{"id":24590,"date":"2019-03-05T11:04:32","date_gmt":"2019-03-05T10:04:32","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=24590"},"modified":"2019-03-06T21:18:27","modified_gmt":"2019-03-06T20:18:27","slug":"the-gloaming-theatre-de-lathenee-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/the-gloaming-theatre-de-lathenee-paris\/","title":{"rendered":"The Gloaming @ Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e, Paris"},"content":{"rendered":"<h3>The Gloaming&#8230; Ce moment de la journ\u00e9e o\u00f9 le soleil vient de se coucher et avant que le ciel ne soit compl\u00e8tement sombre. Entre chien et loup&#8230;<\/h3>\n<p>Allons droit au but : <strong>The Gloaming<\/strong>, ce n&rsquo;est pas du jazz. <strong>The Gloaming<\/strong>\u00a0(exemple : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jtnjtnGCZmU\">&lsquo;Doctor O&rsquo;Neill&rsquo; sur YouTube<\/a>) se situe \u00e0 un pas de <em>Gretchen Parlato<\/em> et <em>Dayna Stephens<\/em> &lsquo; <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=klUf5m2v7T0\">bold take on Wayne Shorter&rsquo;s &lsquo;Juju&rsquo;<\/a>\u00a0qui sont eux consid\u00e9r\u00e9s comme faisant partie du jazz. Alors o\u00f9 se situe la fronti\u00e8re ? O\u00f9 la dessine-t&rsquo;on ? Est-ce l&rsquo;absence de batterie, la basse et le cor qui font que le son ne serait pas jazz, du moins comme on l&rsquo;entend habituellement ?<\/p>\n<p>Disons juste que, comme nombre de groupes de jazz contemporains, <strong>The Gloaming<\/strong> refuse l&rsquo;appartenance \u00e0 une cat\u00e9gorie, transcendant toute classification. C&rsquo;est ainsi. Et c&rsquo;est simplement beau.\u00a0Le groupe se d\u00e9crit comme proposant \u00ab\u00a0<em>une nouvelle voie reliant la riche tradition du folklore irlandais \u00e0 la sc\u00e8ne musicale contemporaine new-yorkaise<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>J&rsquo;eus le privil\u00e8ge de voir le quintet en concert au th\u00e9\u00e2tre Ath\u00e9n\u00e9e-Louis Jouvet \u00e0 Paris, le 27 f\u00e9vrier dernier. Ils f\u00eataient la sortie de leur troisi\u00e8me album,\u00a0<em>\u00a0<a href=\"http:\/\/smarturl.it\/RW223\">The Gloaming 3<\/a><\/em>\u00a0,\u00e0 l\u2019invitation du <a href=\"https:\/\/www.centreculturelirlandais.com\/en\/agenda\/the-gloaming\">Centre Culturel Irlandais de Paris<\/a>, qui est essentiellement un levier de la Culture Irlandaise, l\u2019agence gouvernementale irlandaise pour la promotion de la culture irlandaise dans le monde. L\u2019Irlande sait comment traiter ses fils prodigues : les 7 prochains concerts du groupe \u00e0 Dublin affichent complet, de m\u00eame que le concert pr\u00e9vu au Carnegie Hall de New York en avril prochain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_24583\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-24583\" class=\"size-full wp-image-24583\" src=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"608\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan-300x203.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan-768x519.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/The-Gloaming-Athenee_credit-Conor-Horgan-400x269.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-24583\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Photo Conor Horgan\u00a0<span style=\"font-size: 16px;\"><br \/>La musique de <strong>The Gloaming<\/strong> peut s&rsquo;identifier au jazz par d&rsquo;autres aspects. D&rsquo;abord elle s&rsquo;appuie sur une forte tradition musicale qu&rsquo;elle secoue dans tous les sens. Tout comme le musicien jazz qui doit conna\u00eetre ses grilles d&rsquo;accords par coeur, de mani\u00e8re \u00e0 ex\u00e9cuter des solos pleins de sens dans n&rsquo;importe quelle direction, ces musiciens ont une profonde et intime connaissance de la musique traditionnelle irlandaise, ce qui leur permet de s&rsquo;en emparer, de multiplier les exp\u00e9riences et de jouer avec ses codes. Quatre des cinq musiciens viennent de cet univers de la musique traditionnelle Irlandaise.\u201cune tradition suffisamment puissante pour qu&rsquo;on puisse jouer avec elle et l&rsquo;enrichir. \u00a0\u00ab\u00a0<\/span><em style=\"font-size: 16px;\">The \u2018odd man out<\/em><span style=\"font-size: 16px;\">\u2019, le pianiste <strong>Thomas Bartlett<\/strong> de New York , participe \u00e0 l&rsquo;abolition des principes propres \u00e0 ce genre, parce qu&rsquo;il ne vient pas de la musique traditionnelle. Il vient de la musique contemporaine de la sc\u00e8ne New-Yorkaise et ainsi estompe les diff\u00e9rences. Cette musique est rendue ainsi tr\u00e8s fluide et les \u00e9motions qu&rsquo;elle v\u00e9hicule, demeurent universelles.