{"id":26936,"date":"2019-09-17T18:02:54","date_gmt":"2019-09-17T17:02:54","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=26936"},"modified":"2019-09-17T18:22:56","modified_gmt":"2019-09-17T17:22:56","slug":"once-upon-a-time-in-marciac-3-7-aout-2019-episode-2-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/once-upon-a-time-in-marciac-3-7-aout-2019-episode-2-2\/","title":{"rendered":"Once upon a time\u2026 in Marciac &#8211; 3\/\/\/7 ao\u00fbt 2019 &#8211; Episode 2\/2"},"content":{"rendered":"<h3>\u00c0 Marciac, les journ\u00e9es ensoleill\u00e9es se poursuivent \u00e0 bronzer devant la piscine du Camping du Lac ou \u00e0 savourer de l\u2019armagnac. On croise sur la sc\u00e8ne du Off ou parmi les festivaliers, de nombreux musiciens entendus dans les clubs de jazz \u00e0 Paris, ou ailleurs en France et en Europe.<\/h3>\n<p>Le soir, en sortant des concerts, on va \u00e9couter les diff\u00e9rentes jam sessions tenues dans le village, ou bien on se retrouve au J\u2019GO, bar\/restaurant \u00e9ph\u00e9m\u00e8re o\u00f9 ont pris r\u00e9sidence un groupe de cubains sensationnels, qui, tous les soirs, jouent de la salsa sans rel\u00e2che jusqu\u2019\u00e0 deux heures du matin et font vibrer les danseurs. Quand tout est finalement ferm\u00e9 dans le village, les insomniaques se retrouvent autour d\u2019un feu, dans les champs qui bordent Marciac, avec boissons, instruments et bonne humeur, et on continue de festoyer jusqu\u2019au petit matin\u2026 pour pouvoir tout recommencer.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les soir\u00e9es th\u00e9matiques Afrique et Br\u00e9sil, arrive le tour de Cuba qui est mis \u00e0 l\u2019honneur dans la programmation du Chapiteau. Le pianiste <b>Alfredo Rodriguez<\/b> et le percussionniste <b>Pedrito Martinez<\/b> ouvrent le bal le 6 ao\u00fbt avec leur inhabituel duo. Cette paire de cubains se montre d\u2019une sympathie et d\u2019une complicit\u00e9 extr\u00eamement contagieuse.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Rodriguez-Martinez-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-26921\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Rodriguez-Martinez-2.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Rodriguez-Martinez-2.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Rodriguez-Martinez-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Rodriguez-Martinez-2-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a>\u00c0 chaque intervention, ils se font des louanges interminables, ils blaguent, ils rient\u2026 il est difficile de dire qui est le plus ravi, entre les spectateurs et les deux amis. Bien qu\u2019ils ne soient que deux sur sc\u00e8ne, un \u00e9norme travail est effectu\u00e9 dans leur musique sur les nuances et les ambiances\u2026<\/p>\n<p>Leur duo est tour \u00e0 tour m\u00e9lancolique, dynamique, gai, nostalgique et enchanteur. Ils sollicitent vigoureusement les auditeurs pour taper des mains ou faire les ch\u0153urs, pendant que Pedrito chante les <i>pregones<\/i> sur \u201cQuiz\u00e1s, quiz\u00e1s, quiz\u00e1s\u201d ou \u201c<i>La comparsa<\/i>\u201d. \u00ab\u00a0<i>We would like to dedicate this song to all the immigrants in the world\u00a0<\/i>\u00bb dit Alfredo avant de jouer \u201c<i>Yo volver\u00e9<\/i>\u201d.<\/p>\n<p>Difficile pour les concern\u00e9s de ne pas avoir la larme \u00e0 l\u2019\u0153il quand ils entament le refrain : \u00ab\u00a0<i>Yo volver\u00e9 a mi tierra querida, a mi Cuba otra vez\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p>Le concert se cl\u00f4t sur une note plus joyeuse, avec le hit plan\u00e9taire de Michael Jackson, \u201c<i>Thriller<\/i>\u201d, que Quincy Jones leur a sugg\u00e9r\u00e9 de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>reprendre. Pedrito vient alors sur le devant de la sc\u00e8ne et, toujours enjou\u00e9, bon vivant et charismatique, nous d\u00e9voile ses talents de danseur, sous les cris enflamm\u00e9s du public. Il retourne ensuite \u00e0 son instrument et nous \u00e9blouit encore davantage, remplissant \u00e0 lui seul les r\u00f4les de percussionniste et de batteur. La salle est extatique, pr\u00eate \u00e0 affronter les \u00e9motions qui l&rsquo;attendent pour la suite de la soir\u00e9e.