{"id":28623,"date":"2020-03-27T10:06:48","date_gmt":"2020-03-27T09:06:48","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=28623"},"modified":"2020-03-20T12:47:06","modified_gmt":"2020-03-20T11:47:06","slug":"tony-allen-hugh-masekela-rejoice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/tony-allen-hugh-masekela-rejoice\/","title":{"rendered":"Tony Allen &#038; Hugh Masekela \u2013 Rejoice"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"Default\">\u2026 Quand deux monstres sacr\u00e9s du jazz africain se rencontrent pour un projet unique. Une id\u00e9e qui \u00e9mergea dans les ann\u00e9es \u201970, un rendez-vous en 2010 pour commencer \u00e0 planifier le travail, des rencontres et des enregistrements.\u00a0Puis Hugh Masekela disparait en 2018. \u00a0Et le 20 mars 2020, l\u2019album est finalement dans les Bacs\u00a0!<\/h3>\n<p>Mais coup du sort qui poursuit ce projet et Corona oblige, les bacs sont au moment o\u00f9 je r\u00e9dige cette chronique, et o\u00f9 sort justement l\u2019album, clos. Aussi il \u00e9tait important que nous puissions vous faire go\u00fbter sans plus attendre ce diamant, cette p\u00e9pite africaine, \u00ab\u00a0Hit couleurs Jazz Media\u00a0\u00bb, et \u00e0 l\u2019\u00e9coute sur Couleurs jazz Radio.<\/p>\n<p><strong>Hugh Masekela<\/strong> est l\u2019une des figures les plus importantes du Jazz Sud-Africain (avec <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Abdullah_Ibrahim\">Abdullah Ibrahim<\/a> entre autres), \u00e0 qui, enfant, un homme d\u2019\u00c9glise offrit une trompette ayant appartenu \u00e0 Louis Armstrong. Il fit ses \u00e9tudes et ses armes \u00e0 la <em>Guildhall School of\u00a0 Music<\/em> de Londres avant de s\u2019envoler pour les Etats-Unis o\u00f9 il fut rapidement remarqu\u00e9 par Harry Belafonte, Dizzy Gillespie et Miles Davis. \u00a0On lui doit des titres comme \u00a0<em>Grazing in the Grass<\/em>ou\u00a0<em>Bring Him Back Home<\/em>, l\u2019Hymne du mouvement de lib\u00e9ration de Nelson Mandela, ou encore\u00a0<em>Soweto Blues<\/em>, chant\u00e9 alors par son ex femme, Miriam Makeba.<\/p>\n<p>Il milita une partie de sa vie pour les valeurs d\u2019\u00e9galit\u00e9 pour la musique Africaine et contre l\u2019Apartheid.<\/p>\n<p><strong>Tony Allen,<\/strong> Nig\u00e9rian,est un grand batteur respect\u00e9 du milieu du jazz, il estco-fondateur de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Afrobeat\">afrobeat<\/a>\u00a0(avec son ma\u00eetre et ami\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Fela\">Fela Anikulapo-Kuti<\/a>). Ilfut reconnu en France tr\u00e8s t\u00f4t, puisqu\u2019il enregistra pour le label \u00e9lectro Comet Record avec entre autres les fr\u00e8res Belmondo.<\/p>\n<p>Les deux protagonistes qui s\u2019\u00e9taient donc rencontr\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 leur ami commun Fela Kuti, envisageaient depuis les ann\u00e9es 70 de faire ensemble un album Afro Beat.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/6Tony-Allen-Hugh-Masekela-studio-composite-credit-Gavin-Rodgers.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28618\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/6Tony-Allen-Hugh-Masekela-studio-composite-credit-Gavin-Rodgers.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"543\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/6Tony-Allen-Hugh-Masekela-studio-composite-credit-Gavin-Rodgers.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/6Tony-Allen-Hugh-Masekela-studio-composite-credit-Gavin-Rodgers-300x192.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/6Tony-Allen-Hugh-Masekela-studio-composite-credit-Gavin-Rodgers-768x491.