Hit Couleurs JAZZ

Cogito ergo Sum* … Je pense, donc je suis !

SUM est un groupe hybride R&B, Soul, Jazz, Pop, Funk. Son leader est le batteur-compositeur Steve Belvilus.

La philosophie de cet album – Ce n’est finalement pas un phénomène si rare que le jazz qui soit inspiré** par la philosophie !- et de ce groupe est l’acceptation de soit en tant qu’artiste, fait de forces et de faiblesses, et ensuite d’intégrer que l’on évolue sans cesse.

La démonstration est claire dans le titre « It’s Alright to Be Me« .

Steve Belvilus est le directeur musical, compositeur, arrranger et batteur de SUM. Steve a déjà une longue carrière derrière lui dans l’industrie de la musique. Il a travaillé à Broadway (Hamilton: une comédie musicale américaine), notamment avec Natalie Cole, le producteur Hezekiah Walker et le producteur lauréat d’un Grammy, Scott Jacoby (John Legend / Sia). Il a étudié à la Sorbonne à Paris, à l’école de musique de Manhattan et au City College of New York.

Pour Steve’s Belvilus, « le projet est fascinant car il mélange les genres sans contrainte, sans idées préconçues. C’est pourquoi ça sonne si bien ». Il est un fait qu’on se laisse facilement embarquer dans ces rythmes et ces mélodies plurielles. la voix de l’actrice américaine Patryce Williams (récemment récompensée dans la pièce « Dumpster Fire »), y est pour beaucoup.

Le logo original sur la pochette de l’album, représente un personnage qui capture toute leur énergie. Ils sont animés par leur mission de promouvoir la liberté de soi.

Steve Belvilus a accepté de répondre à nos questions :

Couleurs Jazz: Pourquoi avez-vous décidé de monter ce projet  « SUM » ?

Steve Belvilus: J’ai eu l’occasion de faire une résidence dans un restaurant à Harlem à la fin de 2015. J’ai rassemblé un groupe d’amis musiciens et nous avons commencé par jouer quelques airs de jazz, de soul, etc.… À un moment donné, j’ai voulu faire quelque chose de plus original et j’ai commencé à apporter certaines de mes propres compositions. C’est comme ça que Sum a vraiment commencé. J’ai demandé à la chanteuse et actrice Patryce Williams d’être la voix principale du projet. Je pensais aussi que le moment était bien choisi pour que les gens sachent que je n’étais pas seulement batteur, mais aussi compositeur-arrangeur-producteur. J’ai travaillé pendant des années comme animateur sur la scène new-yorkaise : j’ai atteint un point où je voulais juste travailler aussi pour moi-même.

CJZ: Quelles sont vos influences (en musique) ? Quels sont les musiciens et les musiques qui vous ont inspiré et qui continuent à le faire ?

SB : Ceci est une question très intéressante.  J’ai commencé à jouer de la batterie, j’avais six ans.  J’étais déjà à cette époque dans le gospel, le jazz et le latin Jazz. C’étaient les principaux genres de musique que j’écoutais tout le temps. Vers mon adolescence, j’ai surtout écouté du jazz et je me souviens que pendant plusieurs années, j’étais obsédé par le Trio de Keith Jarett et par Roy Hargrove. Jack Dejohnette a eu une grande influence sur moi. Le disque « Still Live » de Keith Jarett Trio est toujours l’un de mes disques préférés. Cette version de « My funny Valentine » est la meilleure du monde.

J’étais aussi super fan du quintet de Roy Hargrove. Le meilleur concert de jazz auquel j’ai pu assister dans ma vie est le quintet de Roy Hargrove de 2001, lors du Paris Jazz Festival, alors que je vivais dans la capitale française. Je me souviens encore des musiciens sur scène: Roy Hargrove (trompette), Sherman Irby (Sax), Larry Willis (piano), Gerald Cannon (basse) et Willie Jones III (batterie). J’ai encore la chair de poule rien que de penser à ce concert. Ils étaient tellement connectés musicalement et Roy est entré en transe pendant son solo. C’était incroyable !!! Après le spectacle, les gens ont sauté sur les chaises pour lui demander de revenir. Il a fait 4 rappels !! Je voudrais juste que les téléphones portables eussent des caméras à cette époque. Je payerais beaucoup d’argent pour détenir la vidéo de ce concert! C’est pour cette raison également que le Paris Jazz Festival est si spécial pour moi. Mon plus grand rêve est de jouer dans ce festival avec mon groupe ou avec un autre artiste. Par conséquent, si vous connaissez le directeur artistique, passez lui le mot😉

Plus tard, vers 2002-2004, il y a eu un grand mouvement néo-soul, new jazz : D’Angelo, Jill Scott et Erykah Badu ont tous produit d’excellents albums et, bien sûr, j’étais vraiment dedans. Je me suis également intéressé plus tard à la musique brésilienne, au rock, au funk et à la musique pop. Mon artiste préféré d’aujourd’hui est Unknown Mortal Orchestra. Un groupe de rock psychédélique de Portland via la Nouvelle-Zélande et l’Australie. En ce moment, c’est le groupe qui m’influence et qui m’inspire le plus.

CJZ: Qu’est-ce que le jazz ? Est-ce que ce mot a du sens pour vous ?

SB : C’est une question dangereuse ! Essayez-vous de m’attirer des ennuis avec la communauté jazz  ? (rires) … Le jazz est pour moi un grand parapluie qui couvre différents styles: Ragtime, Blues, Swing, Bebop, Néo Soul, Soul, Funk … Pour les puristes, le jazz doit swinger. Je n’y crois pas. Je pense que c’est juste leur avis. Miles Davis, Herbie Hancok n’avaient aucun problème pour évoluer avec leur temps. Je ne sais pas pourquoi certaines personnes ne peuvent pas. Le jazz pour moi signifie « bonne musique »! Toute personne une peu sensée peut identifier la mauvaise ou la bonne musique. Que vous aimiez ou non, c’est une opinion personnelle.

Prochain concert à Paris : Le Baiser Salé, le 13 Octobre

Line up:

STEVE BELVILUS, batterie
PATRYCE WILLIAMS, vocals
ANDREW GOULD, saxophone
JOHN LAKE, trompette
BEN WINKELMAN, piano
OLIVIER RAMBELOSON, claviers
FRANCESCO BECCARO, basse

(*): Cogito, ergo sum (Je pense donc je suis) est une formule latine forgée par le philosophe Espagnol Gómez Pereira en 1554, et reprise par René Descartes dont la création lui est souvent à tort attribuée. Chez ce dernier elle exprime la première certitude qui résiste à un doute méthodique

(**): Gustavo Cortiñas – Snapshot

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