x754.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Le graphisme de Reid Miles a toujours restitu\u00e9 l\u2019esprit de l\u2019album. Ce qui est incroyable, c\u2019est que chaque disque <strong>Blue Note <\/strong>avait un design compl\u00e8tement diff\u00e9rent. Reid Miles avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s influenc\u00e9 par le Bauhaus. Il avait la grande qualit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer son travail de graphisme \u00e0 celui de Francis Wolff. Cela a fait de chaque disque un objet unique. Il donnait la couleur de l\u2019album. Parfois, le graphisme suffisait, comme le disque <em>Out to lunch<\/em> d\u2019Eric Dolphy, avec la photo de cette porte et cette petite horloge qui va dans toutes les directions. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 avec la musique, le temps allait dans tous les sens. Quand j\u2019\u00e9tais adolescent, je voulais acheter ces disques \u00e0 cause de leurs pochettes. Blue Note est ainsi devenu le label de qualit\u00e9. Alfred Lion avait une excellente approche de la musique, mais il savait aussi comment faire pour enregistrer de bons albums quand d\u2019autres maisons de disque ne faisaient qu\u2019amener les musiciens en studio et leur faisaient enregistrer des blues et des standards. Alfred discutait avec les musiciens, leur demandait qui seraient les sidemen, et il les encourageait \u00e0 composer. Ce qui fait qu\u2019il y a avec les disques Blue Note beaucoup plus d\u2019invention et d\u2019organisation que sur bon nombre d\u2019autres labels. Il offrait aux musiciens de bonnes conditions de travail. Francis Wolff a vraiment permis \u00e0 ce que les disques se passent dans de bonnes conditions et qu\u2019ils sonnent bien. C\u2019est le son Blue Note. Cela a continu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 1967. Il y a eu de nombreuses innovations, de nombreux changements. Quelqu\u2019un comme Jimmy Smith a invent\u00e9 un nouveau son, celui de l\u2019orgue. Personne n\u2019avait jou\u00e9 de l\u2019orgue comme lui auparavant. Apr\u00e8s lui, de nombreux organistes ont apparu, sur Blue Note, mais aussi Prestige, Chess et Savoy, diff\u00e9rents labels ind\u00e9pendants.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Jackie McLean, Cecil Taylor, Don Cherry, Ornette Coleman&#8230;<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Vers 1962, l\u2019avant-garde a commenc\u00e9 \u00e0 devenir de plus en plus active. Alfred Lion s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux nouvelles formes de libert\u00e9 musicale.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">\u00a0L\u2019un des musiciens qui l\u2019a beaucoup influenc\u00e9, c\u2019est Jackie McLean qui \u00e9tait tr\u00e8s ouvert sur les nouvelles formes que prenait le jazz. Jackie lui a pr\u00e9sent\u00e9 Tony Williams, Bobby Hutcherson et Grachan Monchur, et a ouvert ses oreilles \u00e0 des musiciens comme Andrew Hill. Il a aussi enregistr\u00e9 Cecil Taylor, Don Cherry et Ornette Coleman. A la m\u00eame \u00e9poque, les musiciens hard bop issus des orchestres d\u2019Art Blakey et d\u2019Horace Silver ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tendre leur vocabulaire. Alfred Lion a sign\u00e9 un contrat avec Herbie Hancock qui lui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par Donald Byrd. Et il a aussi sign\u00e9 Tony Williams, Wayne Shorter et Freddie Hubbard. Ces musiciens ont int\u00e9gr\u00e9 le langage du hard bop puis l\u2019ont \u00e9tendu, introduisant des modes, des harmonies tr\u00e8s complexes.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">C\u2019\u00e9tait une musique incroyablement excitante. C\u2019est la musique qui a fait de Miles Davis un h\u00e9ros au milieu des ann\u00e9es 60. Ils sont devenus les nouveaux standards <strong>Blue Note<\/strong>. Joe Henderson, que j\u2019ai oubli\u00e9 de mentionner, a aussi jou\u00e9 un r\u00f4le important. Ainsi, le hard bop prenait une nouvelle direction. En 1965, <strong>Blue Note<\/strong> a connu un grand succ\u00e8s avec le disque <em>The Sidewinder<\/em> de Lee Morgan et celui d\u2019Horace Silver, <em>Song for my father.<\/em> Ces succ\u00e8s n\u2019\u00e9taient pas attendus. Si Lee Morgan et Horace Silver s\u2019attendaient \u00e0 ce qu\u2019ils deviennent des hits, Alfred Lion ne le pensait pas. Il y a quelque chose d\u2019important \u00e0 savoir en ce qui concerne l\u2019industrie du disque. Si vous obtenez un hit, cela devient vraiment probl\u00e9matique pour une simple raison \u00e9conomique. Si vous vendez beaucoup de disques, vous devez faire presser d\u2019autres disques que vous devez payer sous 30 jours, et vous devez payer les royalties aux artistes sous 30 jours. Quand vous confiez ces disques aux distributeurs pour qu\u2019ils les vendent, vous n\u2019\u00eates pas pay\u00e9 avant 6 ou 9 mois. Alors, le pire qu\u2019il puisse vous arriver financi\u00e8rement, c\u2019est d\u2019avoir du succ\u00e8s parce que vous devez avancer de l\u2019argent avant d\u2019en recevoir. C\u2019est devenu un probl\u00e8me important pour <strong>Blue Note<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41940\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"844\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three-300x298.