{"id":34231,"date":"2022-07-11T17:20:39","date_gmt":"2022-07-11T16:20:39","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=34231"},"modified":"2022-07-13T09:57:17","modified_gmt":"2022-07-13T08:57:17","slug":"isaiah-sharkey-new-morning-6-juillet-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/isaiah-sharkey-new-morning-6-juillet-2022\/","title":{"rendered":"Isaiah Sharkey &#8211; New Morning &#8211; 6 juillet 2022"},"content":{"rendered":"<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Le 6 juillet dernier, le festival \u00ab\u00a0All Stars\u00a0\u00bb du New Morning annon\u00e7ait un concert historique. D\u00e9monstration faite en deux sets par Isaiah Sharkey et son groupe compos\u00e9 de Tim Tribitt aux claviers, Garrett Body \u00e0 la basse et Eric Johnson \u00e0 la batterie. En presque trois heures, le groupe a imprim\u00e9 un rythme incandescent fusionnant tous les genres dans un style singulier, irr\u00e9sistible. Du blues classique au rock rageur, le son kal\u00e9idoscopique revendiqu\u00e9 par Isaiah Sharkey passe par la m\u00e9tamorphose de sa guitare et par sa voix, forg\u00e9e au gospel, dont le timbre sensuel couvre toutes les tonalit\u00e9s soul.<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Premier titre, premier indice, \u201c<em>Born Under A Bad Sign<\/em>\u201d, blues d\u2019Albert King\u2019s, dont on conna\u00eet la reprise par Jimi Hendrix sur une adaptation sign\u00e9e Booker T. Jones et William Bell. La rythmique clavier, basse, batterie, inflexible et intense, embarque d\u2019embl\u00e9e le public dans la matrice du son de Chicago. \u00ab\u00a0<em>I believe in vibrations\u00a0<\/em>\u00bb, ce sont les mots de <strong>Sharkey<\/strong> peu avant le concert, quand on l\u2019interroge sur le choix du mot \u00ab\u00a0love\u00a0\u00bb commun aux titres de ses deux albums\u00a0: <em>Love.Life.Live <\/em>paru en 2017 et<em>\u00a0Love is the Key : The Cancerian Theme<\/em> en 2019. Dans un sourire, il reconna\u00eet l\u2019urgence de maximiser l\u2019amour universel dans le monde, dont il octroie le pouvoir \u00e0 la musique, en rappelant certains des noms de l\u2019incubateur dans lequel il a grandi\u00a0: Herbie Hancock, Curtis Mayfield, Otis Redding, George Benson, Wes Montgomery, Lucky Peterson\u2026 sans oublier son propre p\u00e8re Michael Sharkey, ni encore Led Zeppelin. Tout en rappelant\u00a0la lutte pour la vie d\u2019un jeune homme de Chicago, \u00ab\u00a0soucieux d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9 et de t\u00e9moigner paix et amour\u00a0\u00bb, message indirect positif et inspir\u00e9 qui se retrouve dans un morceau du dernier album \u00ab\u00a0<em>Amen<\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_9318.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-34228\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_9318.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"566\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_9318.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_9318-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/IMG_9318-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Prodige rep\u00e9r\u00e9 d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 12 ans, sideman de nombreux artistes gospel, le guitariste est pass\u00e9 de l\u2019\u00e9glise aux clubs de jazz, avant d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9 par de nombreux artistes internationaux, comme John Mayer. En 2011, il part en tourn\u00e9e avec le chanteur D&rsquo;Angelo, dont onze concerts en Europe l\u2019ann\u00e9e suivante. Et c\u2019est avec lui qu\u2019il remporte un Grammy Award pour sa participation \u00e0 <em>Black Messiah<\/em>, sorti fin 2014 et Meilleur album de R&amp;B contemporain. Il fait \u00e9galement partie du collectif exp\u00e9rimental The Drumhedz du batteur texan Chris Dave, autre l\u00e9gende du hip hop, R&amp;B ou jazz actuel, et autre famille de virtuoses passionn\u00e9s qui motive la suite de son parcours. Le public du New Morning reprend les paroles de \u00ab<em>\u00a0It\u2019s A Shame\u00a0<\/em>\u00bb, paru sur son premier album et enregistr\u00e9 avec DJ Jazzy Jeff, \u00e9galement producteur am\u00e9ricain connu pour sa carri\u00e8re musicale en compagnie de Will Smith. Sur sc\u00e8ne, la version s\u2019attarde sur les vagues m\u00e9lodiques passant des riffs de guitare au clavier, relay\u00e9es par les balais glissant sur les cymbales. <strong>Sharkey<\/strong> n\u2019ignore rien du mouvement n\u00e9o-soul am\u00e9ricain des Soulquarians, un collectif hip hop soul qu\u2019unit \u00e9galement une certaine conscience politique.<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Isaiah Sharkey - Stay (Official Lyric Video)\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/1rwcDZwtg1g?