{"id":30988,"date":"2021-03-03T11:01:13","date_gmt":"2021-03-03T10:01:13","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=30988"},"modified":"2021-03-03T11:01:13","modified_gmt":"2021-03-03T10:01:13","slug":"bob-mover-tom-harrell-on-the-move","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/bob-mover-tom-harrell-on-the-move\/","title":{"rendered":"Bob Mover &#038; Tom Harrell \u2013 On The Move"},"content":{"rendered":"<h3>Posez la question suivante au premier alligator venu\u00a0: \u00ab\u00a0Quel est le disque de jazz que vous emm\u00e8neriez sur une ile d\u00e9serte\u00a0?\u00a0\u00bb et vous aurez invariablement la m\u00eame r\u00e9ponse\u00a0: \u00ab\u00a0Ah non, un seul, c\u2019est trop dur, donnez-moi le choix d\u2019en emporter au moins trois ou quatre\u2026\u00bb<\/h3>\n<h3>Alors je ne dois pas \u00eatre un alligator comme les autres. Pour moi la r\u00e9ponse est simple\u00a0: \u00ab\u00a0Le \u00ab\u00a0On the Move\u00a0\u00bb de Bob Mover avec Tom Harrell.\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p><strong>Bob Mover<\/strong>, saxophoniste am\u00e9ricain soprano, alto et t\u00e9nor, s\u2019il ne fait pas partie du panth\u00e9on des plus r\u00e9put\u00e9s de l\u2019instrument est n\u00e9anmoins un jazzman de grande classe, qu\u2019on en juge par les musiciens avec qui il a tourn\u00e9 depuis 1973\u00a0: Charlie Mingus, Chet Baker, <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Tom_Harrell\">Tom Harrell,<\/a>\u00a0<a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Jimmy_Garrison\">Jimmy Garrison,<\/a> Kenny Barron, Albert Dailey, Ben Riley, Mike Nock, Lee Konitz, Paul Bley, John Abercrombie, Walter Davis Jr, Don Thompson, Victor Lewis, Benny Green\u2026Voil\u00e0 avec cette liste qui n\u2019est pas close de quoi rassurer sur l\u2019auguste compagnie de notre ancheur de service, et je vous fais gr\u00e2ce de sa discographie plus longue qu\u2019un confinement sans concerts ni restaurants\u2026<\/p>\n<p>Quant \u00e0 son complice pour cette occasion, l\u2019immense trompettiste et bugliste <strong>Tom Harrell<\/strong>, est-il encore besoin de le pr\u00e9senter, sans doute le bugliste le plus complet, le plus technique, le plus m\u00e9lodique, le plus\u2026de sa g\u00e9n\u00e9ration et peut-\u00eatre d\u2019autres\u00a0! De ses d\u00e9buts chez Stan Kenton d\u00e8s 1969 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, il faudrait une nuit enti\u00e8re pour \u00e9grener sa discographie et la liste de ses partenaires. On se souviendra plus particuli\u00e8rement des diff\u00e9rents quintets qu\u2019il a dirig\u00e9s et bien s\u00fbr de sa collaboration avec Phil Woods. J\u2019y ajoute ce somptueux disque en quintet \u00e0 deux bugles avec St\u00e9phane Belmondo enregistr\u00e9 avec Pierre Bousssaguet sorti en 1992 dans le cadre du festival <em>Jazz aux Remparts<\/em>\u00a0de Bayonne.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-03-a-10.57.54.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-30993\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-03-a-10.57.54.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-03-a-10.57.54.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-03-a-10.57.54-300x160.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/Capture-decran-2021-03-03-a-10.57.54-768x410.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00c0 signaler aussi sur ce disque, la pr\u00e9sence remarquable du bassiste<strong> George Mraz<\/strong>, lui aussi grand m\u00e9lodiste de l\u2019instrument, dont il nous gratifie de quelques belles envol\u00e9es sur les plages de cet enregistrement. Un timbre profond et claquant reconnaissable \u00e0 son chant qu\u2019il institue en contre dans ses accompagnements toujours impeccables.<\/p>\n<p>La moiti\u00e9 des morceaux jou\u00e9s sont des compositions personnelles de <strong>Bob Mover<\/strong> auxquelles s\u2019ajoutent des relectures de standards particuli\u00e8rement soign\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019album s\u2019ouvre sur \u00ab\u00a0<em>Muggawump<\/em>\u00a0\u00bb entam\u00e9 par l\u2019alto aux accents trainants comme une insistance \u00e0 le suivre sur des chemins plus tortueux avant que la dentelle du piano de Mike Nock n\u2019ouvre la voie aux volutes cuivr\u00e9es d\u2019un Tom Harrell qui dans ses relances pr\u00e9figure une suite de sarabandes infernales. Fin du morceau sur le premier dialogue de souffleurs dans une pol\u00e9mique d\u2019\u00e9change pleine de verve et de tendresse en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Et puis il y a \u00ab\u00a0<em>Darn That Dream<\/em>\u00a0\u00bb intemporel standard de De Lange et Van Heusen, v\u00e9ritable joyau et tour de force de l\u2019album sur lequel figure LE chorus Harrellien du mill\u00e9naire\u00a0!!! J\u2019ai su que Bix, Clifford, Chet, Lee, Kenny, Woody et Freddie s\u2019arr\u00eatent de jouer l\u00e0-haut chaque fois qu\u2019ils l\u2019entendent. Une v\u00e9ritable le\u00e7on de respiration continue sur un turnaround d\u2019une po\u00e9sie jamais \u00e9gal\u00e9e. Les enchev\u00eatrements du bugle et du