{"id":29074,"date":"2020-05-18T20:16:23","date_gmt":"2020-05-18T19:16:23","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=29074"},"modified":"2020-05-19T08:07:11","modified_gmt":"2020-05-19T07:07:11","slug":"lucky-peterson-lenfant-du-blues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/lucky-peterson-lenfant-du-blues\/","title":{"rendered":"Lucky Peterson, l\u2019enfant du blues"},"content":{"rendered":"<h3>Costume gris, chemise blanche, chapeau \u00e0 la Blues Brother, sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on, il monte sur une estrade pour tendre les bras en V vers le ciel et se faire acclamer par le public, avant de saluer et rejoindre l\u2019orgue Hammond qui l\u2019attend. La main \u00e0 peine pos\u00e9e sur le clavier, sourire enj\u00f4leur, il attaque le rythme \u00e0 fond. Lucky Peterson est une star du blues depuis l\u2019\u00e2ge de 5 ans.<\/h3>\n<h4>\u201c<em>I&rsquo;m blues but I&rsquo;m not so blues. I&rsquo;m somewhere in between<\/em>,\u201d<\/h4>\n<p>dit-il d\u2019entr\u00e9e. Effectivement, il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans le blues. N\u00e9 \u00e0 Buffalo dans l\u2019\u00c9tat de New York o\u00f9 son p\u00e8re James Peterson poss\u00e8de un club de blues &amp; jazz r\u00e9put\u00e9, il y voit d\u00e9filer tous ceux dont le nom compte dans les ann\u00e9es 60\u2019\u00a0: Muddy Waters, Buddy Guy, Koko Taylor et bien d\u2019autres. En l\u2019occurrence, le petit Peterson qui joue de l\u2019orgue comme personne et surprend le producteur et arrangeur Willie Dixon, lui-m\u00eame musicien de l\u00e9gende, ne tarde pas \u00e0 rejoindre cette \u00e9lite du blues. Sur les plateaux des shows \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine o\u00f9 il surgit d\u00e8s 1969 avec un premier album (best-seller qui ne lui rapportera pas un dollar), le titre r\u00e9sonne comme une pr\u00e9diction \u00ab\u00a0Our future\u00a0: 5 year old Lucky Peterson\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-13-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-29069\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-13-2.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"566\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-13-2.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-13-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-13-2-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/h2>\n<h2>Le blues est ma \u00a0fondation<\/h2>\n<p>D\u2019autres enfants ont connu la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 aussi t\u00f4t. Dans le blues, il est le seul. Le regard du musicien, assez touchant, n\u2019a rien perdu de l\u2019enfance et son dernier album \u00ab\u00a0The son of a bluesman\u00a0\u00bb, est une forme d\u2019hommage \u00e0 son p\u00e8re disparu en 2010.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le blues est ma fondation m\u00eame s\u2019il y a beaucoup d\u2019autres musiques en moi. Pourtant c\u2019est important de reconna\u00eetre le blues aujourd\u2019hui et de dire au monde qu\u2019il est toujours l\u00e0, parce qu\u2019il est l\u2019inspiration, avec le gospel, de toutes ces musiques, le jazz, le rock, la pop.<\/em>\u00bb \u00a0Sur sc\u00e8ne il se joue du micro, voix of &amp; on. Les habitu\u00e9s connaissent cette mani\u00e8re de rappeler la source, le chant qu\u2019on entend avec ou sans ampli, la voix rauque qui prend aux tripes. Une autre fa\u00e7on de capter l\u2019\u00e9coute. \u00ab<em>\u00a0Would you help me\u00a0?<\/em>\u00a0\u00bb. Le th\u00e9\u00e2tre l\u00e8ve un bras, tape des mains, rit. Il amuse, pla\u00eet, trouble en terminant dans un souffle. Depuis qu\u2019il est n\u00e9 et bien avant, cette musique le tient. Il crie\u00a0: \u00ab\u00a0She didn\u2019t let me go\u00a0\u00bb. Une femme ou le blues\u00a0? Debout entre les claviers, il confie brusquement au public qu\u2019il se souvient avoir toujours jou\u00e9. Tourn\u00e9 vers la coulisse, la musique suspendue \u00e0 son geste, il demande \u00ab\u00a0<em>Sister there, are you all right\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb. Sa femme et choriste Tamara Stovall Peterson n\u2019est pas loin.