{"id":23414,"date":"2016-07-07T16:45:05","date_gmt":"2016-07-07T15:45:05","guid":{"rendered":"https:\/\/couleursjazz.fr\/?p=23414"},"modified":"2018-12-23T16:51:26","modified_gmt":"2018-12-23T15:51:26","slug":"stories-from-beyond-or-tord-gustavsens-new-unconventional-jazz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/stories-from-beyond-or-tord-gustavsens-new-unconventional-jazz\/","title":{"rendered":"Histoires de l\u2019Au-Del\u00e0, ou le nouveau Jazz non conventionnel de Tord Gustavsen"},"content":{"rendered":"<h2>Festival International de Jazz de Montr\u00e9al 2016 &#8211;\u00a03 juillet<\/h2>\n<h4>La touchante combinaison que forme le pianiste norv\u00e9gien Tord Gustavsen, le batteur Jarle Vespestad et la chanteuse Afgano-allemande Simin Tander atterr\u00eet \u00e0 Montr\u00e9al, dimanche dernier 3 Juillet, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montr\u00e9al, pour le dernier concert de leur \u00ab\u00a0United States &amp; Canada Tour\u00a0\u00bb. Le trio pr\u00e9sentait \u00e0 la Salle Ludger-Duvernay ses derniers travaux et la nouvelle proposition de Gustavsen, l\u2019album \u00ab\u00a0<em>What Was Said<\/em>\u00a0\u00bb, avec une toute nouvelle direction musicale bas\u00e9e sur des hymnes norv\u00e9giens anciens et des po\u00e8mes soufis, interpr\u00e9t\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re mystique et douce. Le r\u00e9sultat donne un son innovant, que Tord Gustavsen rattache encore et tr\u00e8s profond\u00e9ment \u00e0 l\u2019enfance et \u00e0 son pass\u00e9.<\/h4>\n<p>Ses mains s\u2019approchent lentement des touches. Du bout des doigts, il les caresse et le son se mat\u00e9rialise, flottant, par sa douceur se perdant dans l&rsquo;air. Le cliquetis des cam\u00e9ras est ennuyeux, d\u00e9rangeant, car le piano sonne, magnifiquement faible, incroyablement intangible. Les sons sont clairs, mais t\u00e9nus, passionn\u00e9s et encore d\u00e9licats.<\/p>\n<div id=\"attachment_5652\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/IMG_7576-e1467916798688.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5652\" class=\"size-full wp-image-5652\" src=\"http:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/IMG_7576-e1467916798688.jpg\" alt=\"\u00a9Nuria Ribas Costa\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/IMG_7576-e1467916798688.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/IMG_7576-e1467916798688-300x200.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/IMG_7576-e1467916798688-768x512.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5652\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Nuria Ribas Costa<\/p><\/div>\n<p>Une aura commence \u00e0 se construire autour des trois musiciens. La couleur rouge des lumi\u00e8res de la sc\u00e8ne contraste avec le vert pur de la robe de Simin Tander. Elle se d\u00e9place, louvoyant comme un serpent, en suivant les notes, le rythme, encore \u00e0 peine identifiables. Et puis Jarle Vespestad s\u2019immisce. Et la conjonction entre le piano et la batterie lentement, progressivement, renforce la tonalit\u00e9. Le toucher \u00e9volue, se transforme en une approche dure, on en train de changer de dimension.<\/p>\n<p>\u00c7a devient \u00e9pique.<\/p>\n<h3>\u00a0\u00bb Ce que vous venez d&rsquo;entendre, ce sont deux hymnes norv\u00e9giens anciens, bas\u00e9s sur des airs folkloriques. Ils ont \u00e9t\u00e9 traduits en <em>Pachto<\/em>, et ils ont voyag\u00e9 avec nous depuis longtemps. \u00ab\u00a0<\/h3>\n<p>La combinaison est impressionnante. La salle enti\u00e8re respire, dans un \u00e9tat d\u2019esprit chang\u00e9 maintenant. La cr\u00e9ation de cette transe est aliment\u00e9e non seulement par la musique elle-m\u00eame, mais aussi par les relations entre les musiciens : sourires subtils, regards complices, relais admiratifs de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre d&rsquo;une mani\u00e8re tr\u00e8s apais\u00e9e, loin de la chaleur bruyante et tr\u00e8s expressive du jazz traditionnel noir.<\/p>\n<p>Le concert se poursuit et chacun des membres du trio jouant, exprime toute sa personnalit\u00e9. Tord Gustavsen est pr\u00e9cis, \u00e9vocateur, clair et doux. Son approche du piano est ferme, mais prudente. A l&rsquo;occasion il ajoute de l\u2019\u00e9lectronique. Le pianiste bas\u00e9 \u00e0 Oslo montre sa haute qualit\u00e9 technique avec modestie, nourrissant la transe, louant ses compagnons de sc\u00e8ne et annon\u00e7ant les morceaux d\u2019une voix presque chuchot\u00e9e, charg\u00e9e d&rsquo;une puret\u00e9 \u00e9trange et un d\u2019amour \u00e9vident.