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Avec \u00ab\u00a0<em>Heave<\/em>n\u00a0\u00bb, autre love song de 2017, le tempo se ralentit, respiration bienvenue pour la fi\u00e8vre qui s\u2019empare peu \u00e0 peu de la salle. Juste avant que<strong> Sharkey<\/strong> ne retourne sa casquette sur sa t\u00eate pour \u00ab\u00a0<em>Stay<\/em>\u00a0\u00bb, le premier titre de son prochain album dont le clip-vid\u00e9o est sorti le jour m\u00eame et l\u2019histoire d&rsquo;un amour \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, flottant sur une mer de riffs de guitare suaves et de percussions douces, inspir\u00e9e par une rencontre avec une femme sur un bateau. Un id\u00e9al amoureux qu\u2019il semble poursuivre avec la version cool de \u00ab\u00a0<em>Sara Smil<\/em>e\u00a0\u00bb de l&rsquo;album \u00e9ponyme de Hall &amp; Oates en 1976. Le showman se d\u00e9voile au fil des titres, sourire en coin pour convaincre des paroles, \u00ab<em>\u00a0won&rsquo;t you smile a while for me\u00a0<\/em>\u00bb, avant d\u2019attaquer \u00e0 la guitare des notes en douceur, bient\u00f4t pulv\u00e9ris\u00e9es dans l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration qui galvanise la fin du titre. Et le public. Le set se cl\u00f4t par une reprise du mythique \u00ab<em>\u00a0Can\u2019t Hide Love\u00a0<\/em>\u00bb de \u00ab\u00a0Skip\u00a0\u00bb Scarborough, travers\u00e9e par une douzaine de modes et de gammes, voix a\u00e9rienne et guitare d\u00e9coiffante, quand soudain une phrase surgit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>We&rsquo;re lost inside this lonely game we play<\/em>\u00a0\u00bb. Et chaque musicien de consolider ensuite le groove R&amp;B du titre de George Benson \u00ab\u00a0<em>This Masquerade<\/em>\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Le second set est encore plus implacable. Le deuxi\u00e8me morceau, \u00ab\u00a0<em>Pop My Toes<\/em>\u00a0\u00bb, provient du premier album, autre d\u00e9clinaison d\u2019une relation amoureuse aux allusions coquines. V\u00eatu d\u2019un d\u00e9bardeur sexy, <strong>Sharkey<\/strong> poursuit sa conqu\u00eate du public. \u00c0 l\u2019exception d\u2019un interm\u00e8de blues stup\u00e9fiant en solo \u00e0 la guitare, les autres titres sont des reprises mythiques tout aussi envoutantes : \u00ab\u00a0<em>I Can\u2019t Get Over You<\/em>\u00a0\u00bb de Maze, \u00ab\u00a0<em>Fire and Rain\u00a0<\/em>\u00bb de James Taylor, \u00ab<em>\u00a0Little Wing<\/em>\u00a0\u00bb de Jimi Hendrix, \u00ab\u00a0<em>Beautiful Ones<\/em>\u00a0\u00bb de Prince. La jam R&amp;B, jazz, funk, superpose les contrepoints d\u00e9clenchant des sourires complices entre les musiciens, un son singulier, unique, se d\u00e9ploie. La salle toujours pleine, d\u00e9sormais debout et comme prise d\u2019ivresse, arrache sans peine les rappels.<strong> Isaiah Sharkey<\/strong> choisit l\u2019un de ses titres \u00ab\u00a0<em>You<\/em>\u00a0\u00bb avant de basculer dans une inspiration exp\u00e9rimentale qui balance d\u2019Herbie Hancock \u00e0 Fela Kuti, Afrobeat o\u00f9 gravitent le groove et le militantisme. Sur ces traces-l\u00e0, le micro tenu \u00e0 distance du visage, le chant devient rauque puis souffle retra\u00e7ant les notes d\u2019un sax invisible. Les sons franchissent l\u2019espace et saisissent les esprits. Flying man\u00a0! \u00ab\u00a0On en parle de ce concert\u00a0?\u00a0\u00bb demandera le gardien du temple, Kasa, \u00e0 la sortie du New Morning. La phrase r\u00e9sume assez bien le niveau historique du deuxi\u00e8me passage d<strong>\u2019Isaiah Sharkey<\/strong> et de son band \u00e0 Paris en ce mois de juillet 2022. Game ouvert pour la suite, ce musicien-l\u00e0 a la cl\u00e9\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><strong><span style=\"font-size: 14pt;\">Line up<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Isaiah Sharkey<\/strong> (Guitare, Voix)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Tim Tribitt<\/strong> (Claviers)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Garrett Body<\/strong> (Basse)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Eric Johnson<\/strong>\u00a0(Batterie)<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\">Albums<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Love.Life.Live.<\/em> (Major Treble Talent LLC) 2017<\/span><\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><em>Love is the Key : The Cancerian Theme<\/em> (SDM Entertainment LLC) 2019<\/span><\/p>\n<p><strong>Photos \u00a9Zenep Husenaj\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 6 juillet dernier, le festival \u00ab\u00a0All Stars\u00a0\u00bb du New Morning annon\u00e7ait un concert historique. 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