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00a9Photo Gavin Rodgers<\/p>\n<p>Ce sont ce genre de paroles qui restent longtemps en l\u2019air et auxquelles on croit sinc\u00e8rement et que les vols interplan\u00e9taires, \u00e0 cause des tourn\u00e9es mondiales qu\u2019ils effectuent chacun de leur c\u00f4t\u00e9, demeurent longtemps repouss\u00e9es.<\/p>\n<p>Car malheureusement, m\u00eame si <strong>Hugh Masekela<\/strong> et <strong>Tony Allen<\/strong> se croisent r\u00e9guli\u00e8rement sur le circuit des festivals europ\u00e9ens, il est difficile de fixer des dates de studio. \u201c<em>A chaque fois qu&rsquo;on se rencontrait, il me demandait : \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qui se passe avec ce projet ? Je lui r\u00e9pondais : \u00ab\u00a0Je ne sais pas<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Et ce jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019en 2010, ils se retrouvent tous les deux en tourn\u00e9e au Royaume-Uni. Rendez-vous est alors pris dans les studios Livingston du producteur Nick Gold, qui profite de l&rsquo;occasion pour enregistrer leur rencontre. Les sessions inachev\u00e9es, constitu\u00e9es uniquement de compositions originales du duo, ont \u00e9t\u00e9 archiv\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Hugh Masekela en 2018.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 cet \u00e9v\u00e8nement, Tony Allen et Nick Gold se sont r\u00e9solus \u00e0 terminer l\u2019enregistrement.<\/p>\n<p><strong>Tony Allen<\/strong> d\u2019ajouter<em>\u00a0: Finalement, j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 Nick si je pouvais entendre les bandes, et cela a relanc\u00e9 le projet. Malheureusement, Hugh est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu de temps apr\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Avec la b\u00e9n\u00e9diction et la participation de la succession de Hugh Masekela, ils d\u00e9terrent les bandes et l\u2019\u00e9t\u00e9 2019, ils retournent dans le m\u00eame studio de Londres o\u00f9 les sessions originales ont eu lieu pour finaliser l\u2019album.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28620\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers.jpg\" alt=\"\" width=\"850\" height=\"573\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers.jpg 850w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers-300x202.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers-768x518.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers-600x403.jpg 600w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/4-Tony-Allen-Hugh-Masekela-composite-credit-Hugo-Glendinning-Gavin-Rodgers-400x269.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>\u00a9Photo Hugo Glendinning &amp; Gavin Rodgers<\/p>\n<p><strong>Tony Allen<\/strong>, (comme nous\u00a0!) se d\u00e9clare tr\u00e8s heureux de l&rsquo;album d\u00e9finitif et reste flegmatique sur la dur\u00e9e prolong\u00e9e de sa conception. \u00ab\u00a0Dix ans, c&rsquo;est long du d\u00e9but \u00e0 la fin d&rsquo;un album, mais ma propre philosophie est que tout finit par arriver au bon moment, pour une raison&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il ajoute \u00e0 propos du dernier titre de l\u2019album, <em>We&rsquo;ve Landed<\/em>. \u00ab\u00a0<em>La chanson est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les paroles s&rsquo;adressent \u00e0 des personnes de 17, 18, 19 ans, qui lentement deviennent des adultes, d\u00e9couvrent qui elles sont et r\u00e9alisent que c&rsquo;est au tour de leur g\u00e9n\u00e9ration d\u2019agir ! <\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ils sont accompagn\u00e9s alors par la fine fleur de la jeunesse jazz actuelle\u00a0:<\/p>\n<p><strong>Tom Herbert<\/strong> ou <strong>Mutale Chashi<\/strong> \u00a0de <em>Kokoroko<\/em> \u00e0 la basse, <strong>Elliot Galvin<\/strong> ou \u00a0<strong>Joe Armon-Jones<\/strong> d\u2019Ezra Collective, aux claviers, <strong>Steve Williamson<\/strong> au saxophone tenor, <strong>Lekan Bablola<\/strong> aux percussions<strong>, Lewis Wright<\/strong> au vibraphone.