<\/p>\n<h2>La voix rauque qui prend aux tripes<\/h2>\n<p>Autre r\u00e8gle du blues, la guitare. La sienne est une Gibson ES 335. Laqu\u00e9 rouge, elle claque sur son costume et au milieu du public qu\u2019il oblige \u00e0 se lever pour jouer au milieu des spectateurs, entre les rang\u00e9es.<\/p>\n<h2><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-11-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-29071\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-11-2.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"566\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-11-2.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-11-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/foto-mart-sepp-11-2-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/h2>\n<h2>La Sienne est une Gibson ES 335<\/h2>\n<p>En \u00e9quilibre sur le dossier d\u2019un fauteuil, dos \u00e0 la sc\u00e8ne, il chante sans micro et sans vergogne. Le fils du bluesman sait chauffer la salle. Apr\u00e8s <i>Blues in my blood,<\/i> il remonte sur sc\u00e8ne et reprend au clavier le titre de Johnny Nash <i>I can see clearly now<\/i>.<i> <\/i>Rien \u00e0 dire, \u00e7a d\u00e9m\u00e9nage\u00a0! Le temps d\u2019une pitrerie, lunettes noires sur le nez, il imite Stevie Wonder et le th\u00e9\u00e2tre rit. Puis il se met \u00e0 parler. \u00ab\u00a0I\u2019m not Lucky, I\u2019m blessed\u00a0\u00bb (je n\u2019ai pas de la chance, je suis b\u00e9ni). Pendant que le rythme a repris doucement et que les choristes assurent de temps en temps le refrain, <i>I\u2019m still here<\/i>, l\u2019enfant raconte le concert d\u2019Ahmad Jamal auquel il a particip\u00e9 la veille, le public debout qui a chant\u00e9 \u00ab\u00a0Joyeux anniversaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Le fils du bluesman sait chauffer la salle<\/h2>\n<p>L\u2019amour, la fraternit\u00e9, l\u2019addiction \u00e0 l\u2019alcool, la tristesse, le verbe \u00ab\u00a0blues\u00a0\u00bb existe dans la voix de Peterson, m\u00eame quand il ne chante pas. <span lang=\"EN-US\">\u00ab\u00a0I\u2019ve been in a lot of bad places\u2026 I still have my heart, my soul, my shoes\u2026\u00a0God covered us. Can we feel what we are talking about? \u2026 It\u2019s not a mistake that you\u2019re still here, there\u2019s something left to do for you, with you.\u00a0\u00bb <\/span>Lucky Peterson a travers\u00e9 une p\u00e9riode sombre, qu\u2019il ne dissimule pas. Pendant tout ce temps, le silence semblait r\u00e9gner, celui d\u2019une certaine musique, mais le blues, c\u2019est un nombre de mesures au bout desquelles l\u2019auditeur ne sait m\u00eame pas qu\u2019il attend la reprise, ni surtout qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00e9vue. Et que soudain elle est l\u00e0.<\/p>\n<p><strong>\u00a9Photos Mart Sepp<\/strong><\/p>\n<p>This text was previously published in Couleurs jazz Magazine on iPad.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Costume gris, chemise blanche, chapeau \u00e0 la Blues Brother, sur la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on, il monte sur une estrade pour tendre les bras en V vers le ciel&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":29068,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[375],"class_list":{"0":"post-29074","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualite","8":"tag-lucky-peterson"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29074","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29074"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29074\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29068"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29074"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29074"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29074"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}