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three-768x763.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Michel-Petrucciani-Power-if-Three-100x100.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/>Alfred Lion s\u2019est rendu compte qu\u2019il avait besoin du soutien d\u2019une maison de disques plus importante. Il a alors vendu <strong>Blue Note<\/strong> \u00e0 Liberty Records. C\u2019\u00e9tait en 1965, cela l\u2019a lib\u00e9r\u00e9 de beaucoup de stress. S\u2019occuper d\u2019un label ind\u00e9pendant est formidable, mais c\u2019est plus stressant que d\u2019avoir dix enfants. Vous ne dormez pas, vous n\u2019arr\u00eatez pas de penser \u00e0 ce que vous devez faire&#8230; Alfred Lion et Francis Wolff ont donc vendu <strong>Blue Note <\/strong>\u00e0<strong> Liberty Records<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Les derni\u00e8res s\u00e9ances qu\u2019ils ont organis\u00e9es, c\u2019\u00e9tait en juin 1967. Cela a aussi correspondu au moment o\u00f9 l\u2019industrie du disque changeait. Les radio FM \u00e9taient tr\u00e8s populaires aux Etats-Unis. Il y avait beaucoup de musiciens de rock sur la sc\u00e8ne musicale qui exp\u00e9rimentait plus. Alfred Lion a alors produit du jazz funky. Certains ont eu beaucoup de succ\u00e8s \u00e0 ce moment-l\u00e0, comme ceux de Lou Donaldson, de Donald Byrd et de Lonnie Smith. Et il continuait toujours \u00e0 enregistrer Ornette Coleman et Andrew Hill.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mais quand Francis Wolff est mort en 1971, <strong>Blue Note<\/strong> ne pouvait pas poursuivre.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Donald Byrd a relanc\u00e9 Blue Note en 1971 ou 1972 gr\u00e2ce \u00e0 son album <em>Black Bird.<\/em>Cela n\u2019avait rien \u00e0 voir avec le jazz mais c\u2019\u00e9tait de la pop music excellente. Le public \u00e9tait en col\u00e8re parce que <strong>Blue Note<\/strong> n\u2019\u00e9tait pas ce qu\u2019il \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Mais le monde avait chang\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Certains artistes sont rest\u00e9s chez <strong>Blue Note<\/strong> durant les ann\u00e9es 70. Lou Donaldson est parti en 1975, Bobby Hutcherson en 1978, Horace Silver en 1981. Il \u00e9tait le dernier artiste <strong>Blue Note<\/strong> vivant.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9\u00e9diter les anciens enregistrements <strong>Blue Note<\/strong>. Et finalement, les r\u00e9\u00e9ditions se sont arr\u00eat\u00e9es, et en juin 1981, ce fut la fin de <strong>Blue Note<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Blue Note, le retour<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">En 1981, EMI a propos\u00e9 \u00e0 Bruce Lundvall de cr\u00e9er un label pop \u00e0 New York. Ils n\u2019avaient pas de label \u00e0 New York, ils se trouvaient en Californie. Bruce est un grand amateur de jazz. Il a travaill\u00e9 chez Columbia et Elektra. On lui a propos\u00e9 de ressusciter <strong>Blue Note<\/strong>. Bruce m\u2019a appel\u00e9 un jour, me questionnant au sujet des r\u00e9\u00e9ditions. J\u2019ai eu l\u2019id\u00e9e d\u2019un concert <em>all-stars<\/em> qui rendrait hommage <strong>\u00e0 Blue Note<\/strong>. Ce concert organis\u00e9 au Town Hall a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 et film\u00e9. Ce m\u00eame jour, nous avons sorti vingt r\u00e9\u00e9ditions et un nouvel enregistrement, le disque <em>Magic Touch<\/em> de Stanley Jordan.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Bruce Lundvall et moi avons continu\u00e9 \u00e0 travailler ensemble. J\u2019ai surtout travaill\u00e9 sur les r\u00e9\u00e9ditions. Pour ce qui est des nouveaut\u00e9s, Bruce et moi voulions enregistrer les musiciens qui avaient particip\u00e9 aux Blue Note classiques. Nous avons ainsi enregistr\u00e9 Stanley Turrentine, Andrew Hill, McCoy Tyner, Kenny Burrell, Freddie Hubard, Woody Shaw et Joe Henderson. La nouvelle s\u00e9rie d\u2019enregistrements \u00e9tait plut\u00f4t crossover. Il fallait bien vendre des disques. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait de trouver des musiciens qui d\u00e9passent l\u2019auditoire habituel du jazz afin d\u2019atteindre un public plus large.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le disque <em>Magic Touch<\/em> de Stanley Jordan a eu un grand succ\u00e8s ainsi que Bobby McFerrin, Dianne Reeves, \u00e9galement, mais aussi Lou Rawls. Nous n\u2019avons pas fait des albums crossover mais des disques avec des artistes qui pouvaient \u00e9tendre l\u2019audience du jazz, c\u2019est la diff\u00e9rence.