<\/p>\n<p>Une r\u00e9union de styles musicaux africains puissants, fondateurs, un dialogue jubilatoire qui swing entre Nigeria et Afrique du Sud. Les fronti\u00e8res sont abolies, les sources se rejoignent dans un m\u00eame fleuve de rythmes et de notes envoutantes.<\/p>\n<p>Les voix de Hugh Masekela sur <em>Robbers, Thugs and Muggers (O\u2019Glajani) <\/em>en langage \u00a0Zoulou<em>,<\/em> <em>Never (Lagos Never Gonna Be The Same) en Anglais<\/em>, ou <em>Jabulani (Rejoice, Here Come Tony)<\/em> et de Tony Allen <em>sur We\u2019ve Landed<\/em>, le titre qui cl\u00f4t l\u2019album, nous emportent.<\/p>\n<p>\u201c<em>On se sentait vraiment bien<\/em>\u00ab\u00a0, se rappelle <strong>Tony Allen<\/strong> \u00e0 propos des enregistrements des premi\u00e8res sessions. \u00ab\u00a0<em>Nous pensions tous que nous allions poursuivre avec des overdubs de percussions, de claviers, de voix et ainsi de suite. C&rsquo;\u00e9tait une id\u00e9e excitante<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Tony Allen &amp; Hugh Masekela - Never (Lagos Never Gonna Be The Same)\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/d4ckbxqrCIc?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h3><em>Rejoice<\/em> est-il un album d&rsquo;Afrobeat\u00a0?<\/h3>\n<p>Bonne question&#8230; On ne retrouve pas ce m\u00e9lange explosif ouest-africain et hyperpolitis\u00e9 de funk, de polyrythmies d\u00e9bordantes et de jazz. Mais <strong><em>Rejoice<\/em><\/strong> propose une autre vision, que l\u2019on pourrait qualifier d\u2019Afrobeat de chambre, comme il existe une musique classique de chambre\u00a0; un Afrobeat minimaliste par rapport \u00e0 une musique r\u00e9solument maximaliste, avec des faders sur les guitares pouss\u00e9s \u00e0 z\u00e9ro et des voix assez discr\u00e8tes, de sorte que sont pouss\u00e9es sur le devant de la sc\u00e8ne, les percussions de <strong>Tony Allen,<\/strong> les hochets de la caisse claire et les syncopes de la charleston qui rythment en harmonie le souffle des cuivres de <strong>Hugh Masekela.<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi nous avons l\u2019impression d\u2019\u00e9couter cette musique au centre de l\u2019orchestre, ce qui constitue une formidable exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin de <em>\u00ab\u00a0Slow Bones<\/em>\u00ab\u00a0, le son du bugle s&rsquo;\u00e9loigne, comme si <strong>Hugh Masekela<\/strong> avait quitt\u00e9 la pi\u00e8ce tout en continuant \u00e0 jouer.<\/p>\n<p><strong>Note :<\/strong><\/p>\n<p><strong>Tony Allen<\/strong> devait \u00a0interpr\u00e9ter les chansons de <strong><em>Rejoice<\/em><\/strong> avec un groupe sp\u00e9cialement constitu\u00e9 lors de concerts et de festivals tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e 2020, dont deux concerts intimes \u00e0 Londres au Church of Sound les 12 et 13 mars et la date de cl\u00f4ture du Festival Banlieues Bleues le 3 avril \u00e0 l\u2019Embarcad\u00e8re \u00e0 Aubervilliers\u2026 Mais voil\u00e0.<\/p>\n<p><strong><em>Rejoice est un album <\/em><\/strong><strong>WORLD CIRCUIT RECORDS<\/strong><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" style=\"width: 100%;\" src=\"https:\/\/play.soundsgood.co\/embed\/5e74a49273818275908793d2?\" width=\"100%\" height=\"850\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/p>\n<p><strong>\u00a9Photo Header : Brett Rubin &amp; Bernard Benant<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2026 Quand deux monstres sacr\u00e9s du jazz africain se rencontrent pour un projet unique. 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