{"id":28204,"date":"2020-02-07T18:06:10","date_gmt":"2020-02-07T17:06:10","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=28204"},"modified":"2020-02-07T18:08:20","modified_gmt":"2020-02-07T17:08:20","slug":"gregory-privat-pianiste-et-compositeur-lumineux-soley","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/gregory-privat-pianiste-et-compositeur-lumineux-soley\/","title":{"rendered":"Gr\u00e9gory Privat, pianiste et compositeur lumineux &#8211; Soley"},"content":{"rendered":"<h3 class=\"Standard\">En quinze titres d\u2019un album ind\u00e9pendant, Gr\u00e9gory Privat d\u00e9roule des r\u00e9cits multiples pour ne construire qu\u2019un seul chemin\u00a0: celui qui, m\u00eame dans l\u2019obscurit\u00e9 ambiante, conduit \u00e0 la lumi\u00e8re. Pour cet album dont il est le producteur, il assume la part de risque et l\u2019excitation folle d\u2019avoir port\u00e9 le projet \u00e0 son terme.<\/h3>\n<p class=\"Standard\">Ind\u00e9niablement le mot <em><strong>Soley<\/strong><\/em> en cr\u00e9ole est g\u00e9n\u00e9reux, surtout quand il sert d\u2019acronyme pour <strong>Gr\u00e9gory Privat<\/strong> \u00e0 \u00ab <span class=\"StrongEmphasis\">S<\/span>pirituality, <span class=\"StrongEmphasis\">O<\/span>ptimism, <span class=\"StrongEmphasis\">L<\/span>ight and <span class=\"StrongEmphasis\">E<\/span>nergy Coming To <span class=\"StrongEmphasis\">Y<\/span>ou \u00bb. Depuis <i>Tales of Cyparis<\/i>, son premier album sorti en 2013, on a compris l\u2019ambition spontan\u00e9e du musicien, capable de puiser dans l\u2019histoire pour composer avec le monde qui l\u2019entoure. Ce nouvel album rejoint l\u2019imaginaire entrevu et une spiritualit\u00e9 affirm\u00e9e. D\u00e8s le premier titre, <i>Intro<\/i>, les images surviennent instinctives, \u00e9vocatrices. Il y a d\u2019abord le frottement des balais sur la caisse claire, froissement r\u00e9gulier qui rappelle la vague, le roulis qui s\u2019\u00e9choue sur le sable. L\u2019image de carte postale ne dure pas. La voix presque synth\u00e9tique de <strong>Gr\u00e9gory Privat<\/strong> et l\u2019\u00e9tirement de son intonation d\u00e9chirent la vision. Il y a des plages d\u2019o\u00f9 l\u2019on part sans le vouloir, des \u00e9tendues inconnues, effrayantes, o\u00f9 l\u2019on d\u00e9barque malgr\u00e9 soi.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Dna\" width=\"1080\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/uiEK3ywirOI?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<h3 class=\"Standard\">Le chant aigu, soutenu, se transforme en cri.<\/h3>\n<p class=\"Standard\">Dans cet album, le pianiste agr\u00e8ge les notes de tout ce qui a \u00e9t\u00e9 et est v\u00e9cu. Nous sommes dans un instant lointain, qui devient un tout. Le texte de Patrick Chamoiseau, \u00ab\u00a0<em>Toutes les \u00e9nigmes de la lumi\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb, qui accompagne la pr\u00e9sentation de l\u2019album, souligne les organismes sonores propos\u00e9s, les amorces m\u00e9lodiques d\u00e9construites, les acc\u00e9l\u00e9rations oc\u00e9aniques, comme autant d\u2019explorations subtiles de la nuit chaotique d\u2019o\u00f9 a surgi le Tout-Monde dont parlait Edouard Glissant. La force \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9sique\u00a0\u00bb de <strong>Gr\u00e9gory Privat<\/strong> se situe l\u00e0. Et \u00ab\u00a0<em>LAS\u00a0<\/em>\u00bb. \u00ab\u00a0Cest la deuxi\u00e8me image, quand on se demande ce qu\u2019on va faire de sa vie\u00a0\u00bb, explique-t-il. D\u2019un mot, d\u2019une phrase, il ram\u00e8ne au pr\u00e9sent le plus concret dans ce qu\u2019il a de plus impitoyable\u00a0: se lever quand rien ne nous motive et surtout pas d\u2019aller travailler. La bascule dans la ville, l\u2019urbain, s\u2019op\u00e8re sur une cadence qui attaque le quotidien, tout en d\u00e9cha\u00eenant au piano le souvenir de m\u00e9lodies carib\u00e9ennes, bien loin de l\u2019univers du m\u00e9tro. Comment rester libre\u00a0?<\/p>\n<p class=\"Standard\"><strong>Gr\u00e9gory Privat<\/strong> sait exactement de quoi il parle pour avoir arr\u00eat\u00e9 un jour son m\u00e9tier d\u2019ing\u00e9nieur. De musicien, le voil\u00e0 producteur de son album, une prise de risque coh\u00e9rente avec son envie tout simplement d\u2019\u00eatre heureux dans ce qu\u2019il fait. Il assume pour la premi\u00e8re fois le c\u00f4t\u00e9 vocal et les chansons, son go\u00fbt du clavier et son refus du confinement dans la case pianiste de jazz. \u00ab<em>\u00a0Il y a toute la complexit\u00e9 de ce que je suis, la tradition antillaise, une culture face au m\u00e9tissage, des influences tr\u00e8s lointaines, mais qui me parlent et il faut donner un sens \u00e0 tout \u00e7a<\/em>.