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Cela se pla\u00e7ait dans la tradition <strong>Blue Note. Blue Note<\/strong> n\u2019a jamais fait de disques comme ceux de CTI ou de GRP. Et lorsque nous avons eu du succ\u00e8s, c\u2019\u00e9tait gr\u00e2ce aux artistes. Notre autre crit\u00e8re \u00e9tait de trouver de jeunes talents. Le jazz fusion est devenu tellement important durant les ann\u00e9es 70 qu\u2019il n\u2019y avait plus de jeunes musiciens qui \u00e9mergeaient, \u00e0 l\u2019exception peut-\u00eatre de Wynton et Branford Marsalis, dont le p\u00e8re, Ellis, est un excellent pianiste de jazz. Il y avait tr\u00e8s peu de jeunes talents \u00e0 New York. Ce que nous avons fait, c\u2019est cr\u00e9er un nouveau groupe, OTB, une orchestre Blue Note au personnel changeant. Nous avons fait passer des auditions \u00e0 40 ou 50 musiciens, beaucoup d\u2019excellents musiciens comme Lewish Nash, Kenny Garrett, Michael Philip Mossman et bien d\u2019autres. Ces auditions \u00e9taient une bonne fa\u00e7on de d\u00e9couvrir la nouvelle sc\u00e8ne du jazz.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Nous avons donc travaill\u00e9 sur trois axes : les musiciens historiques <strong>Blue Note<\/strong>, les artistes crossover et les jeunes talents. C\u2019est d\u2019ailleurs toujours notre approche actuelle. Depuis, le ph\u00e9nom\u00e8ne hip-hop est apparu avec beaucoup de groupes de rap qui ont sampl\u00e9 les disques <strong>Blue Note<\/strong>, ce qui nous a \u00e9t\u00e9 utile. Nous avons alors r\u00e9\u00e9dit\u00e9 certains disques en vinyle dans la collection Groove series qui pouvaient d\u00e8s lors \u00eatre diffus\u00e9s en bo\u00eete.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-41949\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"853\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-300x300.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-768x771.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-100x100.jpg 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/Lee-Morgan-The-sidewinder-350x350.jpg 350w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt; color: #0000ff;\"><strong>Blue Note, l\u2019\u00e2ge d\u2019or du jazz ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il y a plusieurs incarnations des disques <strong>Blue Note<\/strong>.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Je pense que <strong>Blue Note<\/strong>, durant sa p\u00e9riode historique, de 1955 \u00e0 1967, \u00e9tait le label qui a permis au jazz de se d\u00e9velopper \u00e0 New York. New York n\u2019\u00e9tait pas qu\u2019une ville, c\u2019\u00e9tait la capitale mondiale du jazz.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Il a \u00e9t\u00e9 fait en sorte que la qualit\u00e9 et la consistance soit mises en avant, que des r\u00e9pertoires soient constitu\u00e9s, que les solistes deviennent leaders. Selon moi, <strong>Blue Note<\/strong> repr\u00e9sente la meilleure documentation sonore de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du jazz. Des dizaines et des dizaines de g\u00e9ants ont enregistr\u00e9 pour <strong>Blue Note<\/strong>, la plupart \u00e9taient de New York. Le New York actuel est relativement diff\u00e9rent. Nous avons toujours l\u2019ancien <strong>Blue Note<\/strong> \u00e0 l\u2019esprit. Nous faisons en sorte que l\u2019on croit toujours en <strong>Blue Note<\/strong>. Nous aimons les artistes avec qui nous travaillons, nous essayons de faire des disques int\u00e8gres avec eux. Je pense que le nouveau <strong>Blue Note<\/strong> est repr\u00e9sentatif du jazz actuel.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le producteur Michael Cuscuna, cofondateur du label Mosaic Records en 1983 et responsable des r\u00e9\u00e9ditions Blue Note dans les ann\u00e9es 1990 et 2000, d\u00e9finitivement parti le 20 avril 2024, me&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":329,"featured_media":41942,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[70,13,202],"tags":[9064,9063],"class_list":{"0":"post-41922","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-a-la-une","8":"category-actualite","9":"category-dans-les-bacs","10":"tag-blue-note-fr","11":"tag-michael-cuscuna"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41922","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/329"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=41922"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41922\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":41951,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/41922\/revisions\/41951"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/41942"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=41922"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=41922"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=41922"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}