{"id":28186,"date":"2020-02-06T19:10:45","date_gmt":"2020-02-06T18:10:45","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=28186"},"modified":"2020-02-06T21:09:30","modified_gmt":"2020-02-06T20:09:30","slug":"akagera-serpente-un-jour-dhiver-avec-daniel-humair-et-david-georgelet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/akagera-serpente-un-jour-dhiver-avec-daniel-humair-et-david-georgelet\/","title":{"rendered":"AKAGERA &#8211; Serpente &#8211; Un jour d\u2019hiver avec Daniel Humair et David Georgelet"},"content":{"rendered":"<h3>Une rencontre est souvent le fruit d\u2019une composition qu\u2019on ignore.<\/h3>\n<p>Un matin d\u2019hiver, <strong>Daniel Humair<\/strong> ouvre sa porte et le choc est d\u2019abord visuel. Un atelier rempli d\u2019oeuvres d\u2019art, peintures, sculptures, et dans un coin, flambante, une batterie empil\u00e9e sur elle m\u00eame en hauteur, grosse caisse, caisse claire, tom-tom. Le regard engloutit l\u2019espace sans d\u00e9tailler. On se souvient qu\u2019on est l\u00e0 pour <strong><i>Akagera.<\/i><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28189\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"900\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-300x300.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-768x768.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-100x100.jpg 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-500x500.jpg 500w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-350x350.jpg 350w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/daniel-humair-1CJ-800x800.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00a9 Photo Patrick Martineau.<\/p>\n<p>L\u2019histoire commence pour <strong>Daniel Humair<\/strong> le jour o\u00f9 le r\u00e9alisateur G\u00e9rard Vienne l\u2019appelle pour lui demander de composer la musique d\u2019une s\u00e9rie de dix-huit films r\u00e9alis\u00e9s en Afrique et destin\u00e9s \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le batteur \u00e9crit pour le cin\u00e9ma d\u2019Orson Welles, de Robert Altman, Bertolucci. Comme dans le jazz, il joue avec les plus grands. Les moyens de production sont modestes, mais il accepte de visionner. Deux ou trois films suffisent \u00e0 le convaincre d\u2019accepter. <strong>Akagera<\/strong>, c\u2019est le nom d\u2019un parc national du nord-est du Rwanda pr\u00e8s de la fronti\u00e8re avec la Tanzanie. Les films renvoient aux relations des animaux entre eux, les lions qui aiment, chassent, d\u00e9vorent, et tous ceux qui parcourent la savane, les montagnes, les marais : z\u00e8bres, impalas, hippopotames, crocodiles, gorilles, babouins,\u2026 Si le tournage obligeait \u00e0 retrouver la nature premi\u00e8re, celle de la composition musicale pr\u00e9sente un autre d\u00e9fi, tr\u00e8s mat\u00e9riel. <strong>Humair<\/strong> fait appel aux deux acolytes du trio qu\u2019il forme alors avec <strong>Henri Texier<\/strong> \u00e0 la contrebasse et <strong>Fran\u00e7ois Jeanneau<\/strong> au saxophone.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Akagera 1\" width=\"1080\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/8XgC-nV5r5s?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Il r\u00e9fl\u00e9chit au moyen de composer dans un temps record dix-huit musiques pour les dix-huit minutes de chaque film. Le concept est loin des s\u00e9quences habituelles. D\u00e9cision est prise de jouer dans un studio, o\u00f9 le trio regarde le film une premi\u00e8re fois avant d\u2019improviser dans la foul\u00e9e sur une seconde projection. Le r\u00e9sultat doit \u00eatre une musique synchrone sur la totalit\u00e9 du film d\u2019images, dont on peut disposer \u00e0 volont\u00e9 \u00e0 la table de mixage, qu\u2019on augmente, baisse ou supprime le son. L\u2019id\u00e9e surprend d\u2019abord le r\u00e9alisateur, mais en deux jours, la totalit\u00e9 de l\u2019enregistrement est r\u00e9alis\u00e9e. \u00c0 chaque fois la d\u00e9couverte de la premi\u00e8re projection donne mati\u00e8re \u00e0 une r\u00e9flexion pour savoir dans quelle direction aller, pour qu\u2019au final il y ait un lien entre les films, une image du groupe, et que d\u00e8s les premi\u00e8res notes, on identifie <strong><i>Akagera<\/i><\/strong>. Tout est composition instantan\u00e9e, sans orchestration. Pour mimer ce qu\u2019il explique, <strong>Daniel Humair<\/strong> se saisit des objets sur la table : \u00ab\u00a0Il y en a un qui fait tink, l\u2019autre Plouac, le troisi\u00e8me cling. Le jazz, c\u2019est \u00e7a, il peut y avoir un petit th\u00e8me pour le sujet de d\u00e9part, mais c\u2019est une conversation. Tu m\u2019\u00e9coutes, je t\u2019\u00e9coute et on fait un truc bien ensemble\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/D.Georgelet.2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28183\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/D.Georgelet.2.