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Vive le Jazz et vive la France !

Arrivé le 25 janvier dans les bacs, il était hors de question de passer à côté de l’écoute de Vive la France, sorti sous le Label Bleu. Das Kapital propose un album de reprises de morceaux français aux mélodies populaires, de Lully à Barbara en passant par Ravel et Brassens. Un assortiment varié délivré avec élégance par des musiciens imaginatifs : Daniel Erdmann au saxophone, Hasse Poulsen à la guitare et Edward Perraud à la batterie et aux percussions.

Vive la France est effectivement pensé comme un hymne à la diversité, une promotion de la différence. Et si le nom de leur album est si évocateur, ce n’est pas par hasard comme l’expliquent les musiciens à travers la voix de leur guitariste : « Oui, nous voulons être rassembleurs et consensuels. Pas dans le sens intolérant et exclusif auquel on associe souvent ces deux mots. Au contraire : tout le monde doit pouvoir trouver sa place en France et dans le monde, même ceux qui ont des habitudes insupportables. Vive la France signifie réellement : vive la multitude, vive la collectivité des individus. Si nous sommes fiers de la France, ce n’est pas parce que c’est le meilleur pays du monde, mais parce que c’est là que nous habitons, c’est là où nous avons choisi de vivre, et c’est un pays et un peuple auquel on souhaite un avenir heureux. »

Ainsi, dans la multitude de morceaux se compose, entre autres, de Pavane pour une infante défunte, Comme d’habitude, Ma plus belle histoire d’amourMarche pour la cérémonie des Turcs, Le temps ne fait rien à l’affaire ou La mer.

Vous avez dit « hétéroclite » ?

C’est bien peu de le dire. L’album nous conduit à travers les âges, et nous fait découvrir des mélodies familières mais remaniées.

Dans Vive la France, l’auditeur oscille sans cesse entre le confort et la joie de reconnaitre les airs et le chaos de leur réinvention. Entre repères et anarchie. Mais la musique est faite de ruptures et de continuités et nos musiciens, très taquins, en sont bel et bien conscients. Après avoir exposé une première fois le thème à l’unisson dans Ma plus belle histoire d’amour, les saxophone et guitare – oui, il faut être au moins deux pour s’aimer – se mettent à improviser successivement des solos aux accents très free. C’est après nous avoir totalement perdus dans des méandres de désordre musical que le thème refait surface, et il n’en est que plus jouissif.

Das Kapital brise les codes et ne cesse de nous surprendre à l’image de Comme d’habitude où cette fois-ci, le thème est tenu par Hasse Poulsen (guitare). Rien d’inhabituel jusque là. Seulement, pour accompagner ce thème, on retrouve le saxophone de Daniel Erdmann en arpèges continus et virtuoses. Un instrument mélodique qui intègre la section rythmique, on aura tout vu !

Dernière preuve de leur témérité : la reprise de La mer de Charles Trenet. Dans ce morceau, l’on dirait presque que la musique a une importance secondaire. Cet air si populaire n’apparait qu’en arrière-plan, pour laisser la place à des effets de souffle, des sons de ressac, des bruits marins en somme.

Chaque morceau de l’album est une histoire à part entière, où musique et idées s’entremêlent. Aussi est-il très difficile de ne pas être sensible au charme de Vive la France, un album audacieux et jubilatoire.

 

Das Kapital, Vive l France est Sélection Couleurs jazz Radio et tourne depuis sa sortie sur nos ondes.

©Photos Denis Rouvre

 

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