<\/p>\n<p>Ce jeu est parfaitement soutenu par la percussion de Jarle Vespestad. \u00c9tant le seul autre instrument sur sc\u00e8ne \u2013\u00e0 part la voix de Simin Tander qui devrait \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un instrument-, la combinaison avec le piano est \u00e0 la foi fragile, mais forte. Il joue de mani\u00e8re non conventionnelle, en utilisant soigneusement les parties des tambours fixes, de mani\u00e8re \u00e0 nourrir la difficult\u00e9 de cette musique. Lorsque Vespestad approche des tambours, toute l\u2019id\u00e9e de ce qui a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 se concr\u00e9tise : l&rsquo;\u00e9pop\u00e9e, le mystique, la simplicit\u00e9 transcendantale des airs folkloriques anciens, des po\u00e8mes soufis traduits en anglais, des airs traditionnels enracin\u00e9s dans la foi et l&rsquo;esp\u00e9rance, des histoires con\u00e7ues pour explorer le myst\u00e8re de la beaut\u00e9, avec des titres comme \u00ab\u00a0<em>Qu&rsquo;est-ce qui a \u00e9t\u00e9 dit \u00e0 la rose pour qu\u2019elle s\u2019ouvre<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div id=\"attachment_5656\" style=\"width: 910px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-5656\" class=\"size-full wp-image-5656\" src=\"http:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720.jpg\" alt=\"\u00a9All Rights Reserved\" width=\"900\" height=\"900\" srcset=\"https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720.jpg 900w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-150x150.jpg 150w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-300x300.jpg 300w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-768x768.jpg 768w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-100x100.jpg 100w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-140x140.jpg 140w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-500x500.jpg 500w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-350x350.jpg 350w, https:\/\/couleursjazz.fr\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/simin_portrait-e1467917005720-800x800.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-5656\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9All Rights Reserved<\/p><\/div>\n<p>Et le devoir de Simin Tander est d\u2019\u00e9clairer le chemin. Son r\u00f4le en tant que chanteuse, et sa voix peut-\u00eatre, plus tangible que la batterie ou le piano, devient en fin de compte le phare. Elle utilise ses cordes vocales, comme Vespestad ses tambours, d&rsquo;une mani\u00e8re unique. Sa voix n\u2019est pas le prototype des belles voix ; cependant, c\u2019est la fa\u00e7on dont elle l\u2019utilise qui la rend irr\u00e9sistible : elle murmure, produit des sons gutturaux, des chuchotements, des sifflements, des cris, respire fortement Et tout cela pendant qu&rsquo;elle bouge les bras, les jambes, les mains. Elle s\u2019immisce compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la musique, une sensation de toutes les parties du corps, et non seulement de celle qui produit le son. Et puis, en fin de compte, elle devient puissante, car tr\u00e8s expressive. Elle peut s\u2019approcher du micro, comme si elle allait faire l&rsquo;amour, ou comme si elle allait pleurer, ou encore, comme si elle allait r\u00e9criminer.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s huit morceaux, le trio termine le concert, et le public debout les ovationne, leur dit chaleureusement, au revoir. Ils abandonnent la sc\u00e8ne lentement, apr\u00e8s une r\u00e9v\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;auditoire.<\/p>\n<h4>Mais ils reviennent.<\/h4>\n<h4>Ils jouent, ils sourient, et encore nourrissent la transe.<\/h4>\n<h4>Ils disent \u00e0 nouveau au revoir.<\/h4>\n<h4>Mais ils reviennent.<\/h4>\n<h4>La Salle Ludger-Duvernay ne peut simplement pas s\u2019arr\u00eater d\u2019applaudir.<\/h4>\n<h4>Jeu, sourire, d\u00e9part.<\/h4>\n<h4>Applaudissments. Cris. Sifflets.<\/h4>\n<h4>Tord Gustavsen et Simin Tander sont de retour. Une fois de plus. Ils jouent. Avec ce toucher doux, cette approche claire, \u00e0 la puret\u00e9 transparente. Non traditionnel, non conventionnel. Loin du jazz des bars ou des caveaux enfum\u00e9s du Village du vieux New York.<\/h4>\n<h4>Un jazz interne. Une musique mystique. Un \u00e9tat d&rsquo;esprit compliqu\u00e9.<\/h4>\n<p><iframe loading=\"lazy\" width=\"1080\" height=\"608\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rWJGYA18i5Y?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Festival International de Jazz de Montr\u00e9al 2016 &#8211;\u00a03 juillet La touchante combinaison que forme le pianiste norv\u00e9gien Tord Gustavsen, le batteur Jarle Vespestad et la chanteuse Afgano-allemande Simin Tander atterr\u00eet&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":5651,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":{"0":"post-23414","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-actualite"},"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23414","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23414"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23414\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5651"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23414"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23414"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/couleursjazz.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23414"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}