{"id":32430,"date":"2021-12-28T20:45:19","date_gmt":"2021-12-28T19:45:19","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=32430"},"modified":"2021-12-28T18:11:48","modified_gmt":"2021-12-28T17:11:48","slug":"roberto-magris-match-point","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/roberto-magris-match-point\/","title":{"rendered":"Roberto Magris \u2013 Match Point"},"content":{"rendered":"<h3>Roberto Magris est un pianiste Italien qui a enregistr\u00e9 plus d\u2019une trentaine de disques avec une carri\u00e8re qui unit l\u2019Europe aux \u00c9tats Unis depuis les ann\u00e9es 2000. \u00a0Paul Collins et le label <em>JMood Records<\/em> de Kansas City ont d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 plusieurs de ses albums, avec un style \u00e0 la confluence de plusieurs traditions musicales, allant de Bud Powell \u00e0 Mc Coy Tyner ou Stanley Cowell.<\/h3>\n<p>Son nouvel opus, <strong><em>Match Point<\/em><\/strong>, sorti sur le label <em>JMood Records<\/em> en 2021, a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 aux <em>Criteria\/Hit Factory Studios<\/em> \u00e0 Miami et propose deux cat\u00e9gories de titres, ceux compos\u00e9s par <strong>Magris<\/strong>, au nombre de quatre et les reprises, sur la base d\u2019un panel \u00e9clectique qui va de Richard Kermode \u00e0 Mc Coy Tyner, en passant par Thelonious Monk.<\/p>\n<p>Il serait par trop r\u00e9ducteur d\u2019opposer la faconde blues pr\u00e9sente sur les compositions du pianiste aux fragrances afro-cubaines pr\u00e9sentes sur les autres pistes, alors qu\u2019elles font partie int\u00e9grante du vocabulaire d\u00e9velopp\u00e9 par l\u2019Italien depuis son envol vers la c\u00f4te Est des USA, marqu\u00e9 par une polyvalence tr\u00e8s affirm\u00e9e lors de cette session.<\/p>\n<p>Il faut dire que la pr\u00e9sence \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s du cubain <strong>Alfredo Chacon<\/strong> au vibraphone et aux percussions a tendance \u00e0 colorer singuli\u00e8rement le discours musical, de m\u00eame que la contribution du Costaricain <strong>Rodolfo Zunica<\/strong> \u00e0 la batterie ou de l\u2019Am\u00e9ricain <strong>Dion Kerr<\/strong> \u00e0 la basse. D\u2019embl\u00e9e, \u00ab\u00a0<em>Yours Is The Life\u00a0<\/em>\u00bb, une composition de Richard Kermode, \u00e9tablit une sorte de cross over avec le latin rock de Santana.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent sur l\u2019album \u00ab\u00a0<em>Welcome\u00a0<\/em>\u00bb de 1973 sur lequel Devadip rendait hommage \u00e0 John Coltrane, l\u2019interpr\u00e9tation propos\u00e9e ici joue sur une savante relecture du tempo et de la scansion rythmique, qui renoue avec l\u2019h\u00e9ritage de Bebo Vald\u00e9s.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Roberto Magris live in Miami 2018 at the Wertheim Performing Arts Center\" width=\"1080\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/udvIF0gKtTg?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Avec \u00ab\u00a0<em>Search For Peace<\/em>\u00a0\u00bb, nous entrons sur les terres de Mc Coy Tyner, une figure tut\u00e9laire du jazz qui joue de fa\u00e7on audible un r\u00f4le de p\u00e8re spirituel pour <strong>Roberto Magris.<\/strong> Cette ballade, au d\u00e9veloppement tr\u00e8s progressif, est une des plus belles compositions du pianiste, et son homologue italien parvient \u00e0 en proposer une relecture digne de l\u2019original, ce dont peu de clavi\u00e9ristes peuvent se pr\u00e9valoir. Chose peu commune, les connotations spirituelles propos\u00e9es par l\u2019artiste font appara\u00eetre en filigranes l\u2019intention presque mystique du compositeur.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>The Insider<\/em>\u00a0\u00bb est la premi\u00e8re contribution personnelle de <strong>Magris<\/strong>, travers\u00e9e par la puissance occulte du blues qui impr\u00e8gne massivement ses phras\u00e9s.<\/p>\n<p>Suivent \u00ab\u00a0<em>Samba For Jade<\/em>\u00a0\u00bb pour des saveurs plus br\u00e9siliennes, et \u00ab\u00a0<em>The Magic Blues<\/em>\u00a0\u00bb dans lequel <strong>Roberto Magris<\/strong> se fait voyant rimbaldien dans l\u2019art de faire vivre la dimension intime d\u2019une source d\u2019inspiration qui tire clairement son esprit du creuset form\u00e9 par les diff\u00e9rentes traditions \u00e0 partir desquelles il a \u00e9labor\u00e9 son propre discours musical.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Reflections\u00a0<\/em>\u00bb de Thelonious Monk appara\u00eet comme le climax de l\u2019album, l\u2019une des rares occasions, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, d\u2019entendre Thelonious Monk en trio se mue ici en effort solo impressif, authentique r\u00e9compense de choix pour les m\u00e9lomanes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Caban Bamboo Highlife<\/em>\u00a0\u00bb est \u00e0 l\u2019origine compos\u00e9 par Randy Weston, transcrit ici par un choix de notes de musique inspir\u00e9es et enracin\u00e9es qui relaient l\u2019intuition de musiciens afro-am\u00e9ricains en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 intime avec le continent africain. Le swing sous-jacent y est \u00e9clatant et les interventions <strong>d\u2019Alfredo Chacone<\/strong> et<strong> Rodolpho Zunica\u00a0<\/strong>frappent par une synergie qu\u2019on jurerait emprunt\u00e9e aux boppers.<\/p>\n<p>Cette pulsion rythmique, magnifi\u00e9e par <strong>Dion Kerr<\/strong>, se retrouve sur \u00ab\u00a0<em>Match Point<\/em>\u00a0\u00bb le titre \u00e9ponyme, dans lequel semble r\u00f4der le fant\u00f4me de Wynton Kelly, et qui constitue une belle conclusion anim\u00e9e \u00e0 un album con\u00e7u comme une ode exotique au m\u00e9tissage des cultures.<\/p>\n<p>Interpr\u00e8tes :<\/p>\n<p><strong>Roberto Magris<\/strong>, piano<\/p>\n<p><strong>Alfredo Chacon<\/strong>, vibraphone et percussion<\/p>\n<p><strong>Dion Kerr<\/strong>, contrebasse<\/p>\n<p><strong>Rodolfo Zuniga<\/strong>, batterie<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roberto Magris est un pianiste Italien qui a enregistr\u00e9 plus d\u2019une trentaine de disques avec une carri\u00e8re qui unit l\u2019Europe aux \u00c9tats Unis depuis les ann\u00e9es 2000. \u00a0Paul Collins et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":119,"featured_media":32426,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[13,202,969],"tags":[5985,5984,5986,5191,5983],"class_list":{"0":"post-32430","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualite","8":"category-dans-les-bacs","9":"category-hits-couleurs-jazz","10":"tag-alfredo-chacon","11":"tag-dion-kerr","12":"tag-match-point-fr","13":"tag-roberto-magris","14":"tag-rodolfo-zuniga"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32430","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/119"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32430"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32430\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32426"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32430"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32430"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32430"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}