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Roberto Fonseca<\/b> assure la deuxi\u00e8me partie avec un projet tr\u00e8s sp\u00e9cial. Le pianiste est accompagn\u00e9 de <b>Yandy Martinez<\/b> \u00e0 la contrebasse et \u00e0 la basse, <b>Ruly Herrera<\/b> \u00e0 la batterie, <b>Andr\u00e9s Coayo Batista<\/b> aux percussions. Des invit\u00e9s de prestige qu\u2019on d\u00e9masquera par la suite et surtout un orchestre d\u2019\u00e9l\u00e8ves des conservatoires d\u2019Occitanie, dirig\u00e9 par <b>Jean-Pierre Peyrebelle<\/b>.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fonseca-8.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-26939\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fonseca-8.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fonseca-8.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fonseca-8-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Fonseca-8-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a>55 jeunes montent alors sur sc\u00e8ne ! <strong>Roberto<\/strong> d\u00e9barque en costume bleu, coiff\u00e9 de son ins\u00e9parable chapeau et donne le d\u00e9part de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>On est imm\u00e9diatement bluff\u00e9s : le son d\u2019un orchestre superpos\u00e9 \u00e0 celui d\u2019un quartet jazz est incroyablement impressionnant. Les arrangements sont poignants et dramatiques, souvent m\u00eame grandioses et grandiloquents.<\/p>\n<p>Roberto fait preuve de beaucoup de classe dans son jeu, laissant de nombreux espaces de respiration. De la main droite il esquisse un solo, de la gauche il danse les violons qui l\u2019accompagnent. Le premier invit\u00e9 intervient assez rapidement. L\u2019exceptionnel <b>Joe Lovano<\/b>\u00a0\u00e9pate l\u2019assembl\u00e9e par les envol\u00e9es fougueuses qui \u00e9manent de son saxophone.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me invit\u00e9e est la chanteuse capverdienne <b>Mayra Andrade<\/b>, \u00e9l\u00e9gante et envo\u00fbtante. Ensuite, toujours dans un r\u00e9pertoire afrocubain, le groupe interpr\u00e8te \u201cDos gardenias\u201d, \u00e0 la m\u00e9moire d\u2019Ibrahim Ferrer, dont Fonseca \u00e9tait le pianiste. La fin est pressentie.<\/p>\n<p>L\u2019orchestre de jeunes se retire et demeure sur sc\u00e8ne, uniquement le quartet, lorsque Roberto pr\u00e9sente la derni\u00e8re invit\u00e9e : <b>Omara Portuondo<\/b>, la chanteuse historique de Buena Vista Social Club.<\/p>\n<p>\u00c0 88 ans, elle a besoin de s&rsquo;appuyer sur quelqu\u2019un pour se d\u00e9placer. Mais instantan\u00e9ment, elle vole la vedette \u00e0 ceux qui l\u2019entourent. V\u00eatue d\u2019un rose p\u00e9tant, avec un \u00e9norme n\u0153ud de m\u00eame couleur sur la t\u00eate, elle semble combl\u00e9e par le simple fait d\u2019\u00eatre sur sc\u00e8ne.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Infatigable, elle encha\u00eene \u201c<i>Veinte a\u00f1os\u201d, \u201cL\u00e1grimas negras\u201d et \u201cB\u00e9same mucho<\/i>\u201d.<\/p>\n<h3>Avec Omara, quand il n\u2019y en a plus, il y en a encore !<\/h3>\n<p>\u00c0 chaque fois qu\u2019un morceau se termine, elle relance la chanson, une fois, deux fois, trois fois, au grand \u00e9tonnement et amusement des musiciens, qui la suivent dans son enthousiasme, et du public, qui s\u2019est attroup\u00e9 debout devant la sc\u00e8ne pour danser et chanter avec elle. On est oblig\u00e9s de la sortir de sc\u00e8ne au cours d&rsquo;un morceau, vu qu\u2019elle refuse d\u2019en finir aucun ! Elle s\u2019en va, &#8230;toujours en chantant et en adressant des sourires rayonnants \u00e0 ses admirateurs. Puis tr\u00e8s rapidement, elle \u00e9chappe \u00e0 la surveillance de son chaperon et revient faire la f\u00eate sur sc\u00e8ne, pr\u00e8s des coulisses. Une fois Omara partie cette fois pour de bon, le concert n\u2019est toujours pas termin\u00e9 !<\/p>\n<p>Roberto revient avec son quartet pour un morceau, puis en joue un dernier en solo, ayant ainsi d\u00e9pass\u00e9 son cr\u00e9neau d\u2019une heure et demie, comme tout bon latino-am\u00e9ricain se doit de le faire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La derni\u00e8re soir\u00e9e de votre envoy\u00e9e Couleurs Jazz \u00e0 Jazz in Marciac d\u00e9bute avec le trompettiste <b>Christian Scott<\/b>, entour\u00e9 de <b>Logan Richardson<\/b> au saxophone alto, <b>Lawrence Field<\/b> au piano, <b>Max Mucha<\/b> \u00e0 la contrebasse, <b>Corey Fonville<\/b> \u00e0 la batterie, <b>Weedie Braimah<\/b> aux percussions, ainsi que deux percussionnistes suppl\u00e9mentaires : les cubains du J\u2019GO, rencontr\u00e9s deux heures auparavant ! \u00c0 les entendre jouer, ils donnent l\u2019impression qu\u2019ils font tous partie d\u2019une m\u00eame famille !