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/D.Georgelet.2.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/D.Georgelet.2-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/D.Georgelet.2-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><\/p>\n<p>\u00a9Photo Denis Vandeveld<\/p>\n<p>Pour la s\u00e9quence des gorilles, il a l\u2019id\u00e9e de demander \u00e0 Texier de recouvrir ses cordes de bandelettes et de jouer avec des gants. Le saxophoniste doit jouer sans souffler, lui rajoute des peaux \u00e0 sa caisse. Sur l\u2019album sorti en 1980, le morceau s\u2019appelle \u00ab\u00a0Le gorille\u00a0\u00bb et les yeux ferm\u00e9s, on entend la course, les pas, et on devine le m\u00e9lange savant de l\u2019instrumentation. L\u2019album marque le jazz europ\u00e9en. Akagera, c\u2019est aussi le nom du trio que le batteur <strong>David Georgelet<\/strong> forme avec <strong>Benoit Lavoll\u00e9e<\/strong> au marimba et vibraphone et <strong>St\u00e9phane Montigny<\/strong> au trombone. Quand ils se sont r\u00e9unis en studio pour la premi\u00e8re fois, ils ont commenc\u00e9 par jouer des morceaux d\u2019<i>Akagera<\/i>. Et le nom s\u2019est impos\u00e9 pour eux-m\u00eames comme un hommage direct \u00e0 cette musique et \u00e0 leurs auteurs. Sur la pochette de l\u2019album de<strong> Humair, Jeanneau <\/strong>et<strong> Texier<\/strong>, figurent une t\u00eate de lionne et une t\u00eate de lion. Sur celle du nouveau trio, le nom <strong>Akagera<\/strong> se d\u00e9tache en noir sur des z\u00e9brures grises et jaunes. Une reconnaissance qui a convaincu <strong>Texier<\/strong> d\u2019\u00e9crire un texte pour la pochette et qui touche <strong>Daniel Humair<\/strong>. \u00ab\u00a0C\u2019est rare de rendre hommage \u00e0 des musiciens fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. <i>Tu m\u2019\u00e9coutes, je t\u2019\u00e9coute<\/i>. \u00ab\u00a0C\u2019est une cr\u00e9ation, mais \u00e7a permet de parler de votre album, d\u2019\u00e9voquer le titre et d\u2019inciter les gens \u00e0 le d\u00e9couvrir\u00a0\u00bb.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>Humair<\/strong> entend et se souvient de son propre \u00e9veil au jazz et de la premi\u00e8re fois o\u00f9 il a entendu \u00ab\u00a0Mezz\u00a0\u00bb Mezzrow, en 1954, qui a tout chang\u00e9 pour lui. \u00ab\u00a0On ne vient pas de nulle part\u00a0\u00bb, lui dit <strong>Georgelet, Humair<\/strong> r\u00e9pond : \u00ab\u00a0Je ne connais qu\u2019un seul martien dans le jazz : Elvin Jones. Il n\u2019avait aucun signe distinctif d\u2019un pass\u00e9. Il arrivait, comme s\u2019il \u00e9tait tomb\u00e9 du ciel et il jouait.\u00a0\u00bb De l\u2019album <strong><i>Akagera<\/i><\/strong>, lui reviennent \u00ab\u00a0Le Cyclope\u00a0\u00bb, morceau au d\u00e9marrage napp\u00e9 de synth\u00e9tiseur, l\u2019improvisation un peu longue de <strong>Jeanneau<\/strong> pour \u00ab\u00a0<em>Rampoon\u00a0<\/em>\u00bb et le th\u00e8me de <strong>Texier<\/strong> qui cr\u00e9ait une atmosph\u00e8re et valait la peine d\u2019\u00eatre enregistr\u00e9. L\u2019influence de cette exp\u00e9rience a marqu\u00e9 la trajectoire d\u2019<strong>Humair<\/strong> comme du trio. \u00ab\u00a0<strong><i>Akagera<\/i><\/strong> s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une synth\u00e8se de ce qu\u2019on pensait\u00a0\u00bb. Les contraintes de l\u2019image obligeant \u00e0 rechercher des sons plus personnels, plus originaux que d\u2019habitude. \u00ab\u00a0La difficult\u00e9, c\u2019est l\u2019absence de piano parce qu\u2019il y a un vide. Le piano r\u00e9sonne, c\u2019est un vide nuag\u00e9 par des sons autres que la batterie.\u00a0\u00bb <strong>Humair<\/strong> a toujours fait en sorte qu\u2019on ne sente pas le manque du quatri\u00e8me.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/photo-Akagera-Mondrian-hd.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-28181\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/photo-Akagera-Mondrian-hd.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"539\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/photo-Akagera-Mondrian-hd.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/photo-Akagera-Mondrian-hd-300x180.