Après avoir débuté dans des groupes de rock et de funk, Daniel Zimmermann a vécu nombre d’aventures musicales balisées par le jazz et l’exploration d’autres contrées musicales dont il a tiré la sève de son inspiration.

Ainsi, on l’a vu siéger dans le big band de Thierry Maillard ; accompagner en tournée Claude Nougaro (2000) et monter un quintet avec Thomas de Pourquery qui obtiendra le 1er Prix d’orchestre du Concours de La Défense deux ans plus tard. Depuis, l’oreille toujours aux aguets, le tromboniste vole de ses propres ailes en signant avec son propre quartet, deux disques remarquables : “Bone Machine” (2013), “Montagnes Russes” (2016) et, maintenant, l’album “Dichotomie’s“.

Daniel Zimmermann y présente avec Benoît Delbecq (piano et claviers), Franck Vaillant (batterie) et Rémi Sciuto (saxophone basse), tous complices de longue date rompus aux techniques de la musique improvisée, des compositions personnelles évocatrices d’autant d’atmosphères et de climats particuliers.

Ainsi la noirceur émanant d’Éclipse s’oppose à l’ambiance lumineuse générée par Little Sun, une belle ballade interprétée par le leader avec cette élégance nonchalante et finement musclée qui reste la marque de fabrique du tromboniste Jack Teagarden, le modèle de ses débuts.

Les mélodies de Zimmermann sont celles que l’on peut chanter.

Mais derrière leur apparente facilité transparaît une certaine complexité qu’évoquent la juxtaposition de deux tonalités différentes (The Butter & The Money) ou la suite de séquences en 15/16 et 13/16 de Toad Buffalo Courtship Dance.

Et de ce désordre organisé, de cette symbiose entre rigueur et contrôle, spontanéité et expérimentation, naît la musique aboutie et attrayante de cet album.

©Photos Bruno Charavet

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