<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Christian-Scott-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-26927\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Christian-Scott-3.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Christian-Scott-3.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Christian-Scott-3-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Christian-Scott-3-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a>Ils se d\u00e9vouent \u00e0 la musique et avancent ensemble vers leur objectif commun : la cr\u00e9ation d\u2019un son qui vaut la peine. Le titre de l\u2019album qu\u2019ils pr\u00e9sentent, <i>Ancestral Recall<\/i>, illustre parfaitement l\u2019effet que nous fait leur musique : le Chapiteau est tout entier pris dans la transe, envelopp\u00e9 dans le groove que d\u00e9gage la sc\u00e8ne. Au lieu de morceaux avec une m\u00e9lodie et une harmonie d\u00e9termin\u00e9e, nous assistons plut\u00f4t au cheminement de diff\u00e9rentes couches de mati\u00e8re sonore entrem\u00eal\u00e9es, sur lesquelles viennent se poser des soli. <b>Christian Scott aTunde Adjuah<\/b> explique, par ailleurs, que cet album lui est inspir\u00e9 par son grand-p\u00e8re, Chef de quatre diff\u00e9rentes tribus noir-indiennes aux \u00c9tats-Unis. Christian est devenu Chef \u00e0 son tour en 2018. Peu avant la fin, il d\u00e9livre \u00e0 la foule son credo : <i>ce qui nous s\u00e9pare n\u2019est rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qui nous r\u00e9unit<\/i>.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Puis, la soir\u00e9e se poursuit avec le trio d\u2019<b>Avishai Cohen<\/b>, grand habitu\u00e9 du festival. Il pr\u00e9sente son album <i>Arvoles<\/i>, dont la chanson \u00e9ponyme est une berceuse ladino que lui chantait sa m\u00e8re. Il est accompagn\u00e9 au piano d\u2019<b>Elchin Shirinov<\/b>, \u00e9toile montante du jazz az\u00e9ri, et <b>Noam David<\/b> \u00e0 la contrebasse.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Avishai Cohen Trio &quot;Face Me&quot; @Jazz_in_Marciac\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Wn0-6tPu9VA?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<p>Ensemble, les trois musiciens ont un jeu sophistiqu\u00e9 et symbiotique. Par moments, contrebasse et piano ex\u00e9cutent les m\u00e9lodies \u00e0 l\u2019unisson, d\u2019autres fois ils jouent des m\u00e9lodies parall\u00e8les et honorent l\u2019art du contrepoint.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Avishai se distingue par son jeu visc\u00e9ral. Il semble fusionner avec son instrument et l\u2019utilise tout entier dans ses fonctions les plus organiques, en tant que percussion ou \u00e0 l\u2019archet\u2026 Ses lignes de basse et ses soli sont intelligibles, limpides, tr\u00e8s m\u00e9lodiques. Il nous offre les cl\u00e9s de compr\u00e9hension de sa langue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00c0 la fin du concert, lors du rappel, <b>Avishai<\/b> revient seul sur sc\u00e8ne et se saisit de sa contrebasse et du micro. Le timbre chaud de sa voix se m\u00e9lange au chant de sa contrebasse \u00e0 l\u2019archet, comme une double plainte, lorsque qu\u2019il entonne \u201c<i>Motherless Child<\/i>\u201d puis \u201c<i>Alfonsina y el Mar<\/i>\u201d. Marciac est heureux d\u2019avoir retrouv\u00e9 son Avishai.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ici prend fin notre r\u00e9cit, mais Marciac continue ! Le lendemain, l\u2019activit\u00e9 reprendra \u00e0 l\u2019Astrada, o\u00f9 les concerts avaient \u00e9t\u00e9 suspendus le temps de notre s\u00e9jour. Au Chapiteau, ils \u00e9couteront le ph\u00e9nom\u00e9nal <b>Kenny Barron<\/b>. Jusqu\u2019au 11 ao\u00fbt, l\u2019agitation continuera de r\u00e9gner sur le petit village gascon avec son lot de rencontres, de rigolades et de musiques.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>\u00a9All Photos <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/pages\/Le-Petit-Objectif-Laurent-Sabath\u00e9-Photographe\/503007176560291\">Laurent Sabath\u00e9<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Marciac, les journ\u00e9es ensoleill\u00e9es se poursuivent \u00e0 bronzer devant la piscine du Camping du Lac ou \u00e0 savourer de l\u2019armagnac. 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