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/photo-Akagera-Mondrian-hd-768x460.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Pour lui, l\u2019essentiel est toujours de faire de la musique qui corresponde avec ce que fait son voisin, de savoir improviser. Et il frotte, gratte ce qui se trouve sous ses mains. Le jazz am\u00e9ricain, th\u00e8me, chorus, accords, n\u2019est pas son truc. Un concert avec une liste \u00e0 respecter le paralyse. \u00ab\u00a0Si on joue <strong>Akagera<\/strong> et que la musique d\u2019apr\u00e8s c\u2019est une ballade, si j\u2019ai envie d\u2019aller explorer par l\u00e0, je ne vais pas pouvoir. Pour la promenade, il y a une entr\u00e9e de la for\u00eat et vous avez l\u2019horaire de sortie. Mais si on vous donne deux parall\u00e8les, cela emp\u00eache d\u2019aller voir ailleurs.\u00a0\u00bb L\u2019\u00e9galit\u00e9 entre musicien est fondamentale, le jazz n\u2019est au service de personne. \u00ab\u00a0Quand on est tous ensemble, il y a une confiance. Et m\u00eame une <i>prune<\/i> peut amener \u00e0 plus de musique, quitte \u00e0 la r\u00e9p\u00e9ter pour faire croire qu\u2019elle \u00e9tait intentionnelle.\u00a0Le jazz, c\u2019est la seule musique o\u00f9 vous pouvez faire sonner \u00e0 votre fa\u00e7on. Le type qui est devant, m\u00eame s\u2019il a 20 ans, il n\u2019est pas au service du vieux qui joue de la batterie.\u00a0\u00bb\u00a0Simplicit\u00e9, authenticit\u00e9 ne font aucun doute. Il regrette que le jazz europ\u00e9en passe moins que n\u2019importe quel groupe am\u00e9ricain. Rien ne lui \u00e9chappe des contrats qui bloquent les artistes, des affiches racoleuses qui influencent le public, des programmations qui oublient les musiciens fran\u00e7ais qui ont besoin de vivre. Son propos n\u2019est pas \u00e9go\u00efste.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Akagera -Serpente - Studio de l&#039;Ermitage\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/yNWmfKIDOm0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Il \u00e9coute le parcours de <strong>David Georgelet<\/strong>, batteur de Youn Sun Nah pendant huit ans, pilier du jazz \u00e9thiopien d\u2019Akal\u00e9 Wub\u00e9, inspir\u00e9 par le voyage <i>d\u2019<strong>Akagera<\/strong><\/i>, le jazz exp\u00e9rimental et la musique r\u00e9p\u00e9titive. L\u2019un offre un livre d\u2019entretiens \u00ab\u00a0\u00c0 b\u00e2tons rompus\u00a0\u00bb, l\u2019autre un album <i>Serpente. <\/i><strong>Humair<\/strong> \u00e9voque Cannonball Adderley : \u00ab\u00a0Quand on joue derri\u00e8re lui, c\u2019est autre chose.\u00a0\u00bb Il s\u2019interrompt et reprend sur le sens de son m\u00e9tier. \u00ab\u00a0La musique sert \u00e0 faire vivre les gens. Quand on est attentifs, \u00e7a vous touche profond\u00e9ment et \u00e7a marque.\u00a0J\u2019ai entendu r\u00e9cemment une \u00e9mission de radio, qui redonnait la violoniste Anne-Sophie Mutter toute jeune, jouant avec Karayan le concerto de Beethoven. Je ne suis pas croyant, mais il y a vraiment quelque chose qui passe. Billy Holliday \u00e7a me secoue, Edith Piaf, Franck Sinatra aussi, m\u00eame si pas pour les m\u00eames raisons.\u00a0\u00bb Et brusquement, il d\u00e9signe l\u2019\u0153uvre d\u2019un peintre c\u00e9l\u00e8bre accroch\u00e9e au-dessus de la chemin\u00e9e. Amie de sa femme, la veuve de Charlie Parker a un jour entrepos\u00e9 momentan\u00e9ment chez lui l\u2019instrument du c\u00e9l\u00e8bre saxophoniste. Apprenant \u00e0 qui il avait appartenu, Michel Portal n\u2019aurait pas r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 l\u2019envie d\u2019ouvrir l\u2019\u00e9tui, sinon de vouloir jouer. Et au moment o\u00f9 la femme d\u2019Humair faisait allusion \u00e0 l\u2019esprit de Charlie qui pourrait \u00eatre l\u00e0, c\u2019est l\u2019\u0153uvre qui s\u2019est d\u00e9croch\u00e9e du mur se brisant dans un grand \u00e9clat de verre.<\/p>\n<p>L\u2019esprit frappeur n\u2019est jamais loin entre batteurs. Sur le pas de la porte, <strong>Humair<\/strong> a invit\u00e9 <strong>Georgelet<\/strong> \u00e0 revenir.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><strong>Daniel Humair<\/strong>, <em>\u00c0 b\u00e2tons rompus<\/em>. Entretiens avec Franck M\u00e9dioni. 2018. \u00c9d. M.F. Coll. Paroles<\/p>\n<p><strong>Akagera, <\/strong><i><strong>Serpente<\/strong>. <\/i>Prado Records.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une rencontre est souvent le fruit d\u2019une composition qu\u2019on ignore. Un matin d\u2019hiver, Daniel Humair ouvre sa porte et le choc est d\u2019abord visuel. 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