\u00a0\u00bb La formule du titre qui suit est assez claire, \u00ab\u00a0<em>D.N.A<\/em>.\u00a0\u00bb. Elle pose la question de l\u2019origine et des pourcentages qui la constituent, que traduit une voix robotis\u00e9e\u00a0:\u00ab\u00a0<em>How do you feel\u00a0?\u00a0<\/em>\u00bb. \u00ab<em>\u00a0Je pense que c\u2019est une interrogation sans r\u00e9ponse&#8230;<\/em>\u00bb.\u00a0\u00bb En musique, la basse, le piano, d\u00e9ploient un rythme envoutant, o\u00f9 se fondent tous les crit\u00e8res.<\/p>\n<p class=\"Standard\">La m\u00e9lodie d\u2019un morceau, \u00ab<em>\u00a0Fredo\u00a0<\/em>\u00bb, sugg\u00e8re soudain le retour chez soi, le besoin de se retrouver dans des lieux familiers, l\u2019enfance. La rupture de tempo se r\u00e9v\u00e8le l\u2019hommage d\u00e9licat \u00e0 un ami parti trop t\u00f4t. Du d\u00e9but \u00e0 la fin de l\u2019album, c\u2019est bien le sens de l\u2019acronyme <strong>SOLEY<\/strong> qui reste le fil conducteur. Pi\u00e8ce centrale, le titre \u00e9ponyme dont les harmonies ne sont pas joyeuses fait partie d\u2019un ensemble de morceaux en si mineur. Le d\u00e9marrage au synth\u00e9 \u00e9voque un lieu de pri\u00e8re. Le groove, la voix, la m\u00e9lodie s\u2019enhardissent peu \u00e0 peu. Aux claquements de baguettes, l\u2019effervescence d\u00e9passe les souvenirs, le ressentiment. \u00ab\u00a0<em>C\u2019est une recherche de lumi\u00e8re dans l\u2019obscurit\u00e9.\u00a0Quand le soley arrive chez nous, \u00e7a veut dire dans nos coeurs, c\u2019est une prise de conscience pour pouvoir avancer dans la vie. Maintenant qu\u2019on a tout, on peut vivre. La suite de l\u2019album c\u00e9l\u00e8bre \u00e7a, la vie.<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0Et en concert, il commence d\u2019ailleurs par le vibrant \u00ab<em>\u00a0Manmay\u00a0<\/em>\u00bb, qui se trouve dans la deuxi\u00e8me partie.<\/p>\n<p class=\"Standard\"><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/GREGORY-PRIVAT5-c-Roch-Armando-1-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28201\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/GREGORY-PRIVAT5-c-Roch-Armando-1-1.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/GREGORY-PRIVAT5-c-Roch-Armando-1-1.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/GREGORY-PRIVAT5-c-Roch-Armando-1-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/GREGORY-PRIVAT5-c-Roch-Armando-1-1-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"Standard\">C\u2019est dans l\u2019ordre et le d\u00e9sordre de l\u2019album, et surtout en concert, qu\u2019il faut \u00e9couter comment sous les doigts de<strong> Gr\u00e9gory Privat,<\/strong> des m\u00e9lodies franchissent des espaces ignor\u00e9s. Le dispositif du trio est d\u2019une complicit\u00e9 redoutable. Transe survolt\u00e9e dans \u00ab\u00a0<em>Le Pardon\u00a0<\/em>\u00bb, notes murmur\u00e9es de \u00ab\u00a0<em>Seducing the rain\u00a0\u00bb<\/em>, tonalit\u00e9s subtiles, \u00e9lectro magn\u00e9tique et stridences d\u2019\u00ab\u00a0<em>Exode<\/em>\u00a0\u00bb. Face \u00e0 son piano, <strong>Gr\u00e9gory Privat<\/strong> danse et le tourbillon essouffle, emprisonne, d\u00e9tonne, la fi\u00e8vre monte. Dans la profusion des rythmes, il est question de m\u00e9ditation, d\u2019illumination. Chaque note r\u00e9p\u00e8te l\u2019immensit\u00e9, la sensation d\u2019infini parce que rien, ni personne ne peut d\u00e9truire ce qui ne se voit pas, ce que chacun est au fond de lui. Le jeu de touches, de cordes et de caisses fabrique la force du son int\u00e9rieur, insoup\u00e7onn\u00e9, facult\u00e9 mentale spirituelle et souveraine.<\/p>\n<h3 class=\"Standard\">Main gauche, main droite, d\u00e9cal\u00e9es, ensemble. Un courant puissant.<\/h3>\n<p><strong>Interpr\u00e8tes :<\/strong><\/p>\n<p><strong>GregoryPrivat<\/strong>, compositions, piano, claviers ;<\/p>\n<p><strong>Chris Jennings,<\/strong> contrebasse ;<\/p>\n<p><strong>Tilo Bertholo<\/strong>, batterie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"Standard\"><strong>Soley<\/strong> est un album du nouveau label du pianiste,\u00a0<strong>Buddham Jazz.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a9Photos Roch Armando<\/p>\n<p class=\"Standard\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En quinze titres d\u2019un album ind\u00e9pendant, Gr\u00e9gory Privat d\u00e9roule des r\u00e9cits multiples pour ne construire qu\u2019un seul chemin\u00a0: celui qui, m\u00eame dans l\u2019obscurit\u00e9 ambiante, conduit \u00e0 la lumi\u00e8re. 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