saxophone dans des \u00e9changes \u00e0 voix douces, douces lignes parall\u00e8les ouat\u00e9es\u2026<\/p>\n<p>Un <strong>George Mraz<\/strong> en grande forme qui joue du piano sur sa basse et un <strong>Peter Sprague<\/strong> \u00e0 la guitare, moins effac\u00e9 qu\u2019il n\u2019y parait en premi\u00e8re \u00e9coute, digitalent du cristal qui enrobe, soutiennent et relancent les deux souffleurs (Saudade Do Brooklyn). Un magnifique solo de guitare o\u00f9 les tir\u00e9s de cordes bluesy teintent parfaitement l\u2019inspiration latino du morceau, repris \u00e0 la trompette dans un style que n\u2019aurait pas m\u00e9sestim\u00e9 notre regrett\u00e9 Claudio Roditi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Falsidade<\/em>\u00a0\u00bb part sur la voie de <strong>Jay Clayton<\/strong> entour\u00e9 d\u2019un nuage fait de l\u2019aigu du soprano alli\u00e9 au registre grave du bugle, intro tout en splendeur qui ouvre sur les volutes sopranes d\u2019un <strong>Bob Mover <\/strong>pleurant dans sa anche.<\/p>\n<p>Les deux morceaux suivants \u00ab\u00a0<em>Milestone<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>Dancing in The Dark<\/em>\u00a0\u00bb sont des rajouts de l\u2019import japonais d\u2019une parution plus r\u00e9cente et qui ne figuraient pas sur le vinyl original. \u00ab\u00a0<em>Milestone<\/em>\u00a0\u00bb donne l\u2019occasion d\u2019entendre plus largement le guitariste <strong>Peter Sprague<\/strong> et <strong>Tom Harrell<\/strong> cette fois-ci \u00e0 la trompette, le tout dans une facture d\u2019interpr\u00e9tation plus classique.<\/p>\n<p>L\u2019album se termine sur un \u00ab\u00a0<em>Dancing in the Dark<\/em>\u00a0\u00bb entam\u00e9 sur le m\u00eame mode et le m\u00eame ton que le \u00ab\u00a0<em>Muggawump<\/em>\u00a0\u00bb d\u2019ouverture, un <strong>Bob Mover<\/strong> \u00e0 la sonorit\u00e9 empruntant tout \u00e0 la fois \u00e0 Bird et \u00e0 Frank Morgan dans un long solo joyeusement plaintif, <strong>Tom Harrell<\/strong> ne le rejoignant que pour quelques notes de contre-chant finales.<\/p>\n<p>Un disque d\u2019une expressivit\u00e9 sans failles, si ce n\u2019est celles des interpr\u00e8tes qui transparaissent pour mieux magnifier les standards par une relecture de l\u2019\u0153uvre qui permet d\u2019en redessiner une autre.\u00a0 Des musiciens qui racontent des interpr\u00e9tations plus encore qu\u2019ils ne les jouent, avec ce petit morceau de souffle inattendu qu\u2019on red\u00e9couvre \u00e0 chaque fois. Une po\u00e9sie et une sensibilit\u00e9 partag\u00e9es, comme un discours sans mot qui laisse les intentions pures se d\u00e9voiler au fil des notes.<\/p>\n<p>\u00c0 force de l\u2019\u00e9couter, le disque va finir par s\u2019ab\u00eemer, il faut que j\u2019en rach\u00e8te un neuf, parce que oui\u00a0: c\u2019est lui que j\u2019emm\u00e8nerai sur l\u2019ile d\u00e9serte.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Bob Mover - On The Move 1977 (FULL ALBUM)\" width=\"1080\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/jmPjkbd8rmI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Personnel\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Bob Mover<\/strong> \u2013 saxophone alto et soprano<\/p>\n<p><strong>Tom Harrell<\/strong> \u2013 trompette, bugle<\/p>\n<p><strong>Mike Nock<\/strong> \u2013 piano<\/p>\n<p><strong>Peter Sprague<\/strong> \u2013 guitare<\/p>\n<p><strong>George Mraz<\/strong> \u2013 contrebasse<\/p>\n<div><strong><span lang=\"EN-US\">Jeff Papez <\/span><\/strong>\u2013 batterie<\/div>\n<p><strong>Jay Clayton<\/strong> \u2013 vocal (3)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Distribu\u00e9 par<\/strong> <strong>Inner City Records \u2013 1978<\/strong><\/p>\n<p><strong>Enregistr\u00e9 au MacDonald Studio \u2013 f\u00e9vrier 1977<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Posez la question suivante au premier alligator venu\u00a0: \u00ab\u00a0Quel est le disque de jazz que vous emm\u00e8neriez sur une ile d\u00e9serte\u00a0?\u00a0\u00bb et vous aurez invariablement la m\u00eame r\u00e9ponse\u00a0: \u00ab\u00a0Ah non,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":132,"featured_media":30989,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[70,202,969],"tags":[5523,5527,5529,5528,5525,5526,5524],"class_list":{"0":"post-30988","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-a-la-une","8":"category-dans-les-bacs","9":"category-hits-couleurs-jazz","10":"tag-bob-mover","11":"tag-george-mraz","12":"tag-jay-clayton","13":"tag-jeff-papez","14":"tag-mike-nock","15":"tag-peter-sprague","16":"tag-tom-harrell"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30988","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/132"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30988"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30988\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30989"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30988"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30988"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30988"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}