<\/span><\/p><\/div>\n<p>Deuxi\u00e8mement, <strong><a href=\"http:\/\/www.thegloaming.net\/home\">The Gloaming<\/a><\/strong>\u00a0est largement bas\u00e9 sur l&rsquo;improvisation et les paroles proviennent souvent de la po\u00e9sie. Il y a le th\u00e8me m\u00e9lodique, puis les solos, puis \u00e0 la fin une reprise du th\u00e8me. Les impros solos rebondissent sur le tremplin du th\u00e8me m\u00e9lodique et vont \u00e0 des endroits bien au-del\u00e0 du familier, d\u2019une mani\u00e8re diff\u00e9rente \u00e0 chaque fois. La section rythmique de<strong> The Gloaming<\/strong> est compos\u00e9e du piano et de la guitare. Mais le mart\u00e8lement du maestro violoniste et leader du groupe, <strong>Martin Hayes<\/strong>, ressemble beaucoup au son du bodran, le tambour irlandais traditionnel. Ils impriment le rythme, menant souvent avec ferveur \u00e0 un point culminant jubilatoire. Les solos d\u00e9pendent de l\u2019\u00e9nergie collective qui s&rsquo;exprime sur \u00a0sc\u00e8ne et entre le public et la sc\u00e8ne, des forces invisibles de l\u2019\u00e9nergie humaine. Un homme, parmi les spectateurs parisiens a d\u00fb se lever et commencer \u00e0 bouger et crier, lors du dernier morceau, il ne pouvait plus se contenir.<\/p>\n<p>Les musiciens eux-m\u00eames sont presque constamment en mouvement, se balan\u00e7ant, se penchant en avant, surtout pendant leurs solos. (Cela vous semble-t-il familier, fans de jazz?) Ils sont si brillamment concentr\u00e9s qu&rsquo;ils semblent \u00eatre dans une sorte de transe, canalisant des sons et des po\u00e8mes venus de l&rsquo;au-del\u00e0. Nous, les spectateurs, sommes les t\u00e9moins privil\u00e9gi\u00e9s du paradoxe exquis qui se produit lorsque des musiciens contr\u00f4lant et ma\u00eetrisant totalement leurs instruments, soudain l\u00e2chent prise et deviennent poss\u00e9d\u00e9s par une force, ind\u00e9pendante de leur volont\u00e9, communiquant les uns avec les autres au sein de cette transe. Le tiraillement improvis\u00e9 qui se produit entre <strong>\u00d3 Raghallaigh<\/strong> et <strong>Bartlett<\/strong> sur les c\u00f4t\u00e9s oppos\u00e9s de la sc\u00e8ne cr\u00e9e un champ magn\u00e9tique aussi palpable qu\u2019hypnotisant.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, le but premier de la musique irlandaise traditionnelle \u00e9tait de donner la parole \u00e0 un peuple opprim\u00e9. Comme pour dire \u00ab\u00a0vous pouvez nous priver de notre langue, vous pouvez nous enlever notre libert\u00e9, mais vous ne pouvez pas nous d\u00e9poss\u00e9der de notre musique\u00a0\u00bb. Si vous connaissez les racines du blues et du jazz, cela vous semblera tr\u00e8s familier. La n\u00e9cessit\u00e9 de la musique est ce qui lui donne son dynamisme et sa force. Cette musique n&rsquo;est pas le r\u00e9sultat d&rsquo;un caprice royal ou d&rsquo;un divertissement l\u00e9ger pour une \u00e9lite privil\u00e9gi\u00e9e. C\u2019est un toll\u00e9 collectif, un besoin fondamental d\u2019exprimer la peine de vivre et la joie de vivre. \u00c0 la fois cathartique et \u00e9difiant. <strong>The Gloaming<\/strong> tient le flambeau de cette envie primordiale de chanter le blues et se permet de rompre avec les habitudes, de contourner les r\u00e8gles (et les notes !) Et de cr\u00e9er de nouvelles choses. Le r\u00e9sultat est poignant, progressif et intemporel.<\/p>\n<p>Comme le souligne Quincy Jones, \u00ab\u00a0oubliez les diff\u00e9rents genres de musiques ; au final, cela se r\u00e9sume \u00e0 deux types de musiques : la bonne musique et la mauvaise musique. <strong>The Gloaming<\/strong> appartient clairement au premier.<\/p>\n<p><strong>Le line-up: <\/strong><\/p>\n<p><strong>Martin Hayes<\/strong> (violon et band leader), <strong>Iarla O Lion\u00e1ird<\/strong> (voix), <strong>Caoimh\u00edn \u00d3 Raghallaigh<\/strong> (violon Hardanger ), <strong>Dennis Cahill<\/strong> (guitare), <strong>Thomas Bartlett<\/strong> (piano).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>The Gloaming is a wonderful mix of soulful and passionate talents who have created their own genre<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Peter Gabriel<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00a9Photo cover \u00a0&amp; header,\u00a0Julien Mouffron-Gardner<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The Gloaming&#8230; Ce moment de la journ\u00e9e o\u00f9 le soleil vient de se coucher et avant que le ciel ne soit compl\u00e8tement sombre. 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